Abidjan, 19 juil 2026 (AFP) – Seize soldats ont été tués et 23 blessés vendredi lors d’une attaque « terroriste » dans l’ouest du Niger, selon un média d’État, alors que la junte au pouvoir peine à endiguer les violences récurrentes des groupes armés jihadistes.
Le Niger, immense pays sahélien, est confronté depuis une décennie aux attaques meurtrières de jihadistes affiliés à Al-Qaïda et au groupe État islamique. Le terme « terroristes » est souvent utilisé par les autorités pour désigner ces derniers.
Le pays est dirigé depuis juillet 2023 par un régime militaire issu d’un coup d’État ayant renversé le président élu Mohamed Bazoum, détenu depuis lors avec son épouse Hadiza.
« Une attaque terroriste ayant visé un détachement militaire dans la zone de Téra (région de Tillabéri) a fait, le vendredi 17 juillet, 16 martyrs, 23 blessés dont neuf graves, côté ami » (armée), a rapporté dimanche l’Agence nigérienne de presse (ANP, média d’État).
Elle a fait également état de « 15 terroristes tués ».
Ces chiffres n’ont pu être vérifiés pour le moment de source indépendante par l’AFP.
Selon une source locale contactée par l’AFP, l’attaque est survenue « dans l’après-midi de vendredi sur l’axe Bankilaré-Téra aux abords du village de Doungouro ».
« Les opérations de recherche de l’ennemi, de ratissage et de sécurisation continuent dans la zone », d’après l’ANP.
Une source sécuritaire a confirmé que des « opérations de ratissage sont menées » dans la zone.
La région de Tillabéri, à la frontière du Mali et du Burkina Faso, est régulièrement la cible de tueries jihadistes.
Les autorités nigériennes ne communiquent que très rarement les bilans des attaques, qui touchent plusieurs parties du pays.
– Soutien russe –
Cette année, ces violences ont visé de manière inédite l’aéroport de Niamey, la capitale, deux fois en six mois.
En juin, au moins 11 soldats et deux civils y ont été tués lors d’une attaque revendiquée par les jihadistes de la branche sahélienne d’Al-Qaïda.
Fin janvier déjà, l’aéroport ainsi que la base militaire attenante avaient été pris pour cible par l’État islamique au Sahel (EIS), avant une intervention de l’armée nigérienne et de ses partenaires russes.
Peu après son arrivée au pouvoir en 2023, le régime militaire nigérien a tourné le dos à la France, occupant colonial jusqu’en 1960 et acteur de la lutte antijihadiste depuis plusieurs années.
Il s’est allié avec le Burkina Faso et le Mali voisins au sein d’une confédération, l’Alliance des États du Sahel (AES), et s’est rapproché, comme eux, de la Russie.
Le ministre russe des Affaires étrangères, Serguei Lavrov, s’est d’ailleurs rendu début juillet à Niamey lors d’une réunion avec ses homologues sahéliens, où il a affirmé que Moscou poursuivrait son soutien à l’AES.
Les autres pays de l’AES ne sont pas épargnés par les tueries. Plus de 50 militaires sont morts samedi dans le nord du Mali lors d’une attaque meurtrière revendiquée par une coalition d’indépendantistes touareg et de jihadistes, selon des sources locales et militaire.
Les armées des trois pays, tout comme les mercenaires russes du groupe paramilitaire Africa Corps (ex-Wagner) qui les soutiennent avec l’assentiment de Moscou, sont régulièrement accusés par des ONG de commettre des exactions sur les civils dans le Sahel.