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Le procès d’Abdoulaye Miskine a franchi ce vendredi 4 septembre 2026 un nouveau seuil de tension au palais de justice de N’Djamena. Après plusieurs jours consacrés notamment aux exceptions soulevées par la défense, le ministère public a dégainé un réquisitoire particulièrement sévère : 30 ans d’emprisonnement ferme requis contre le général Abdoulaye Miskine, tandis que 10 ans de prison ferme ont été requis contre chacun de ses trois coaccusés.. Mais face à cette offensive du parquet, les avocats de la défense n’ont pas plié. Ils ont, à leur tour, livré une plaidoirie particulièrement offensive, contestant à la fois la compétence des juridictions tchadiennes, la qualité de la partie civile et la solidité des éléments présentés contre leur client. Au terme de cette bataille judiciaire, la cour a décidé de mettre l’affaire en délibéré et de renvoyer le prononcé de sa décision au 9 septembre 2026. Le parquet réclame la peine maximale À la barre, le ministère public a défendu la compétence de la justice tchadienne pour connaître des faits reprochés à Abdoulaye Miskine et à ses coaccusés. Le procureur s’est notamment employé à répondre aux différentes exceptions soulevées par la défense concernant la compétence territoriale, la juridiction saisie ainsi que la recevabilité de la plainte portée par la CASHIDO. Le parquet a également détaillé les exactions qu’il attribue au groupe dirigé par Miskine, présentant celui-ci comme une organisation impliquée dans une rébellion marquée par de graves violations des droits humains. Au terme de son réquisitoire, le ministère public a demandé 30 années d’emprisonnement ferme contre Abdoulaye Miskine. Pour ses trois coaccusés, il a requis 10 ans de prison ferme chacun. Une lourde sanction demandée alors que la partie civile avait, de son côté, réclamé 25 milliards de francs CFA de dommages et intérêts. Sur cette demande financière particulièrement importante, le parquet n’aurait toutefois pas formulé de réquisition spécifique. La défense dénonce un dossier « vide » La réponse des avocats n’a pas tardé. Loin de se contenter d’une défense de circonstance, les conseils d’Abdoulaye Miskine ont entrepris de déconstruire méthodiquement l’argumentaire du ministère public. Ils ont qualifié les réquisitions de « stériles » et prononcées « dans le vide », estimant que le dossier ne contiendrait pas suffisamment d’éléments matériels permettant d’établir la responsabilité pénale de leur client. Pour les avocats, le parquet n’aurait pas réussi, au cours des audiences, à produire les preuves susceptibles de transformer les accusations en certitudes judiciaires. Les témoignages invoqués à charge seraient, selon eux, fragiles, contradictoires ou incapables d’établir directement les faits reprochés. La défense s’est également attaquée frontalement à la partie civile. Elle conteste à la CASHIDO la qualité pour agir au nom des personnes présentées comme victimes des faits poursuivis. Les avocats ont notamment relevé l’absence, selon eux, de documents permettant d’identifier clairement certaines personnes se présentant comme victimes. Ils se sont interrogés sur la capacité de ces plaignants à établir leur identité et leur qualité dans la procédure. La question de la compétence au cœur de la bataille Mais c’est surtout sur le terrain juridique que la défense a concentré son offensive. Les conseils d’Abdoulaye Miskine ont maintenu que les juridictions tchadiennes ne seraient pas compétentes pour connaître de faits commis à l’étranger. Ils ont également insisté sur les conditions dans lesquelles leur client a été transféré au Tchad, estimant qu’aucune procédure régulière d’extradition n’aurait été engagée. Cette question pourrait être déterminante dans la décision attendue le 9 septembre. La défense soutient en substance qu’une juridiction nationale ne saurait s’arroger une compétence universelle sans respecter les règles de droit applicables, particulièrement lorsqu’un accusé étranger est poursuivi pour des faits dont une partie substantielle aurait été commise hors du territoire tchadien. Pour appuyer leur argumentaire, les avocats ont également évoqué le cas de l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo et la question de la justice internationale. Une référence utilisée pour placer les juges devant une responsabilité qui dépasse, selon eux, le seul cadre de ce procès : démontrer que la justice tchadienne peut traiter une affaire aussi sensible avec une indépendance et une rigueur conformes aux