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Liberia : arrivée de 20 premiers migrants expulsés des Etats-Unis
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De la rupture au rapprochement. Dix-huit mois après avoir quitté définitivement le Tchad, les militaires français ont discrètement repris pied à N’Djamena. Le retour, amorcé à la mi-avril 2026, ne ressemble toutefois en rien au dispositif de plus de 1 000 soldats qui avait été démantelé début 2025. Formation, renseignement et appui aérien constituent désormais les principaux axes d’une coopération redessinée.. Le scénario aurait difficilement été imaginable il y a dix-huit mois. Le 30 janvier 2025, la France quittait officiellement le Tchad après plusieurs décennies de présence militaire. Le dernier détachement français évacuait la base aérienne Sergent-chef Adji Kosseï, à N’Djamena, mettant fin à une présence militaire permanente qui comptait alors plus de 1 000 soldats. Quelques mois plus tard, pourtant, les deux pays ont commencé à renouer leurs liens sécuritaires. Depuis la mi-avril 2026, une petite équipe de militaires français a discrètement regagné N’Djamena, selon plusieurs sources concordantes rapportées par la presse tchadienne et internationale. Leur mission est nettement plus limitée que celle de l’ancien dispositif : il ne s’agit pas de reconstituer une base française permanente, mais de remettre progressivement en marche la coopération militaire bilatérale. Une chronologie qui raconte le revirement Le retour actuel prend tout son relief lorsqu’on regarde le calendrier du divorce franco-tchadien. Le 28 novembre 2024, N’Djamena annonçait la dénonciation de l’accord de coopération militaire avec Paris. Le gouvernement tchadien invoquait alors la nécessité de revoir un partenariat jugé inadapté aux nouvelles réalités géopolitiques. Le retrait de plus de 1 000 militaires français était engagé dans la foulée. Le 10 décembre 2024, les avions de chasse français quittaient le pays. Puis, le 26 décembre, la base de Faya-Largeau était rétrocédée aux autorités tchadiennes. Le 11 janvier 2025, ce fut au tour de la base d’Abéché. Enfin, le 30 janvier 2025, la dernière emprise française, la base Sergent-chef Adji Kosseï de N’Djamena, était officiellement rétrocédée. Le dernier avion militaire français quittait le site le même jour, consacrant la fin de la présence militaire permanente française au Tchad. Entre cette sortie et le retour des premiers militaires à la mi-avril 2026, environ quatorze mois se sont donc écoulés. Et entre le départ définitif et la reprise de la coopération, la rupture aura duré environ quinze mois. Le retour commence dans la discrétion Le rapprochement politique a précédé le retour des militaires. La rencontre entre Mahamat Idriss Déby et Emmanuel Macron à Paris, les 28 et 29 janvier 2026, a constitué l’un des signaux les plus visibles du réchauffement entre N’Djamena et Paris. En avril, une délégation de la Direction générale de l’armement française s’est également rendue à N’Djamena pour examiner les besoins de l’armée tchadienne, notamment dans le domaine aérien. Des discussions portant sur l’acquisition éventuelle d’hélicoptères et d’avions ont été évoquées. Puis, à la mi-avril 2026, les premiers militaires français ont repris pied dans la capitale tchadienne. Leur présence reste limitée et s’inscrit dans une logique de liaison, de formation et d’appui au renseignement. Le nouveau format exclut, à ce stade, le retour à un important contingent permanent installé sur des bases françaises. Formation, renseignement et appui aérien Le nouveau partenariat répond d’abord aux besoins exprimés par N’Djamena. Depuis le départ français, l’armée tchadienne a dû davantage compter sur ses propres moyens pour assurer la surveillance du territoire, l’appui aérien aux unités au sol, le renseignement et l’évacuation des militaires blessés. Le nouveau dispositif français doit donc privilégier trois domaines : la formation des militaires tchadiens, le partage du renseignement et le soutien aux capacités aériennes. La coopération doit dans un premier temps concerner particulièrement les forces aériennes, avant une éventuelle extension à d’autres composantes de l’armée. L’objectif est également de renforcer les capacités tchadiennes face à la menace des groupes armés actifs dans la région du lac Tchad, notamment Boko Haram et l’État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP), tout en tenant compte de la dégradation de la situation sécuritaire sur la frontière orientale avec le Soudan. Des premières réalisations déjà visibles Le retour ne se limite pas aux discussions diplomatiques. Les nouvelles modalités de coopération commencent à produire des activités concrètes dans le domaine de la formation et de l’appui opérationnel. Le principe est celui d’un partenariat à la carte : les militaires français interviennent en fonction des besoins formulés par les autorités tchadiennes, plutôt que dans le cadre d’un dispositif autonome