L’UE convoque l’ambassadeur du Burkina Faso après l’expulsion de deux diplomates
Mali: six réfugiés burkinabè tués dans un accident de la route
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Ce mardi 14 juillet 2026, Kemi Seba (Stellio Gilles Robert Capo Chichi) est appelé à se présenter devant le tribunal de Pretoria pour l'étude de la requête d'extradition du Bénin. Sa demande de mise en liberté sous caution a été rejetée en juin, ce qui a conduit à son maintien en détention dans l’attente de cette audience. Éric Topona.. Sa page Facebook affiche 1,5 million de followers. Pour chacune de ses sorties avant son arrestation et son incarcération le 13 avril 2026 en Afrique du Sud, c’est parfois par dizaines de milliers que le pape de l’activisme panafricaniste sur le continent africain et dans sa diaspora recevait des likes ou des commentaires quasiment tous élogieux, voire laudateurs. Dès l’annonce de son interpellation, ils sont nombreux à avoir cru à une interpellation de plus, comme Kemi Seba en a connu à plusieurs reprises par le passé, aussi bien en Afrique qu’en Europe. Mais, cette fois-ci, l’avenir judiciaire de Kemi Seba, par ailleurs titulaire d’un passeport diplomatique nigérien, semble chargé de gros nuages sombres. Sous le coup d’un mandat d’arrêt international émis par la justice béninoise suite à son soutien ostensiblement apporté aux auteurs de la tentative de putsch de décembre 2025, la justice sud-africaine ouvrira les débats ce 14 juillet 2026 sur la validité juridique de son extradition vers le Bénin, son pays après la déchéance de sa nationalité française en juillet 2024. Mobilisation émoussée Mais ce n’est pas la bataille judiciaire en elle-même qui suscite moult interrogations. C’est plutôt ce que son incarcération révèle de la nébuleuse néo-panafricaniste. En effet, force est de constater que la levée de boucliers qui s’est manifestée immédiatement après l’incarcération de l’activiste est retombée comme un soufflé. L’orateur charismatique dont les conférences faisaient salle comble et dont les meetings attiraient la foule est manifestement rangé aux oubliettes par ceux-là mêmes qui juraient de l’accompagner jusqu’au triomphe de ses idéaux panafricains, dans lesquels ne se reconnaissent guère de très nombreux Africains. Mais il n’y a pas que le silence des foules cybernétiques, naguère électrisées par l’activiste démagogue et désormais étonnamment absentes, qui soit à noter. Tous ceux qui, comme Kemi Seba, appartenaient jadis aux réseaux d’Evgueni Prigojine en Afrique comme dans la diaspora africaine, ne se font guère entendre non plus pour réclamer sa libération. Il faut se souvenir qu’à l’annonce du décès d’Evgueni Prigojine aucun des influenceurs panafricanistes qui font foule sur les réseaux sociaux, y compris Kemi Seba, n’avait exprimé ses condoléances ni même des propos suspicieux sur la mort tragique de leur mentor et qui auraient pu être de nature à les fâcher avec le maître du Kremlin ou son administration. Du côté des médias russes, c’est l’indifférence totale. À peine son arrestation aura-t-elle fait l’objet de quelques entrefilets dans certains médias marginaux en Russie. Plus que le silence de ses mentors russes, le mutisme des gouvernements de l’Alliance des États du Sahel (AES) suscite étonnement et perplexité. Il n’est pas superflu de rappeler que Kemi Seba n’a guère été déchu à ce jour de son statut de conseiller spécial du chef de la junte nigérienne, le général Abdourahamane Tiani. Celui-ci l’avait nommé à cette fonction en août 2024 et lui avait délivré un passeport diplomatique. Il avait été déchu de sa nationalité française quelque temps auparavant. Un rapprochement qui fragilise Kemi Seba Cependant, hormis une timide confirmation de ce statut par les autorités de Niamey au lendemain de l’arrestation de Kemi Seba, depuis lors, c’est silence radio du côté du Niger. Mais plus que ce silence, deux faits diplomatiques majeurs au sein de l’AES n’ont échappé à personne. Encore moins à Kemi Seba, dont le sang a probablement fait un tour, du fond de son pénitencier sud-africain. Il y a tout d’abord la présence à Cotonou, le 24 mai 2026, du Premier ministre du Niger, Ali Mahaman Lamine Zeine, pour l’investiture du nouveau chef de l’État béninois, Romuald Wadagni. Puis, dans cette même dynamique diplomatique et dans la foulée de son investiture, nous assisterons à la tournée du président béninois dans les pays de l’AES. Ce réchauffement diplomatique entre le Bénin et ses trois pays voisins d’Afrique de l’Ouest est manifestement un désaveu pour l’activiste dont la quasi-totalité des attaques contre des dirigeants africains taxés de suppôts du néocolonialisme étaient focalisées sur le Bénin de Patrice Talon. Risque de longue privation de liberté au Bénin Bien plus, c’est bel et bien le Bénin, dont le chef de l’État a été chaleureusement reçu au Niger, qui pourrait le priver de sa liberté pour très longtemps, si la justice sud-africaine jugeait recevable la demande d’extradition qui le vise. L’actualité judiciaire autour de Kemi Seba est révélatrice de l’inconsistance idéologique et politique d’un certain panafricanisme clientéliste et mercantile, pour lequel les convictions ne valent guère plus que les mots qui les expriment. Pour ces nombreux Africains qui en doutaient encore, ils devraient être édifiés par l’exemple hautement symbolique de Kemi Seba, quant à la solidité de leurs allégeances à Moscou, aujourd’hui comme demain. Le panafricanisme tonitruant, vindicatif, prompt à tresser des couronnes de laurier aux juntes militaires qui vouent aux gémonies l’État de droit en Afrique et n’offrent aucun horizon de prospérité aux peuples est entré dans une véritable crise identitaire dont il pourrait ne jamais se remettre. .⏱ Temps de lecture estimé : 6 minutes
Sa page Facebook affiche 1,5 million de followers. Pour chacune de ses sorties avant son arrestation et son incarcération le 13 avril 2026 en Afrique du Sud, c’est parfois par dizaines de milliers que le pape de l’activisme panafricaniste sur le continent africain et dans sa diaspora recevait des likes ou des commentaires quasiment tous élogieux, voire laudateurs. Dès l’annonce de son interpellation, ils sont nombreux à avoir cru à une interpellation de plus, comme Kemi Seba en a connu à plusieurs reprises par le passé, aussi bien en Afrique qu’en Europe. Mais, cette fois-ci, l’avenir judiciaire de Kemi Seba, par ailleurs titulaire d’un passeport diplomatique nigérien, semble chargé de gros nuages sombres. Sous le coup d’un mandat d’arrêt international émis par la justice béninoise suite à son soutien ostensiblement apporté aux auteurs de la tentative de putsch de décembre 2025, la justice sud-africaine ouvrira les débats ce 14 juillet 2026 sur la validité juridique de son extradition vers le Bénin, son pays après la déchéance de sa nationalité française en juillet 2024.
