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Du 15 au 16 novembre 2026, les dirigeants de l’espace francophone se retrouveront à Phnom Penh, au Cambodge, pour le XXᵉ Sommet de la Francophonie. Près de trente ans après Hanoï, l’Asie accueillera de nouveau ce rendez-vous politique majeur. Paix, développement durable, avenir de l’espace francophone et renouvellement de sa gouvernance seront au cœur des discussion. La Francophonie s’apprête à écrire une nouvelle page de son histoire. Les 15 et 16 novembre prochains, chefs d’État et de gouvernement se réuniront à Phnom Penh, au Cambodge, à l’occasion du XXᵉ Sommet de la Francophonie. L’événement constituera l’un des principaux rendez-vous diplomatiques de l’année pour l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). Le Sommet est l’instance suprême de la Francophonie. Réuni tous les deux ans, il fixe les grandes orientations de l’Organisation, adopte les textes nécessaires à son fonctionnement et peut statuer sur l’évolution du statut de ses membres. Il constitue également le cadre dans lequel est élu le ou la secrétaire générale de la Francophonie. Phnom Penh, nouvelle étape asiatique Le choix du Cambodge revêt une dimension particulière. Le pays a été désigné pour accueillir le XXᵉ Sommet lors du Sommet de Villers-Cotterêts, en octobre 2024. L’accord entre le Cambodge et l’OIF a ensuite été signé en juin 2025, confirmant Siem Reap comme ville hôte. Ce sera la deuxième fois seulement qu’un sommet de la Francophonie se tiendra en Asie. La première avait eu lieu à Hanoï, au Vietnam, en novembre 1997. Cette édition avait notamment marqué l’adoption de la Charte de la Francophonie et l’élection de Boutros Boutros-Ghali comme premier secrétaire général de l’Organisation. Près de trois décennies plus tard, le retour du Sommet en Asie souligne la volonté de l’OIF de maintenir une présence active sur les différents continents où le français est parlé, enseigné ou utilisé comme langue de coopération. Pour Phnom Penh, l’enjeu dépasse toutefois la seule visibilité diplomatique. Le Cambodge cherche également à mettre en avant son appartenance à l’espace francophone et les particularités de la Francophonie en Asie-Pacifique. Le pays est membre de l’OIF depuis 1993. La paix au centre des discussions Le XXᵉ sommet se déroulera dans un contexte international marqué par les conflits, les crises politiques, les tensions géopolitiques et les défis liés au développement. La thématique retenue pour la rencontre porte précisément sur les questions de paix et de développement durable. Cette orientation donne au rendez-vous de Siem Reap une portée qui dépasse la seule promotion de la langue française. La Francophonie entend également se positionner comme un espace de dialogue politique, de coopération et de solidarité. Lors de sa dernière session, le Conseil permanent de la Francophonie a notamment examiné les situations politiques et sécuritaires dans plusieurs pays de l’espace francophone. Il a également étudié les actions de l’OIF en matière de paix, de stabilité, d’accompagnement des transitions et de processus électoraux. Le Sommet devra donc confronter les ambitions affichées par l’Organisation aux réalités d’un espace francophone traversé par des crises multiples. La question sera notamment de savoir comment transformer les déclarations politiques en actions concrètes au bénéfice des populations. Une francophonie appelée à se renouveler L’autre moment fort du Sommet sera institutionnel. Les chefs d’État et de gouvernement éliront le ou la secrétaire générale de la Francophonie pour la période 2027-2030. Pour la première fois, la procédure réformée de sélection sera appliquée dans son intégralité. Quatre candidatures ont été enregistrées, provenant de la République démocratique du Congo, de la Mauritanie, de la Roumanie et du Rwanda. L’OIF compte aujourd’hui 90 États et gouvernements : 53 membres, cinq membres associés et 32 observateurs. Elle revendique une