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Paludisme : le changement climatique pourrait déplacer les zones à risque en Afrique subsaharienne

Paludisme : le changement climatique pourrait déplacer les zones à risque en Afrique subsaharienne. Article écrit par Éric Ngarlem Toldé. Publié le 24 septembre 2026à 13h28

⏱ Temps de lecture estimé : 9 minutes

Le réchauffement climatique ne fera pas nécessairement progresser le paludisme partout en Afrique. Une étude publiée dans Nature montre plutôt une redistribution géographique du risque, avec une hausse attendue dans certaines régions plus fraîches d’Afrique de l’Est et australe, tandis que plusieurs zones d’Afrique de l’Ouest et du Centre pourraient connaître un recul de la transmission.. Le changement climatique pourrait profondément modifier la géographie du paludisme en Afrique subsaharienne au cours des prochaines décennies. Dans certaines régions aujourd’hui relativement épargnées en raison de températures plus basses, le réchauffement pourrait créer des conditions favorables à la multiplication des moustiques vecteurs et au développement du parasite. À l’inverse, dans plusieurs territoires déjà fortement touchés, une hausse excessive des températures pourrait progressivement rendre l’environnement moins favorable à la transmission. C’est l’une des principales conclusions d’une étude publiée le 29 juillet 2026 dans la revue scientifique Nature. Menée par des chercheurs de l’université Yale, de l’université de Californie et de l’université du Cap, cette recherche s’appuie sur plus d’un siècle de données cliniques et climatiques pour mesurer l’influence du changement climatique sur le paludisme infantile en Afrique subsaharienne. Un risque directement lié à la température Le paludisme est transmis par la piqûre de moustiques femelles du genre Anopheles. Son développement dépend fortement des conditions environnementales, notamment de la température. Selon l’étude, la transmission de Plasmodium falciparum, principal parasite responsable du paludisme en Afrique, atteint des conditions particulièrement favorables autour de 25 °C. Elle devient en revanche beaucoup moins probable lorsque les températures descendent sous environ 16 °C ou dépassent 34 °C. Cette relation explique pourquoi le réchauffement climatique produit des effets différents selon les régions. Dans les zones montagneuses ou méridionales où les températures étaient jusqu’ici trop basses pendant une partie de l’année, quelques degrés supplémentaires peuvent prolonger la période durant laquelle les moustiques et le parasite peuvent se développer. À l’inverse, dans certaines régions tropicales déjà très chaudes, une augmentation supplémentaire des températures pourrait réduire les conditions favorables à la transmission. Le changement climatique ne signifie donc pas automatiquement davantage de paludisme partout sur le continent. Il pourrait surtout provoquer un déplacement progressif des zones où la maladie trouve les conditions nécessaires à sa propagation. L’Afrique de l’Est et les hautes terres sous surveillance Les régions de haute altitude d’Afrique de l’Est figurent parmi les territoires susceptibles de connaître une augmentation du risque. L’étude relève notamment une évolution dans certaines parties des hauts plateaux éthiopiens et de la région de la vallée du Rift. Historiquement, l’altitude et les températures relativement basses ont limité la transmission du paludisme dans plusieurs de ces territoires. Mais l’augmentation des températures pourrait progressivement modifier cet équilibre. Les auteurs observent déjà une influence du changement climatique sur la prévalence du paludisme dans certaines zones d’Afrique de l’Est. Pour les territoires situés à plus de 1 000 mètres d’altitude, l’étude estime que la prévalence a augmenté en moyenne de 0,81 point de pourcentage sous l’effet des évolutions climatiques étudiées. Dans certaines zones des hauts plateaux éthiopiens et de la vallée du Rift, les hausses sont estimées entre 1 et 2 points de pourcentage. Les projections indiquent que cette tendance pourrait se poursuivre dans les prochaines décennies, notamment dans certaines parties du Kenya et de l’Éthiopie. L’Afrique australe également exposée L’Afrique australe pourrait elle aussi voir apparaître de nouveaux foyers ou connaître une intensification de la transmission dans certaines zones. L’étude identifie notamment des secteurs de l’Angola, de la Zambie et du nord-est de l’Afrique du Sud comme des régions susceptibles d’enregistrer une augmentation du risque. Dans certains espaces côtiers d’Afrique australe, les chercheurs envisagent même des hausses localisées importantes de la prévalence à l’horizon 2100. Ces projections doivent toutefois être interprétées avec prudence. Elles correspondent à des modèles climatiques et épidémiologiques soumis à plusieurs incertitudes. Elles ne signifient pas que chaque région concernée connaîtra mécaniquement une augmentation des cas. L’évolution réelle dépendra également des systèmes de santé, des programmes de prévention, de l’accès aux traitements, des comportements humains et de nombreux facteurs environnementaux. Vers un recul dans certaines régions très touchées ? Le phénomène pourrait prendre une direction différente dans plusieurs régions d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique centrale. Ces zones concentrent actuellement une part considérable du poids mondial du paludisme, mais