Mais ce n’est pas la bataille judiciaire en elle-même qui suscite moult interrogations. C’est plutôt ce que son incarcération révèle de la nébuleuse néo-panafricaniste.
En effet, force est de constater que la levée de boucliers qui s’est manifestée immédiatement après l’incarcération de l’activiste est retombée comme un soufflé. L’orateur charismatique dont les conférences faisaient salle comble et dont les meetings attiraient la foule est manifestement rangé aux oubliettes par ceux-là mêmes qui juraient de l’accompagner jusqu’au triomphe de ses idéaux panafricains, dans lesquels ne se reconnaissent guère de très nombreux Africains.
Mais il n’y a pas que le silence des foules cybernétiques, naguère électrisées par l’activiste démagogue et désormais étonnamment absentes, qui soit à noter. Tous ceux qui, comme Kemi Seba, appartenaient jadis aux réseaux d’Evgueni Prigojine en Afrique comme dans la diaspora africaine, ne se font guère entendre non plus pour réclamer sa libération. Il faut se souvenir qu’à l’annonce du décès d’Evgueni Prigojine aucun des influenceurs panafricanistes qui font foule sur les réseaux sociaux, y compris Kemi Seba, n’avait exprimé ses condoléances ni même des propos suspicieux sur la mort tragique de leur mentor et qui auraient pu être de nature à les fâcher avec le maître du Kremlin ou son administration.
Du côté des médias russes, c’est l’indifférence totale. À peine son arrestation aura-t-elle fait l’objet de quelques entrefilets dans certains médias marginaux en Russie. Plus que le silence de ses mentors russes, le mutisme des gouvernements de l’Alliance des États du Sahel (AES) suscite étonnement et perplexité. Il n’est pas superflu de rappeler que Kemi Seba n’a guère été déchu à ce jour de son statut de conseiller spécial du chef de la junte nigérienne, le général Abdourahamane Tiani. Celui-ci l’avait nommé à cette fonction en août 2024 et lui avait délivré un passeport diplomatique. Il avait été déchu de sa nationalité française quelque temps auparavant.
Cependant, hormis une timide confirmation de ce statut par les autorités de Niamey au lendemain de l’arrestation de Kemi Seba, depuis lors, c’est silence radio du côté du Niger.
Mais plus que ce silence, deux faits diplomatiques majeurs au sein de l’AES n’ont échappé à personne. Encore moins à Kemi Seba, dont le sang a probablement fait un tour, du fond de son pénitencier sud-africain. Il y a tout d’abord la présence à Cotonou, le 24 mai 2026, du Premier ministre du Niger, Ali Mahaman Lamine Zeine, pour l’investiture du nouveau chef de l’État béninois, Romuald Wadagni. Puis, dans cette même dynamique diplomatique et dans la foulée de son investiture, nous assisterons à la tournée du président béninois dans les pays de l’AES. Ce réchauffement diplomatique entre le Bénin et ses trois pays voisins d’Afrique de l’Ouest est manifestement un désaveu pour l’activiste dont la quasi-totalité des attaques contre des dirigeants africains taxés de suppôts du néocolonialisme étaient focalisées sur le Bénin de Patrice Talon.
Bien plus, c’est bel et bien le Bénin, dont le chef de l’État a été chaleureusement reçu au Niger, qui pourrait le priver de sa liberté pour très longtemps, si la justice sud-africaine jugeait recevable la demande d’extradition qui le vise.
L’actualité judiciaire autour de Kemi Seba est révélatrice de l’inconsistance idéologique et politique d’un certain panafricanisme clientéliste et mercantile, pour lequel les convictions ne valent guère plus que les mots qui les expriment. Pour ces nombreux Africains qui en doutaient encore, ils devraient être édifiés par l’exemple hautement symbolique de Kemi Seba, quant à la solidité de leurs allégeances à Moscou, aujourd’hui comme demain.
Le panafricanisme tonitruant, vindicatif, prompt à tresser des couronnes de laurier aux juntes militaires qui vouent aux gémonies l’État de droit en Afrique et n’offrent aucun horizon de prospérité aux peuples est entré dans une véritable crise identitaire dont il pourrait ne jamais se remettre.
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