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En cinq jours, Bassirou Diomaye Faye a enchaîné Washington et Abu Dhabi avec un même objectif en ligne de mire : restaurer la confiance des partenaires du Sénégal, desserrer les contraintes financières et attirer de nouveaux investissements. Aux États-Unis, le président sénégalais a principalement abordé la dette, les finances publiques et les négociations avec le Fonds monétaire international (FMI). Aux Émirats arabes unis, il a mis l’accent sur les investissements, les infrastructures et le renforcement du partenariat économique.. Parti de Dakar le 13 septembre, le chef de l’État s’est rendu à Washington les 14 et 15 septembre, avant de poursuivre sa mission à Abu Dhabi les 16 et 17 septembre. Une séquence diplomatique qui intervient alors que le Sénégal cherche à restaurer ses marges de manœuvre financières et à diversifier ses sources de financement. Washington : restaurer la confiance financière À Washington, l’enjeu était d’abord financier. Bassirou Diomaye Faye s’est entretenu avec la directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva, alors que Dakar cherche à finaliser un nouveau programme soutenu par l’institution. À l’issue de leur rencontre du 15 septembre, Kristalina Georgieva a salué les « progrès encourageants » réalisés par le Sénégal dans la consolidation de son économie. Elle a également insisté sur la poursuite des réformes visant à renforcer la stabilité macroéconomique, le secteur privé et la viabilité des finances publiques. Les discussions interviennent après la conclusion, au niveau des services du FMI, d’un accord portant sur un programme de trois ans d’environ 2,2 milliards de dollars. Son approbation définitive reste toutefois soumise aux procédures internes du Fonds et à la mobilisation des assurances de financement nécessaires. La dette constitue également un dossier majeur. Dakar entend recourir au Cadre commun du G20 afin d’obtenir un traitement de sa dette. Le président de la Banque mondiale, Ajay Banga, a affiché sa volonté d’accélérer le processus concernant le Sénégal. Washington aura donc constitué le volet institutionnel de la tournée : consolider les relations avec les principaux bailleurs, faire avancer le dossier de la dette et améliorer les conditions de financement de l’économie sénégalaise. Mais le président sénégalais ne s’est pas limité aux institutions financières. Il a également rencontré des représentants du secteur privé américain afin de promouvoir les investissements privés au Sénégal. Abu Dhabi : cap sur les investissements Quelques heures après Washington, le registre a changé. À Abu Dhabi, Bassirou Diomaye Faye a rencontré son homologue émirati, Cheikh Mohammed bin Zayed Al Nahyan, pour approfondir les relations entre Dakar et Abu Dhabi. Les deux dirigeants ont notamment évoqué les orientations retenues pour finaliser un nouveau partenariat économique couvrant plusieurs secteurs stratégiques : finances, infrastructures, énergie, agriculture, logistique et numérique. Le déplacement aux Émirats intervient dans une logique de diversification des partenariats économiques. Pour Dakar, l’objectif est notamment d’élargir les possibilités d’investissement et de financement de projets structurants. Les discussions ont également porté sur les enjeux liés à l’eau. Le Sénégal et les Émirats arabes unis doivent coprésider la Conférence des Nations unies sur l’eau de 2026, prévue à Abu Dhabi à la fin de l’année. Deux capitales, une même équation économique De Washington à Abu Dhabi, la séquence présidentielle présente ainsi une certaine cohérence. D’un côté, Dakar cherche à rétablir la confiance des institutions financières internationales, à traiter la question de la dette et à sécuriser de nouvelles capacités de financement. De l’autre, le gouvernement veut attirer davantage de capitaux privés et nouer des partenariats susceptibles de soutenir les infrastructures et les secteurs productifs. Cette diplomatie économique répond à une équation simple : mobiliser des ressources sans perdre de vue leur traduction concrète dans l’économie nationale. Du discours aux projets C’est désormais le principal défi pour Dakar. Un programme avec le FMI peut contribuer à restaurer la confiance financière et faciliter la mobilisation d’autres financements. De même, un partenariat avec les Émirats peut ouvrir de nouvelles perspectives dans plusieurs secteurs. Mais les annonces diplomatiques ne suffisent pas, à elles seules, à créer de la croissance ou des emplois. Le véritable test sera donc celui de l’exécution : transformer les engagements en financements, les financements en projets, les projets en activité économique et cette activité en emplois et en amélioration tangible des conditions de vie. À Washington comme à Abu Dhabi, Bassirou Diomaye Faye a donc porté un même message : le Sénégal veut consolider la confiance de ses partenaires tout en élargissant ses sources de financement et d’investissement. La prochaine étape, elle, ne se jouera plus dans les salles de réunion de Washington ou les palais d’Abu Dhabi. Elle se jouera à Dakar, dans la capacité du gouvernement à transformer cette offensive diplomatique en résultats économiques concrets..⏱ Temps de lecture estimé : 5 minutes
Parti de Dakar le 13 septembre, le chef de l’État s’est rendu à Washington les 14 et 15 septembre, avant de poursuivre sa mission à Abu Dhabi les 16 et 17 septembre. Une séquence diplomatique qui intervient alors que le Sénégal cherche à restaurer ses marges de manœuvre financières et à diversifier ses sources de financement.