leurs températures pourraient progressivement dépasser les conditions les plus favorables à la transmission. Selon les projections de l’étude, l’Afrique de l’Ouest pourrait connaître une baisse de la prévalence du paludisme au cours du siècle. Dans un scénario de fortes émissions de gaz à effet de serre, la diminution pourrait atteindre 4,5 points de pourcentage à l’échelle régionale d’ici 2100. Certaines régions d’Afrique centrale pourraient également enregistrer une baisse, quoique moins prononcée. Le phénomène pourrait concerner notamment des territoires du Nigeria, du Burkina Faso et du Mali. Dans certaines zones du Sahel, une hausse importante des températures pourrait à terme rendre les conditions de survie des moustiques moins favorables. Cette perspective ne signifie toutefois pas que le paludisme disparaîtra prochainement de ces pays. Le climat n’est qu’un des facteurs déterminant la transmission. Les efforts de prévention, les campagnes de vaccination, les moustiquaires imprégnées, le diagnostic précoce et l’accès aux traitements resteront déterminants. Un bilan continental beaucoup plus nuancé À l’échelle de l’Afrique subsaharienne, l’étude ne conclut pas à une explosion générale du paludisme sous l’effet du réchauffement. Elle met plutôt en évidence un déplacement géographique du risque. Les chercheurs estiment que le changement climatique d’origine humaine a probablement entraîné une légère augmentation de la prévalence du paludisme infantile depuis le début du XXᵉ siècle. Mais cet effet reste faible et incertain lorsqu’il est considéré à l’échelle de l’ensemble du continent : l’étude estime à environ un cas supplémentaire pour 1 000 enfants l’effet net du changement climatique historique, avec une importante marge d’incertitude. Cette moyenne masque cependant de fortes différences régionales. L’Afrique de l’Est et l’Afrique australe apparaissent davantage exposées à une augmentation du risque, tandis que l’Afrique de l’Ouest et une partie de l’Afrique centrale pourraient connaître un mouvement inverse au fur et à mesure que les températures augmentent. Autrement dit, le changement climatique pourrait déplacer une partie du problème plutôt que simplement l’amplifier. Une maladie qui reste un enjeu majeur de santé publique Cette redistribution intervient alors que le paludisme demeure l’une des principales causes de mortalité infectieuse en Afrique. Selon l’Organisation mondiale de la santé, 282 millions de cas et 610 000 décès ont été estimés dans le monde en 2024. La région africaine de l’OMS représentait à elle seule environ 95 % des décès liés au paludisme, soit 579 000 morts. Les enfants de moins de cinq ans représentaient environ 75 % de ces décès. Le déplacement géographique du risque pourrait donc créer un nouveau défi pour les systèmes sanitaires. Dans les régions où le paludisme est historiquement moins présent, les populations et les services de santé pourraient être moins préparés à une augmentation de la transmission. Les zones montagneuses d’Afrique de l’Est constituent à cet égard un cas particulier. Une population moins exposée historiquement pourrait être confrontée à davantage de risques à mesure que les températures deviennent plus favorables au cycle du parasite. Réduire le réchauffement pour limiter les nouveaux risques L’étude souligne également que l’évolution future n’est pas entièrement déterminée. Les différents scénarios climatiques étudiés produisent des résultats sensiblement différents. Une limitation du réchauffement mondial à moins de 2 °C permettrait notamment de réduire les hausses projetées dans certaines régions d’Afrique australe et dans les zones de haute altitude d’Afrique de l’Est. À l’horizon 2100, les chercheurs estiment que cette limitation pourrait éviter en moyenne environ cinq cas supplémentaires pour 1 000 enfants dans ces territoires, par rapport à des scénarios de réchauffement plus élevé. La lutte contre le changement climatique apparaît ainsi comme un complément aux politiques classiques de lutte contre le paludisme. Les moustiquaires imprégnées, la surveillance épidémiologique, le diagnostic, les traitements et les vaccins continueront d’être essentiels. Mais les autorités sanitaires devront également tenir compte de l’évolution des conditions climatiques pour anticiper les nouveaux territoires à risque. Adapter la lutte contre le paludisme à une nouvelle géographie Le principal enseignement de cette recherche est donc moins une augmentation uniforme du paludisme qu’une transformation de sa géographie. À mesure que les températures évoluent, certaines zones aujourd’hui peu favorables à la transmission pourraient devenir plus vulnérables. Dans le même temps, des régions qui supportent actuellement une lourde charge pourraient progressivement connaître des conditions climatiques moins propices au parasite. Pour les pays africains, l’enjeu sera d’anticiper cette redistribution plutôt que de simplement répondre aux épidémies lorsqu’elles apparaissent. Cela suppose de renforcer les systèmes de surveillance, d’améliorer les capacités de diagnostic et de traitement et d’intégrer davantage les données climatiques aux politiques de santé publique. Le changement climatique pourrait donc redessiner la carte du paludisme africain. Mais la forme définitive de cette nouvelle carte dépendra aussi des choix réalisés aujourd’hui en matière de réduction des émissions, de prévention et de préparation des systèmes sanitaires..

