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Bénin-Sénégal : symbole de résilience démocratique

Bénin-Sénégal : symbole de résilience démocratique. Article écrit par Éric Topona. Publié le 1 juin 2026à 10h21

⏱ Temps de lecture estimé : 5 minutes

Dans une sous-région où l'autoritarisme prime sur la démocratie, le Bénin et le Sénégal se démarquent par la robustesse de leur système politique et institutionnel. Cependant, des défaillances entravent la bonne marche de la démocratie dans ces deux pays. L'éditorial d'Éric Topona.. Le 24 mai 2026, le Bénin a connu sa quatrième alternance démocratique au sommet de l’​État depuis la conversion du pays au pluralisme démocratique en ​décembre 1990. Après deux mandats, le chef de l’​État sortant Patrice Talon a passé le témoin à son ancien ​ministre d’État chargé de l’Économie et des Finances Romuald Wadagni, à l’issue d’une élection présidentielle dont il sera largement vainqueur.  Ce, en dépit des critiques formulées au sujet du manque d’inclusivité de ce scrutin.  Patrice Talon, comme ses prédécesseurs, s’est ainsi conformé à cette disposition de la Constitution béninoise : « Nul ne peut exercer plus de deux mandats« ​ (de sa vie, ndlr).  Le Bénin poursuit donc son chemin vers l’enracinement sociétal de la démocratie, aussi bien dans le fonctionnement des institutions que dans le comportement des acteurs politiques. On ne peut que s’en réjouir, à l’instar de la séquence politique que vient de vivre le Sénégal. E​n effet, le pays de la Teranga ​(en wolof, la Teranga désigne l’hospitalité légendaire, le partage et la générosité qui caractérisent l’identité et la philosophie de vie sénégalaises) vient de vivre, espérons-le vivement, l’épilogue d’une bataille politique au sommet de l’exécutif entre le chef de l’État et son Premier ministre​. Séquence durant laquelle le Sénégal, comme l’Afrique tout entière, aura retenu son souffle. La marche victorieuse vers le pouvoir, les difficultés endurées et surmontées​, espérons-le, par le tandem Diomaye-Sonko, sont une expérience quasiment unique​ sur le continent. Cependant, les dissonances très tôt apparues entre les deux hommes politiques au sein d’une amitié que l’on croyait indéfectible ont offert le spectacle déprimant d’un monde qui s’effondre, jusqu’au limogeage​ le 22 mai d’Ousmane Sonko​ de la Primature.  Heureusement, c’est au sein du fonctionnement démocratique des institutions que l’ancien chef de gouvernement a su trouver les outils politiques pour renaître de ses cendres. En quelques jours seulement, ​nonobstant les réprobations des députés de l’opposition au sujet de la validité du retour à l’hémicycle, Ousmane Sonko a retrouvé son écharpe ​et macaron de député. Dans la foulée, il s’est fait élire​ président de l’Assemblée ​nationale, ​devenant ainsi le deuxième personnage de l’​État. Les exemples sénégalais et béninois​, défaillances et imperfections mises à part, sont des motifs d’espérance et d’optimisme dans une Afrique où les acquis démocratiques des années 90 sont en train d’être remis en cause de manière inquiétante. Les hommes forts dont on croyait l’ère révolue ​r​eprennent dans certains pays du poil de la bête. Pis encore, une frange importante des peuples africains voient en eux des libérateurs, même lorsqu’ils foulent aux pieds les libertés fondamentales, dévoient les institutions, et s’abstiennent de toute reddition des comptes. Au demeurant, les exemples béninois et sénégalais ne doivent pas faire illusion. La démocratie n’est pas un acquis qui ne serait pas susceptible de remise en cause dans ces deux pays, comme nulle part ailleurs, y compris dans les démocraties les plus anciennes et les plus avancées.   Le Bénin, il ne faut pas l’oublier, à quelques mois seulement de cette élection présidentielle, a failli basculer sous l’autorité d’une junte militaire après une tentative avortée de coup d’État déjouée de justesse​ début décembre 2024 avec le soutien de la Franc​e, des pays alliés de la région ouest-africaine​ et de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest​ (Cédéao). Au Sénégal, il aura fallu des morts par dizaines, voire plus, pour que l’ex-chef de l’État, Macky Sall, lâche du lest, renonce à ​ses velléités de briguer un troisième mandat ou à céder le pouvoir à un membre de sa formation politique dans des conditions peu démocratiques. Des exemples béninois et sénégalais qui sont de moins en moins légion en Afrique, il faut retenir que la démocratie ne conserve ses acquis que grâce à une vigilance de tous les acteurs politiques, voire de la société tout entière​. Mais aussi et surtout, grâce au leadership de celles et ceux qui sont en responsabilité et qui demeurent capables de se hisser à la hauteur des enjeux de l’histoire..