À Washington, l’enjeu était d’abord financier. Bassirou Diomaye Faye s’est entretenu avec la directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva, alors que Dakar cherche à finaliser un nouveau programme soutenu par l’institution.
À l’issue de leur rencontre du 15 septembre, Kristalina Georgieva a salué les « progrès encourageants » réalisés par le Sénégal dans la consolidation de son économie. Elle a également insisté sur la poursuite des réformes visant à renforcer la stabilité macroéconomique, le secteur privé et la viabilité des finances publiques.
Les discussions interviennent après la conclusion, au niveau des services du FMI, d’un accord portant sur un programme de trois ans d’environ 2,2 milliards de dollars. Son approbation définitive reste toutefois soumise aux procédures internes du Fonds et à la mobilisation des assurances de financement nécessaires.
La dette constitue également un dossier majeur. Dakar entend recourir au Cadre commun du G20 afin d’obtenir un traitement de sa dette. Le président de la Banque mondiale, Ajay Banga, a affiché sa volonté d’accélérer le processus concernant le Sénégal.
Washington aura donc constitué le volet institutionnel de la tournée : consolider les relations avec les principaux bailleurs, faire avancer le dossier de la dette et améliorer les conditions de financement de l’économie sénégalaise.
Mais le président sénégalais ne s’est pas limité aux institutions financières. Il a également rencontré des représentants du secteur privé américain afin de promouvoir les investissements privés au Sénégal.
Quelques heures après Washington, le registre a changé. À Abu Dhabi, Bassirou Diomaye Faye a rencontré son homologue émirati, Cheikh Mohammed bin Zayed Al Nahyan, pour approfondir les relations entre Dakar et Abu Dhabi.
Les deux dirigeants ont notamment évoqué les orientations retenues pour finaliser un nouveau partenariat économique couvrant plusieurs secteurs stratégiques : finances, infrastructures, énergie, agriculture, logistique et numérique.
Le déplacement aux Émirats intervient dans une logique de diversification des partenariats économiques. Pour Dakar, l’objectif est notamment d’élargir les possibilités d’investissement et de financement de projets structurants.
Les discussions ont également porté sur les enjeux liés à l’eau. Le Sénégal et les Émirats arabes unis doivent coprésider la Conférence des Nations unies sur l’eau de 2026, prévue à Abu Dhabi à la fin de l’année.
De Washington à Abu Dhabi, la séquence présidentielle présente ainsi une certaine cohérence.
D’un côté, Dakar cherche à rétablir la confiance des institutions financières internationales, à traiter la question de la dette et à sécuriser de nouvelles capacités de financement. De l’autre, le gouvernement veut attirer davantage de capitaux privés et nouer des partenariats susceptibles de soutenir les infrastructures et les secteurs productifs.
Cette diplomatie économique répond à une équation simple : mobiliser des ressources sans perdre de vue leur traduction concrète dans l’économie nationale.
C’est désormais le principal défi pour Dakar. Un programme avec le FMI peut contribuer à restaurer la confiance financière et faciliter la mobilisation d’autres financements. De même, un partenariat avec les Émirats peut ouvrir de nouvelles perspectives dans plusieurs secteurs.
Mais les annonces diplomatiques ne suffisent pas, à elles seules, à créer de la croissance ou des emplois.
Le véritable test sera donc celui de l’exécution : transformer les engagements en financements, les financements en projets, les projets en activité économique et cette activité en emplois et en amélioration tangible des conditions de vie.
À Washington comme à Abu Dhabi, Bassirou Diomaye Faye a donc porté un même message : le Sénégal veut consolider la confiance de ses partenaires tout en élargissant ses sources de financement et d’investissement.
La prochaine étape, elle, ne se jouera plus dans les salles de réunion de Washington ou les palais d’Abu Dhabi. Elle se jouera à Dakar, dans la capacité du gouvernement à transformer cette offensive diplomatique en résultats économiques concrets.