⏱ Temps de lecture estimé : 9 minutes

Le réchauffement climatique ne fera pas nécessairement progresser le paludisme partout en Afrique. Une étude publiée dans Nature montre plutôt une redistribution géographique du risque, avec une hausse attendue dans certaines régions plus fraîches d’Afrique de l’Est et australe, tandis que plusieurs zones d’Afrique de l’Ouest et du Centre pourraient connaître un recul de la transmission.

Le changement climatique pourrait profondément modifier la géographie du paludisme en Afrique subsaharienne au cours des prochaines décennies. Dans certaines régions aujourd’hui relativement épargnées en raison de températures plus basses, le réchauffement pourrait créer des conditions favorables à la multiplication des moustiques vecteurs et au développement du parasite. À l’inverse, dans plusieurs territoires déjà fortement touchés, une hausse excessive des températures pourrait progressivement rendre l’environnement moins favorable à la transmission.

C’est l’une des principales conclusions d’une étude publiée le 29 juillet 2026 dans la revue scientifique Nature. Menée par des chercheurs de l’université Yale, de l’université de Californie et de l’université du Cap, cette recherche s’appuie sur plus d’un siècle de données cliniques et climatiques pour mesurer l’influence du changement climatique sur le paludisme infantile en Afrique subsaharienne.

Un risque directement lié à la température

Le paludisme est transmis par la piqûre de moustiques femelles du genre Anopheles. Son développement dépend fortement des conditions environnementales, notamment de la température. Selon l’étude, la transmission de Plasmodium falciparum, principal parasite responsable du paludisme en Afrique, atteint des conditions particulièrement favorables autour de 25 °C. Elle devient en revanche beaucoup moins probable lorsque les températures descendent sous environ 16 °C ou dépassent 34 °C.