comparable à celui qui existait avant janvier 2025. Les domaines identifiés concernent notamment la formation opérationnelle, la surveillance, le renseignement, l’appui aérien et les capacités d’évacuation sanitaire. Le renforcement des moyens aériens figure également parmi les priorités discutées entre les deux pays. Cette évolution intervient alors que le Tchad doit faire face à une double pression sécuritaire : les violences liées aux groupes djihadistes autour du lac Tchad et les conséquences de la guerre au Soudan, qui a transformé la frontière orientale en zone particulièrement sensible. Pas question de ressusciter l’ancienne base française Le changement le plus important réside dans le format. Paris et N’Djamena ne semblent pas vouloir reproduire le modèle d’avant janvier 2025. La France avait alors plusieurs emprises militaires au Tchad et plus de 1 000 militaires. Le nouveau partenariat doit être beaucoup plus restreint, sans rétablissement de bases françaises permanentes ni déploiement massif de troupes. L’ancienne base Adji Kosseï reste toutefois au centre des discussions. Selon des sources citées par Le Monde, les militaires français souhaitent pouvoir disposer de nouveau d’un accès à cette infrastructure pour permettre à leurs avions de se poser ou de décoller en cas de besoin. Il ne s’agirait donc plus d’une base française au sens classique, mais d’un point d’accès opérationnel dans le cadre de la coopération avec l’armée de l’air tchadienne. De « souveraineté » à pragmatisme sécuritaire Le paradoxe est évident. En novembre 2024, N’Djamena avait présenté la rupture comme une décision souveraine destinée à redéfinir ses partenariats militaires. En janvier 2025, le départ des derniers soldats français avait été célébré comme la fin d’une longue présence militaire étrangère. Dix-huit mois plus tard, les mêmes acteurs réouvrent pourtant la porte à une coopération sécuritaire avec Paris. Ce revirement ne signifie pas nécessairement un retour à l’ancien modèle. Il traduit surtout un pragmatisme imposé par l’évolution de l’environnement sécuritaire régional. Le Tchad cherche à renforcer ses capacités face aux menaces à ses frontières, tandis que Paris entend préserver un partenariat stratégique dans un pays qui demeure un point géographique majeur entre le Sahel, l’Afrique centrale, la Libye et le Soudan. Le retour français se fait donc sans fanfare, sans chars devant l’aéroport et sans cérémonie de retrouvailles. Après avoir été priée de sortir par la grande porte, la coopération militaire française semble avoir retrouvé une petite fenêtre pour rentrer par la fenêtre. De la rupture de novembre 2024 au retour discret d’avril 2026, Paris et N’Djamena auront finalement mis moins de quinze mois à transformer le divorce en retrouvailles sécuritaires. Reste à savoir jusqu’où ira ce nouveau partenariat et surtout où s’arrêtera la frontière entre coopération militaire et retour de l’influence française..⏱ Temps de lecture estimé : 7 minutes
Le scénario aurait difficilement été imaginable il y a dix-huit mois. Le 30 janvier 2025, la France quittait officiellement le Tchad après plusieurs décennies de présence militaire. Le dernier détachement français évacuait la base aérienne Sergent-chef Adji Kosseï, à N’Djamena, mettant fin à une présence militaire permanente qui comptait alors plus de 1 000 soldats.
Quelques mois plus tard, pourtant, les deux pays ont commencé à renouer leurs liens sécuritaires. Depuis la mi-avril 2026, une petite équipe de militaires français a discrètement regagné N’Djamena, selon plusieurs sources concordantes rapportées par la presse tchadienne et internationale. Leur mission est nettement plus limitée que celle de l’ancien dispositif : il ne s’agit pas de reconstituer une base française permanente, mais de remettre progressivement en marche la coopération militaire bilatérale.
Le retour actuel prend tout son relief lorsqu’on regarde le calendrier du divorce franco-tchadien.
Le 28 novembre 2024, N’Djamena annonçait la dénonciation de l’accord de coopération militaire avec Paris. Le gouvernement tchadien invoquait alors la nécessité de revoir un partenariat jugé inadapté aux nouvelles réalités géopolitiques. Le retrait de plus de 1 000 militaires français était engagé dans la foulée.
Le 10 décembre 2024, les avions de chasse français quittaient le pays. Puis, le 26 décembre, la base de Faya-Largeau était rétrocédée aux autorités tchadiennes. Le 11 janvier 2025, ce fut au tour de la base d’Abéché.
Enfin, le 30 janvier 2025, la dernière emprise française, la base Sergent-chef Adji Kosseï de N’Djamena, était officiellement rétrocédée. Le dernier avion militaire français quittait le site le même jour, consacrant la fin de la présence militaire permanente française au Tchad.
Entre cette sortie et le retour des premiers militaires à la mi-avril 2026, environ quatorze mois se sont donc écoulés. Et entre le départ définitif et la reprise de la coopération, la rupture aura duré environ quinze mois.