standards internationaux. Miskine, chef de guerre ou acteur politique ? La défense a également entrepris de déconstruire le portrait de l’accusé dressé par le ministère public. Abdoulaye Miskine ne serait pas, selon ses avocats, un simple chef de guerre uniquement mû par la violence. Ils l’ont présenté comme un responsable politique et militaire du Parti pour la démocratie et le progrès centrafricain (PDPC), engagé dans plusieurs processus de négociation et de paix en Afrique centrale. Les conseils ont notamment évoqué les accords de Syrte et de Khartoum, auxquels leur client aurait participé, pour soutenir l’idée qu’il aurait également joué un rôle politique dans la recherche d’une sortie de crise. Selon cette version, la dynamique de paix aurait été brutalement interrompue après les bombardements visant les forces liées au général sous l’administration du président centrafricain Faustin-Archange Touadéra, alors que Miskine se préparait à reprendre ses fonctions. Dans cette lecture défendue devant la cour, certains témoignages présentés par l’accusation ne constitueraient donc pas nécessairement des preuves accablantes. Les avocats vont jusqu’à soutenir que certains éléments versés au dossier pourraient, au contraire, être interprétés comme des pièces favorables à leur client. Le 9 septembre, jour de vérité Au terme de cette journée particulièrement tendue, la cour n’a pas immédiatement tranché. Après avoir entendu le parquet et les différentes interventions de la défense, elle a décidé de mettre l’affaire en délibéré. Le 9 septembre 2026 est désormais la date à laquelle les regards seront tournés vers le palais de justice de N’Djamena. Deux visions radicalement opposées s’affrontent désormais. D’un côté, le parquet présente Abdoulaye Miskine comme un responsable d’une rébellion impliquée dans de graves violations des droits humains et justifiant une peine de 30 ans de prison. De l’autre, la défense décrit un dossier juridiquement fragile, insuffisamment étayé et entaché, selon elle, d’irrégularités touchant notamment à la compétence de la juridiction et à la qualité de certaines parties à la procédure. Le débat ne porte donc plus seulement sur la culpabilité ou l’innocence de l’accusé. Il touche également à la capacité de la justice tchadienne à établir sa compétence, à apprécier les preuves avec rigueur et à garantir un procès équitable dans une affaire dont les ramifications dépassent largement les frontières du Tchad. Le 9 septembre, la cour devra trancher. Et sa décision sera scrutée bien au-delà du palais de justice de N’Djamena..⏱ Temps de lecture estimé : 7 minutes
Mais face à cette offensive du parquet, les avocats de la défense n’ont pas plié. Ils ont, à leur tour, livré une plaidoirie particulièrement offensive, contestant à la fois la compétence des juridictions tchadiennes, la qualité de la partie civile et la solidité des éléments présentés contre leur client. Au terme de cette bataille judiciaire, la cour a décidé de mettre l’affaire en délibéré et de renvoyer le prononcé de sa décision au 9 septembre 2026.
À la barre, le ministère public a défendu la compétence de la justice tchadienne pour connaître des faits reprochés à Abdoulaye Miskine et à ses coaccusés. Le procureur s’est notamment employé à répondre aux différentes exceptions soulevées par la défense concernant la compétence territoriale, la juridiction saisie ainsi que la recevabilité de la plainte portée par la CASHIDO.
Le parquet a également détaillé les exactions qu’il attribue au groupe dirigé par Miskine, présentant celui-ci comme une organisation impliquée dans une rébellion marquée par de graves violations des droits humains.
Au terme de son réquisitoire, le ministère public a demandé 30 années d’emprisonnement ferme contre Abdoulaye Miskine. Pour ses trois coaccusés, il a requis 10 ans de prison ferme chacun.
Une lourde sanction demandée alors que la partie civile avait, de son côté, réclamé 25 milliards de francs CFA de dommages et intérêts. Sur cette demande financière particulièrement importante, le parquet n’aurait toutefois pas formulé de réquisition spécifique.
La réponse des avocats n’a pas tardé. Loin de se contenter d’une défense de circonstance, les conseils d’Abdoulaye Miskine ont entrepris de déconstruire méthodiquement l’argumentaire du ministère public.
Ils ont qualifié les réquisitions de « stériles » et prononcées « dans le vide », estimant que le dossier ne contiendrait pas suffisamment d’éléments matériels permettant d’établir la responsabilité pénale de leur client.