Cette relation explique pourquoi le réchauffement climatique produit des effets différents selon les régions. Dans les zones montagneuses ou méridionales où les températures étaient jusqu’ici trop basses pendant une partie de l’année, quelques degrés supplémentaires peuvent prolonger la période durant laquelle les moustiques et le parasite peuvent se développer.

À l’inverse, dans certaines régions tropicales déjà très chaudes, une augmentation supplémentaire des températures pourrait réduire les conditions favorables à la transmission.

Le changement climatique ne signifie donc pas automatiquement davantage de paludisme partout sur le continent. Il pourrait surtout provoquer un déplacement progressif des zones où la maladie trouve les conditions nécessaires à sa propagation.

L’Afrique de l’Est et les hautes terres sous surveillance

Les régions de haute altitude d’Afrique de l’Est figurent parmi les territoires susceptibles de connaître une augmentation du risque. L’étude relève notamment une évolution dans certaines parties des hauts plateaux éthiopiens et de la région de la vallée du Rift.

Historiquement, l’altitude et les températures relativement basses ont limité la transmission du paludisme dans plusieurs de ces territoires. Mais l’augmentation des températures pourrait progressivement modifier cet équilibre.

Les auteurs observent déjà une influence du changement climatique sur la prévalence du paludisme dans certaines zones d’Afrique de l’Est. Pour les territoires situés à plus de 1 000 mètres d’altitude, l’étude estime que la prévalence a augmenté en moyenne de 0,81 point de pourcentage sous l’effet des évolutions climatiques étudiées. Dans certaines zones des hauts plateaux éthiopiens et de la vallée du Rift, les hausses sont estimées entre 1 et 2 points de pourcentage.

Les projections indiquent que cette tendance pourrait se poursuivre dans les prochaines décennies, notamment dans certaines parties du Kenya et de l’Éthiopie.

L’Afrique australe également exposée

L’Afrique australe pourrait elle aussi voir apparaître de nouveaux foyers ou connaître une intensification de la transmission dans certaines zones. L’étude identifie notamment des secteurs de l’Angola, de la Zambie et du nord-est de l’Afrique du Sud comme des régions susceptibles d’enregistrer une augmentation du risque.

Dans certains espaces côtiers d’Afrique australe, les chercheurs envisagent même des hausses localisées importantes de la prévalence à l’horizon 2100.

Ces projections doivent toutefois être interprétées avec prudence. Elles correspondent à des modèles climatiques et épidémiologiques soumis à plusieurs incertitudes. Elles ne signifient pas que chaque région concernée connaîtra mécaniquement une augmentation des cas. L’évolution réelle dépendra également des systèmes de santé, des programmes de prévention, de l’accès aux traitements, des comportements humains et de nombreux facteurs environnementaux.

Vers un recul dans certaines régions très touchées ?

Le phénomène pourrait prendre une direction différente dans plusieurs régions d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique centrale. Ces zones concentrent actuellement une part considérable du poids mondial du paludisme, mais leurs températures pourraient progressivement dépasser les conditions les plus favorables à la transmission.

Selon les projections de l’étude, l’Afrique de l’Ouest pourrait connaître une baisse de la prévalence du paludisme au cours du siècle. Dans un scénario de fortes émissions de gaz à effet de serre, la diminution pourrait atteindre 4,5 points de pourcentage à l’échelle régionale d’ici 2100.

Certaines régions d’Afrique centrale pourraient également enregistrer une baisse, quoique moins prononcée.

Le phénomène pourrait concerner notamment des territoires du Nigeria, du Burkina Faso et du Mali. Dans certaines zones du Sahel, une hausse importante des températures pourrait à terme rendre les conditions de survie des moustiques moins favorables.

Cette perspective ne signifie toutefois pas que le paludisme disparaîtra prochainement de ces pays. Le climat n’est qu’un des facteurs déterminant la transmission. Les efforts de prévention, les campagnes de vaccination, les moustiquaires imprégnées, le diagnostic précoce et l’accès aux traitements resteront déterminants.