Le rapprochement politique a précédé le retour des militaires. La rencontre entre Mahamat Idriss Déby et Emmanuel Macron à Paris, les 28 et 29 janvier 2026, a constitué l’un des signaux les plus visibles du réchauffement entre N’Djamena et Paris.
En avril, une délégation de la Direction générale de l’armement française s’est également rendue à N’Djamena pour examiner les besoins de l’armée tchadienne, notamment dans le domaine aérien. Des discussions portant sur l’acquisition éventuelle d’hélicoptères et d’avions ont été évoquées.
Puis, à la mi-avril 2026, les premiers militaires français ont repris pied dans la capitale tchadienne. Leur présence reste limitée et s’inscrit dans une logique de liaison, de formation et d’appui au renseignement. Le nouveau format exclut, à ce stade, le retour à un important contingent permanent installé sur des bases françaises.
Le nouveau partenariat répond d’abord aux besoins exprimés par N’Djamena. Depuis le départ français, l’armée tchadienne a dû davantage compter sur ses propres moyens pour assurer la surveillance du territoire, l’appui aérien aux unités au sol, le renseignement et l’évacuation des militaires blessés.
Le nouveau dispositif français doit donc privilégier trois domaines : la formation des militaires tchadiens, le partage du renseignement et le soutien aux capacités aériennes. La coopération doit dans un premier temps concerner particulièrement les forces aériennes, avant une éventuelle extension à d’autres composantes de l’armée.
L’objectif est également de renforcer les capacités tchadiennes face à la menace des groupes armés actifs dans la région du lac Tchad, notamment Boko Haram et l’État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP), tout en tenant compte de la dégradation de la situation sécuritaire sur la frontière orientale avec le Soudan.
Le retour ne se limite pas aux discussions diplomatiques. Les nouvelles modalités de coopération commencent à produire des activités concrètes dans le domaine de la formation et de l’appui opérationnel.
Le principe est celui d’un partenariat à la carte : les militaires français interviennent en fonction des besoins formulés par les autorités tchadiennes, plutôt que dans le cadre d’un dispositif autonome comparable à celui qui existait avant janvier 2025.
Les domaines identifiés concernent notamment la formation opérationnelle, la surveillance, le renseignement, l’appui aérien et les capacités d’évacuation sanitaire. Le renforcement des moyens aériens figure également parmi les priorités discutées entre les deux pays.
Cette évolution intervient alors que le Tchad doit faire face à une double pression sécuritaire : les violences liées aux groupes djihadistes autour du lac Tchad et les conséquences de la guerre au Soudan, qui a transformé la frontière orientale en zone particulièrement sensible.
Le changement le plus important réside dans le format. Paris et N’Djamena ne semblent pas vouloir reproduire le modèle d’avant janvier 2025.
La France avait alors plusieurs emprises militaires au Tchad et plus de 1 000 militaires. Le nouveau partenariat doit être beaucoup plus restreint, sans rétablissement de bases françaises permanentes ni déploiement massif de troupes.
L’ancienne base Adji Kosseï reste toutefois au centre des discussions. Selon des sources citées par Le Monde, les militaires français souhaitent pouvoir disposer de nouveau d’un accès à cette infrastructure pour permettre à leurs avions de se poser ou de décoller en cas de besoin. Il ne s’agirait donc plus d’une base française au sens classique, mais d’un point d’accès opérationnel dans le cadre de la coopération avec l’armée de l’air tchadienne.
Le paradoxe est évident. En novembre 2024, N’Djamena avait présenté la rupture comme une décision souveraine destinée à redéfinir ses partenariats militaires. En janvier 2025, le départ des derniers soldats français avait été célébré comme la fin d’une longue présence militaire étrangère.
Dix-huit mois plus tard, les mêmes acteurs réouvrent pourtant la porte à une coopération sécuritaire avec Paris.
Ce revirement ne signifie pas nécessairement un retour à l’ancien modèle. Il traduit surtout un pragmatisme imposé par l’évolution de l’environnement sécuritaire régional. Le Tchad cherche à renforcer ses capacités face aux menaces à ses frontières, tandis que Paris entend préserver un partenariat stratégique dans un pays qui demeure un point géographique majeur entre le Sahel, l’Afrique centrale, la Libye et le Soudan.
Le retour français se fait donc sans fanfare, sans chars devant l’aéroport et sans cérémonie de retrouvailles. Après avoir été priée de sortir par la grande porte, la coopération militaire française semble avoir retrouvé une petite fenêtre pour rentrer par la fenêtre.
De la rupture de novembre 2024 au retour discret d’avril 2026, Paris et N’Djamena auront finalement mis moins de quinze mois à transformer le divorce en retrouvailles sécuritaires. Reste à savoir jusqu’où ira ce nouveau partenariat et surtout où s’arrêtera la frontière entre coopération militaire et retour de l’influence française.
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