Pour les avocats, le parquet n’aurait pas réussi, au cours des audiences, à produire les preuves susceptibles de transformer les accusations en certitudes judiciaires. Les témoignages invoqués à charge seraient, selon eux, fragiles, contradictoires ou incapables d’établir directement les faits reprochés.
La défense s’est également attaquée frontalement à la partie civile. Elle conteste à la CASHIDO la qualité pour agir au nom des personnes présentées comme victimes des faits poursuivis.
Les avocats ont notamment relevé l’absence, selon eux, de documents permettant d’identifier clairement certaines personnes se présentant comme victimes. Ils se sont interrogés sur la capacité de ces plaignants à établir leur identité et leur qualité dans la procédure.
Mais c’est surtout sur le terrain juridique que la défense a concentré son offensive.
Les conseils d’Abdoulaye Miskine ont maintenu que les juridictions tchadiennes ne seraient pas compétentes pour connaître de faits commis à l’étranger. Ils ont également insisté sur les conditions dans lesquelles leur client a été transféré au Tchad, estimant qu’aucune procédure régulière d’extradition n’aurait été engagée.
Cette question pourrait être déterminante dans la décision attendue le 9 septembre.
La défense soutient en substance qu’une juridiction nationale ne saurait s’arroger une compétence universelle sans respecter les règles de droit applicables, particulièrement lorsqu’un accusé étranger est poursuivi pour des faits dont une partie substantielle aurait été commise hors du territoire tchadien.
Pour appuyer leur argumentaire, les avocats ont également évoqué le cas de l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo et la question de la justice internationale. Une référence utilisée pour placer les juges devant une responsabilité qui dépasse, selon eux, le seul cadre de ce procès : démontrer que la justice tchadienne peut traiter une affaire aussi sensible avec une indépendance et une rigueur conformes aux standards internationaux.
La défense a également entrepris de déconstruire le portrait de l’accusé dressé par le ministère public.
Abdoulaye Miskine ne serait pas, selon ses avocats, un simple chef de guerre uniquement mû par la violence. Ils l’ont présenté comme un responsable politique et militaire du Parti pour la démocratie et le progrès centrafricain (PDPC), engagé dans plusieurs processus de négociation et de paix en Afrique centrale.
Les conseils ont notamment évoqué les accords de Syrte et de Khartoum, auxquels leur client aurait participé, pour soutenir l’idée qu’il aurait également joué un rôle politique dans la recherche d’une sortie de crise.
Selon cette version, la dynamique de paix aurait été brutalement interrompue après les bombardements visant les forces liées au général sous l’administration du président centrafricain Faustin-Archange Touadéra, alors que Miskine se préparait à reprendre ses fonctions.
Dans cette lecture défendue devant la cour, certains témoignages présentés par l’accusation ne constitueraient donc pas nécessairement des preuves accablantes. Les avocats vont jusqu’à soutenir que certains éléments versés au dossier pourraient, au contraire, être interprétés comme des pièces favorables à leur client.
Au terme de cette journée particulièrement tendue, la cour n’a pas immédiatement tranché. Après avoir entendu le parquet et les différentes interventions de la défense, elle a décidé de mettre l’affaire en délibéré.
Le 9 septembre 2026 est désormais la date à laquelle les regards seront tournés vers le palais de justice de N’Djamena.
Deux visions radicalement opposées s’affrontent désormais. D’un côté, le parquet présente Abdoulaye Miskine comme un responsable d’une rébellion impliquée dans de graves violations des droits humains et justifiant une peine de 30 ans de prison. De l’autre, la défense décrit un dossier juridiquement fragile, insuffisamment étayé et entaché, selon elle, d’irrégularités touchant notamment à la compétence de la juridiction et à la qualité de certaines parties à la procédure.
Le débat ne porte donc plus seulement sur la culpabilité ou l’innocence de l’accusé. Il touche également à la capacité de la justice tchadienne à établir sa compétence, à apprécier les preuves avec rigueur et à garantir un procès équitable dans une affaire dont les ramifications dépassent largement les frontières du Tchad.
Le 9 septembre, la cour devra trancher. Et sa décision sera scrutée bien au-delà du palais de justice de N’Djamena.
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