présence sur cinq continents et représente un espace linguistique de plusieurs centaines de millions de locuteurs. Cette diversité constitue à la fois une richesse et un défi. La Francophonie ne se résume plus à la défense d’une langue commune. Elle est devenue un espace de coopération politique, culturelle, éducative et économique, dans lequel cohabitent des réalités nationales parfois très éloignées. Le français face aux nouveaux défis L’avenir de la langue française constituera également un enjeu majeur. Dans plusieurs pays, notamment en Afrique, la question du français se mêle désormais à celles de l’éducation, de l’emploi, du numérique et de l’accès au savoir. Au Cambodge, l’OIF accompagne d’ailleurs une réforme de l’enseignement du français et des disciplines enseignées en français, avec notamment la révision des programmes scolaires, la production de nouveaux outils pédagogiques et le renforcement des compétences des enseignants. Cette démarche illustre l’une des préoccupations centrales de la Francophonie contemporaine : maintenir l’attractivité du français sans ignorer la diversité linguistique et culturelle de ses membres. À Phnom Penh, les dirigeants devront ainsi discuter de la place de la langue française dans un monde où l’anglais domine largement les échanges internationaux et où les technologies numériques bouleversent les modes d’apprentissage, de communication et d’accès à l’information. Un sommet guetté avec impatience Le XXᵉ Sommet de la Francophonie ne sera donc pas une simple cérémonie diplomatique. Il devra déterminer les orientations de l’Organisation pour les prochaines années, alors que celle-ci cherche à renforcer son rôle dans les domaines de la paix, de la démocratie, du développement durable, de l’éducation et de la coopération. Le Cambodge accueillera ainsi une Francophonie confrontée à une question essentielle : comment rester un espace politique et culturel pertinent dans un monde profondément transformé ? À Phnom Penh, les discours seront nombreux. Les déclarations solennelles aussi. Mais au-delà des formules diplomatiques, l’enjeu sera surtout de mesurer la capacité de la Francophonie à faire de ses engagements autre chose qu’un catalogue de bonnes intentions. Le rendez-vous est désormais fixé : les 15 et 16 novembre 2026, l’Asie redeviendra, près de trente ans après Hanoï, le théâtre du grand rassemblement de la famille francophone..⏱ Temps de lecture estimé : 6 minutes
La Francophonie s’apprête à écrire une nouvelle page de son histoire. Les 15 et 16 novembre prochains, chefs d’État et de gouvernement se réuniront à Phnom Penh, au Cambodge, à l’occasion du XXᵉ Sommet de la Francophonie. L’événement constituera l’un des principaux rendez-vous diplomatiques de l’année pour l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF).
Le Sommet est l’instance suprême de la Francophonie. Réuni tous les deux ans, il fixe les grandes orientations de l’Organisation, adopte les textes nécessaires à son fonctionnement et peut statuer sur l’évolution du statut de ses membres. Il constitue également le cadre dans lequel est élu le ou la secrétaire générale de la Francophonie.
Le choix du Cambodge revêt une dimension particulière. Le pays a été désigné pour accueillir le XXᵉ Sommet lors du Sommet de Villers-Cotterêts, en octobre 2024. L’accord entre le Cambodge et l’OIF a ensuite été signé en juin 2025, confirmant Siem Reap comme ville hôte.
Ce sera la deuxième fois seulement qu’un sommet de la Francophonie se tiendra en Asie. La première avait eu lieu à Hanoï, au Vietnam, en novembre 1997. Cette édition avait notamment marqué l’adoption de la Charte de la Francophonie et l’élection de Boutros Boutros-Ghali comme premier secrétaire général de l’Organisation.
Près de trois décennies plus tard, le retour du Sommet en Asie souligne la volonté de l’OIF de maintenir une présence active sur les différents continents où le français est parlé, enseigné ou utilisé comme langue de coopération.