⏱ Temps de lecture estimé : 5 minutes

Dans une sous-région où l’autoritarisme prime sur la démocratie, le Bénin et le Sénégal se démarquent par la robustesse de leur système politique et institutionnel. Cependant, des défaillances entravent la bonne marche de la démocratie dans ces deux pays. L’éditorial d’Éric Topona.

Le 24 mai 2026, le Bénin a connu sa quatrième alternance démocratique au sommet de l’​État depuis la conversion du pays au pluralisme démocratique en ​décembre 1990. Après deux mandats, le chef de l’​État sortant Patrice Talon a passé le témoin à son ancien ​ministre d’État chargé de l’Économie et des Finances Romuald Wadagni, à l’issue d’une élection présidentielle dont il sera largement vainqueur.  Ce, en dépit des critiques formulées au sujet du manque d’inclusivité de ce scrutin.  Patrice Talon, comme ses prédécesseurs, s’est ainsi conformé à cette disposition de la Constitution béninoise : « Nul ne peut exercer plus de deux mandats« ​ (de sa vie, ndlr).  Le Bénin poursuit donc son chemin vers l’enracinement sociétal de la démocratie, aussi bien dans le fonctionnement des institutions que dans le comportement des acteurs politiques. On ne peut que s’en réjouir, à l’instar de la séquence politique que vient de vivre le Sénégal.

E​n effet, le pays de la Teranga ​(en wolof, la Teranga désigne l’hospitalité légendaire, le partage et la générosité qui caractérisent l’identité et la philosophie de vie sénégalaises) vient de vivre, espérons-le vivement, l’épilogue d’une bataille politique au sommet de l’exécutif entre le chef de l’État et son Premier ministre​. Séquence durant laquelle le Sénégal, comme l’Afrique tout entière, aura retenu son souffle. La marche victorieuse vers le pouvoir, les difficultés endurées et surmontées​, espérons-le, par le tandem Diomaye-Sonko, sont une expérience quasiment unique​ sur le continent.

Cependant, les dissonances très tôt apparues entre les deux hommes politiques au sein d’une amitié que l’on croyait indéfectible ont offert le spectacle déprimant d’un monde qui s’effondre, jusqu’au limogeage​ le 22 mai d’Ousmane Sonko​ de la Primature.  Heureusement, c’est au sein du fonctionnement démocratique des institutions que l’ancien chef de gouvernement a su trouver les outils politiques pour renaître de ses cendres. En quelques jours seulement, ​nonobstant les réprobations des députés de l’opposition au sujet de la validité du retour à l’hémicycle, Ousmane Sonko a retrouvé son écharpe ​et macaron de député. Dans la foulée, il s’est fait élire​ président de l’Assemblée ​nationale, ​devenant ainsi le deuxième personnage de l’​État.

Les exemples sénégalais et béninois​, défaillances et imperfections mises à part, sont des motifs d’espérance et d’optimisme dans une Afrique où les acquis démocratiques des années 90 sont en train d’être remis en cause de manière inquiétante. Les hommes forts dont on croyait l’ère révolue ​r​eprennent dans certains pays du poil de la bête. Pis encore, une frange importante des peuples africains voient en eux des libérateurs, même lorsqu’ils foulent aux pieds les libertés fondamentales, dévoient les institutions, et s’abstiennent de toute reddition des comptes.

Au demeurant, les exemples béninois et sénégalais ne doivent pas faire illusion. La démocratie n’est pas un acquis qui ne serait pas susceptible de remise en cause dans ces deux pays, comme nulle part ailleurs, y compris dans les démocraties les plus anciennes et les plus avancées.   Le Bénin, il ne faut pas l’oublier, à quelques mois seulement de cette élection présidentielle, a failli basculer sous l’autorité d’une junte militaire après une tentative avortée de coup d’État déjouée de justesse​ début décembre 2024 avec le soutien de la Franc​e, des pays alliés de la région ouest-africaine​ et de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest​ (Cédéao).

Au Sénégal, il aura fallu des morts par dizaines, voire plus, pour que l’ex-chef de l’État, Macky Sall, lâche du lest, renonce à ​ses velléités de briguer un troisième mandat ou à céder le pouvoir à un membre de sa formation politique dans des conditions peu démocratiques.

Des exemples béninois et sénégalais qui sont de moins en moins légion en Afrique, il faut retenir que la démocratie ne conserve ses acquis que grâce à une vigilance de tous les acteurs politiques, voire de la société tout entière​. Mais aussi et surtout, grâce au leadership de celles et ceux qui sont en responsabilité et qui demeurent capables de se hisser à la hauteur des enjeux de l’histoire.

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