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Or africain : la bataille du raffinage local se durcit entre États et géants miniers

Or africain : la bataille du raffinage local se durcit entre États et géants miniers. Article écrit par Éric Ngarlem Toldé. Publié le 2 octobre 2026à 17h40

⏱ Temps de lecture estimé : 9 minutes

De Bamako à Ouagadougou en passant par Abidjan, les pays producteurs veulent désormais transformer leur or sur place plutôt que de l’expédier sous forme brute. Une stratégie destinée à capter davantage de valeur, renforcer les recettes publiques et affirmer une souveraineté minière. Mais entre les ambitions des États et les intérêts des compagnies industrielles, le métal jaune n’a pas encore livré tous ses secrets.. L’Afrique de l’Ouest veut changer les règles du jeu aurifère. Pendant des décennies, une grande partie de l’or extrait du sous-sol africain a quitté le continent sous forme de métal brut ou de doré, avant d’être affiné dans les grands centres internationaux. Désormais, plusieurs États veulent installer les capacités nécessaires pour réaliser localement cette opération et récupérer une part plus importante de la valeur ajoutée. La tendance est particulièrement visible en Côte d’Ivoire, au Burkina Faso et au Mali. Ces trois pays, parmi les principaux producteurs d’or de la région, multiplient les projets de raffineries et cherchent à mieux contrôler les circuits de commercialisation. L’enjeu dépasse largement la construction de quelques bâtiments équipés de fours et de chaînes de traitement. Il touche aux recettes fiscales, à la traçabilité de l’or, au financement des économies nationales et, plus largement, à la souveraineté sur les ressources naturelles. Le mouvement intervient dans un contexte particulièrement favorable aux producteurs. Les cours internationaux de l’or ont atteint des niveaux historiques en 2026, donnant aux États une raison supplémentaire de vouloir conserver davantage de valeur sur leur territoire. La question n’est donc plus seulement de savoir combien de tonnes sont extraites. Elle consiste désormais à déterminer qui contrôle les étapes situées entre le trou creusé dans la terre et le lingot prêt à être commercialisé. Le Burkina Faso passe à l’acte À Ouagadougou, le discours sur la transformation locale s’est récemment matérialisé. Le Burkina Faso a inauguré, le 28 septembre 2026, sa première raffinerie d’or, Raffinor-BF. L’installation représente un investissement de plus de 11 milliards de francs CFA et affiche une capacité initiale annoncée de 164 tonnes par an, avec un objectif à terme de 515 tonnes. Le contraste est saisissant : la capacité théorique annoncée dépasse largement la production industrielle annuelle actuelle du pays. Les autorités misent donc non seulement sur la production nationale, mais également sur la récupération d’une partie de l’or issu de l’exploitation artisanale et des circuits régionaux. Le Burkina Faso a produit 94 tonnes d’or l’année précédente selon les données rapportées lors de l’inauguration de la raffinerie. Au premier semestre 2026, sa production industrielle avait atteint 26,752 tonnes, en hausse de 10,3 % sur un an. Le pays prévoyait alors 52,938 tonnes de production industrielle pour l’ensemble de l’année. La raffinerie apparaît ainsi comme un élément d’une stratégie plus large : extraire, traiter, certifier et commercialiser davantage de métal sur le continent plutôt que de laisser l’essentiel de la chaîne de valeur s’effectuer à l’étranger. Bamako veut reprendre la main Au Mali, l’ambition est encore plus directement liée à la réforme du secteur minier. Bamako a posé en juin 2025 la première pierre d’une raffinerie nationale d’or à Sénou. Le projet, porté dans le cadre d’une coopération avec des partenaires russes, doit permettre au pays de disposer d’une capacité nationale d’affinage. Les autorités présentent cette infrastructure comme un moyen de donner davantage de valeur à une ressource stratégique pour l’économie malienne. Cette volonté intervient après plusieurs années de bras de fer entre l’État et certains groupes miniers internationaux. Le nouveau Code minier malien vise notamment à augmenter la participation de l’État et à accroître les revenus tirés de l’exploitation des ressources. Les chiffres montrent pourtant que la puissance aurifère du Mali dépend encore fortement des compagnies industrielles. Après une baisse importante en 2025, la production industrielle a rebondi au premier semestre 2026, atteignant 23,5 tonnes, soit près de 30 % de plus qu’à la même période un an auparavant. Le gouvernement vise 43,2 tonnes sur l’ensemble de l’année. Le problème est donc posé avec une certaine brutalité économique : comment imposer un raffinage national à des groupes qui disposent déjà de chaînes internationales de traitement, de contrats commerciaux, de standards techniques et de débouchés établis ? Les grands groupes miniers ne se bousculent pas C’est ici que le rêve de souveraineté rencontre la réalité industrielle. Une raffinerie ne suffit pas à créer une filière intégrée. Encore faut-il qu’elle reçoive du minerai, qu’elle produise un métal répondant aux standards internationaux, que ses coûts soient compétitifs et que les producteurs aient intérêt à l’utiliser. Les grandes compagnies minières disposent généralement de contrats, de réseaux commerciaux et de partenaires internationaux déjà structurés. Elles peuvent