Pour Phnom Penh, l’enjeu dépasse toutefois la seule visibilité diplomatique. Le Cambodge cherche également à mettre en avant son appartenance à l’espace francophone et les particularités de la Francophonie en Asie-Pacifique. Le pays est membre de l’OIF depuis 1993.
Le XXᵉ sommet se déroulera dans un contexte international marqué par les conflits, les crises politiques, les tensions géopolitiques et les défis liés au développement. La thématique retenue pour la rencontre porte précisément sur les questions de paix et de développement durable.
Cette orientation donne au rendez-vous de Siem Reap une portée qui dépasse la seule promotion de la langue française. La Francophonie entend également se positionner comme un espace de dialogue politique, de coopération et de solidarité.
Lors de sa dernière session, le Conseil permanent de la Francophonie a notamment examiné les situations politiques et sécuritaires dans plusieurs pays de l’espace francophone. Il a également étudié les actions de l’OIF en matière de paix, de stabilité, d’accompagnement des transitions et de processus électoraux.
Le Sommet devra donc confronter les ambitions affichées par l’Organisation aux réalités d’un espace francophone traversé par des crises multiples. La question sera notamment de savoir comment transformer les déclarations politiques en actions concrètes au bénéfice des populations.
L’autre moment fort du Sommet sera institutionnel. Les chefs d’État et de gouvernement éliront le ou la secrétaire générale de la Francophonie pour la période 2027-2030. Pour la première fois, la procédure réformée de sélection sera appliquée dans son intégralité. Quatre candidatures ont été enregistrées, provenant de la République démocratique du Congo, de la Mauritanie, de la Roumanie et du Rwanda.
L’OIF compte aujourd’hui 90 États et gouvernements : 53 membres, cinq membres associés et 32 observateurs. Elle revendique une présence sur cinq continents et représente un espace linguistique de plusieurs centaines de millions de locuteurs.
Cette diversité constitue à la fois une richesse et un défi. La Francophonie ne se résume plus à la défense d’une langue commune. Elle est devenue un espace de coopération politique, culturelle, éducative et économique, dans lequel cohabitent des réalités nationales parfois très éloignées.
L’avenir de la langue française constituera également un enjeu majeur. Dans plusieurs pays, notamment en Afrique, la question du français se mêle désormais à celles de l’éducation, de l’emploi, du numérique et de l’accès au savoir.
Au Cambodge, l’OIF accompagne d’ailleurs une réforme de l’enseignement du français et des disciplines enseignées en français, avec notamment la révision des programmes scolaires, la production de nouveaux outils pédagogiques et le renforcement des compétences des enseignants.
Cette démarche illustre l’une des préoccupations centrales de la Francophonie contemporaine : maintenir l’attractivité du français sans ignorer la diversité linguistique et culturelle de ses membres.
À Phnom Penh, les dirigeants devront ainsi discuter de la place de la langue française dans un monde où l’anglais domine largement les échanges internationaux et où les technologies numériques bouleversent les modes d’apprentissage, de communication et d’accès à l’information.
Le XXᵉ Sommet de la Francophonie ne sera donc pas une simple cérémonie diplomatique. Il devra déterminer les orientations de l’Organisation pour les prochaines années, alors que celle-ci cherche à renforcer son rôle dans les domaines de la paix, de la démocratie, du développement durable, de l’éducation et de la coopération.
Le Cambodge accueillera ainsi une Francophonie confrontée à une question essentielle : comment rester un espace politique et culturel pertinent dans un monde profondément transformé ?
À Phnom Penh, les discours seront nombreux. Les déclarations solennelles aussi. Mais au-delà des formules diplomatiques, l’enjeu sera surtout de mesurer la capacité de la Francophonie à faire de ses engagements autre chose qu’un catalogue de bonnes intentions.
Le rendez-vous est désormais fixé : les 15 et 16 novembre 2026, l’Asie redeviendra, près de trente ans après Hanoï, le théâtre du grand rassemblement de la famille francophone.