Un bilan continental beaucoup plus nuancé

À l’échelle de l’Afrique subsaharienne, l’étude ne conclut pas à une explosion générale du paludisme sous l’effet du réchauffement. Elle met plutôt en évidence un déplacement géographique du risque.

Les chercheurs estiment que le changement climatique d’origine humaine a probablement entraîné une légère augmentation de la prévalence du paludisme infantile depuis le début du XXᵉ siècle. Mais cet effet reste faible et incertain lorsqu’il est considéré à l’échelle de l’ensemble du continent : l’étude estime à environ un cas supplémentaire pour 1 000 enfants l’effet net du changement climatique historique, avec une importante marge d’incertitude.

Cette moyenne masque cependant de fortes différences régionales. L’Afrique de l’Est et l’Afrique australe apparaissent davantage exposées à une augmentation du risque, tandis que l’Afrique de l’Ouest et une partie de l’Afrique centrale pourraient connaître un mouvement inverse au fur et à mesure que les températures augmentent.

Autrement dit, le changement climatique pourrait déplacer une partie du problème plutôt que simplement l’amplifier.

Une maladie qui reste un enjeu majeur de santé publique

Cette redistribution intervient alors que le paludisme demeure l’une des principales causes de mortalité infectieuse en Afrique. Selon l’Organisation mondiale de la santé, 282 millions de cas et 610 000 décès ont été estimés dans le monde en 2024. La région africaine de l’OMS représentait à elle seule environ 95 % des décès liés au paludisme, soit 579 000 morts. Les enfants de moins de cinq ans représentaient environ 75 % de ces décès.

Le déplacement géographique du risque pourrait donc créer un nouveau défi pour les systèmes sanitaires. Dans les régions où le paludisme est historiquement moins présent, les populations et les services de santé pourraient être moins préparés à une augmentation de la transmission.

Les zones montagneuses d’Afrique de l’Est constituent à cet égard un cas particulier. Une population moins exposée historiquement pourrait être confrontée à davantage de risques à mesure que les températures deviennent plus favorables au cycle du parasite.

Réduire le réchauffement pour limiter les nouveaux risques

L’étude souligne également que l’évolution future n’est pas entièrement déterminée. Les différents scénarios climatiques étudiés produisent des résultats sensiblement différents.

Une limitation du réchauffement mondial à moins de 2 °C permettrait notamment de réduire les hausses projetées dans certaines régions d’Afrique australe et dans les zones de haute altitude d’Afrique de l’Est. À l’horizon 2100, les chercheurs estiment que cette limitation pourrait éviter en moyenne environ cinq cas supplémentaires pour 1 000 enfants dans ces territoires, par rapport à des scénarios de réchauffement plus élevé.

La lutte contre le changement climatique apparaît ainsi comme un complément aux politiques classiques de lutte contre le paludisme.

Les moustiquaires imprégnées, la surveillance épidémiologique, le diagnostic, les traitements et les vaccins continueront d’être essentiels. Mais les autorités sanitaires devront également tenir compte de l’évolution des conditions climatiques pour anticiper les nouveaux territoires à risque.

Adapter la lutte contre le paludisme à une nouvelle géographie

Le principal enseignement de cette recherche est donc moins une augmentation uniforme du paludisme qu’une transformation de sa géographie.

À mesure que les températures évoluent, certaines zones aujourd’hui peu favorables à la transmission pourraient devenir plus vulnérables. Dans le même temps, des régions qui supportent actuellement une lourde charge pourraient progressivement connaître des conditions climatiques moins propices au parasite.

Pour les pays africains, l’enjeu sera d’anticiper cette redistribution plutôt que de simplement répondre aux épidémies lorsqu’elles apparaissent. Cela suppose de renforcer les systèmes de surveillance, d’améliorer les capacités de diagnostic et de traitement et d’intégrer davantage les données climatiques aux politiques de santé publique.

Le changement climatique pourrait donc redessiner la carte du paludisme africain. Mais la forme définitive de cette nouvelle carte dépendra aussi des choix réalisés aujourd’hui en matière de réduction des émissions, de prévention et de préparation des systèmes sanitaires.

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