donc regarder avec prudence les injonctions visant à rapatrier l’ensemble des opérations de raffinage. Pour les États, l’équation est pourtant claire. Plus l’or est transformé localement, plus ils espèrent conserver une partie de la valeur ajoutée, améliorer la traçabilité et réduire les sorties non contrôlées de métal précieux. Pour les opérateurs industriels, l’équation est différente : la sécurité des opérations, les coûts, la capacité technique, la fiabilité des infrastructures, les certifications internationales et la fluidité des exportations comptent autant que la volonté politique. Le débat ne porte donc pas simplement sur la souveraineté. Il porte aussi sur la compétitivité. L’autre bataille : l’orpaillage artisanal La question est encore plus complexe lorsqu’il s’agit de l’or artisanal. En Côte d’Ivoire, l’État tente actuellement de reprendre le contrôle d’une activité clandestine devenue profondément enracinée dans certaines zones rurales. Le gouvernement s’est donné six mois pour éradiquer l’orpaillage illégal, alors que la production légale du pays est passée de 18 tonnes en 2014 à 58 tonnes en 2024. Parallèlement, l’ONG Swissaid estime que 30 à 40 tonnes pourraient encore sortir clandestinement du pays chaque année. Cette situation illustre l’un des principaux paradoxes du raffinage local : il est inutile de construire une raffinerie ultramoderne si une partie significative de la production échappe au système officiel. L’or clandestin peut emprunter des circuits régionaux avant de rejoindre notamment les Émirats arabes unis ou d’autres centres commerciaux. Il échappe alors à la fiscalité et aux mécanismes de traçabilité nationaux. La lutte contre ces flux devient donc une composante essentielle de la politique de raffinage. Une ambition africaine encore confrontée aux réalités Le phénomène dépasse largement les trois pays La Guinée a également renforcé sa volonté de transformer localement son or, tandis que le Ghana dispose désormais d’une raffinerie commerciale. À l’échelle continentale, l’objectif est de réduire une anomalie persistante : l’Afrique représente une part importante de la production aurifère mondiale, mais une proportion beaucoup plus faible du raffinage. Le potentiel économique est considérable. Raffiner localement signifie pouvoir développer des emplois spécialisés, des services financiers, des activités logistiques, des laboratoires d’analyse, des sociétés de certification et de nouvelles compétences industrielles. Mais il ne faut pas confondre capacité installée et valeur réellement captée. Une usine peut tourner à moitié vide. Une raffinerie peut être techniquement performante mais économiquement peu compétitive. Une production nationale peut également rester dépendante de circuits commerciaux étrangers pour trouver des acheteurs. Le véritable test sera donc celui du volume traité, de la compétitivité et de la confiance des producteurs. La souveraineté ne se décrète pas avec un four. Le discours sur la souveraineté minière séduit parce qu’il répond à une frustration ancienne : celle d’un continent riche en ressources naturelles mais qui exporte encore une grande partie de ses matières premières sans transformation suffisante. Cependant, transformer cette frustration en politique industrielle exige davantage que des inaugurations officielles. Il faut des infrastructures électriques fiables, des laboratoires capables de certifier les lingots, des normes compatibles avec les marchés internationaux, une fiscalité lisible, une sécurité juridique et des mécanismes efficaces de traçabilité. Il faut également convaincre les producteurs artisanaux. En Côte d’Ivoire, les recherches menées sur l’orpaillage montrent que cette activité est profondément imbriquée dans l’économie rurale. La répression seule risque donc de déplacer les circuits plutôt que de les faire disparaître. La mécanisation et la formalisation apparaissent parmi les pistes envisagées pour rapprocher une partie de la petite exploitation des standards industriels. Le pari du métal jaune Le boom des raffineries traduit finalement une mutation du rapport de force autour de l’or africain. Hier, la priorité était d’extraire. Aujourd’hui, les États veulent aussi transformer. Demain, l’objectif pourrait être de contrôler davantage la commercialisation, la certification et le financement du métal précieux. La bataille ne sera toutefois pas gagnée à coups de discours sur la souveraineté. Elle se jouera sur les coûts, la technologie, la transparence, la traçabilité et la capacité à offrir aux producteurs des conditions suffisamment compétitives pour qu’ils choisissent volontairement les raffineries nationales. Le Burkina Faso vient d’ouvrir une nouvelle page avec Raffinor-BF. Le Mali poursuit son projet de raffinerie nationale. La Côte d’Ivoire, de son côté, cherche à mieux contrôler une production aurifère en forte croissance tout en combattant les circuits clandestins. Le message adressé aux géants miniers est limpide : l’Afrique ne veut plus seulement être le lieu où l’on creuse pour extraire de l’or. Elle veut aussi devenir le lieu où l’on transforme et où l’on capte une part plus importante de la richesse. Reste à savoir si les raffineries africaines parviendront à transformer cette ambition politique en réalité économique. Car, dans l’industrie aurifère, le lingot peut être local ; la chaîne de valeur, elle, reste encore largement mondiale..

⏱ Temps de lecture estimé : 9 minutes

De Bamako à Ouagadougou en passant par Abidjan, les pays producteurs veulent désormais transformer leur or sur place plutôt que de l’expédier sous forme brute. Une stratégie destinée à capter davantage de valeur, renforcer les recettes publiques et affirmer une souveraineté minière. Mais entre les ambitions des États et les intérêts des compagnies industrielles, le métal jaune n’a pas encore livré tous ses secrets.

L’Afrique de l’Ouest veut changer les règles du jeu aurifère. Pendant des décennies, une grande partie de l’or extrait du sous-sol africain a quitté le continent sous forme de métal brut ou de doré, avant d’être affiné dans les grands centres internationaux. Désormais, plusieurs États veulent installer les capacités nécessaires pour réaliser localement cette opération et récupérer une part plus importante de la valeur ajoutée.

La tendance est particulièrement visible en Côte d’Ivoire, au Burkina Faso et au Mali. Ces trois pays, parmi les principaux producteurs d’or de la région, multiplient les projets de raffineries et cherchent à mieux contrôler les circuits de commercialisation. L’enjeu dépasse largement la construction de quelques bâtiments équipés de fours et de chaînes de traitement. Il touche aux recettes fiscales, à la traçabilité de l’or, au financement des économies nationales et, plus largement, à la souveraineté sur les ressources naturelles.

Le mouvement intervient dans un contexte particulièrement favorable aux producteurs. Les cours internationaux de l’or ont atteint des niveaux historiques en 2026, donnant aux États une raison supplémentaire de vouloir conserver davantage de valeur sur leur territoire. La question n’est donc plus seulement de savoir combien de tonnes sont extraites. Elle consiste désormais à déterminer qui contrôle les étapes situées entre le trou creusé dans la terre et le lingot prêt à être commercialisé.

Le Burkina Faso passe à l’acte

À Ouagadougou, le discours sur la transformation locale s’est récemment matérialisé. Le Burkina Faso a inauguré, le 28 septembre 2026, sa première raffinerie d’or, Raffinor-BF. L’installation représente un investissement de plus de 11 milliards de francs CFA et affiche une capacité initiale annoncée de 164 tonnes par an, avec un objectif à terme de 515 tonnes.

Le contraste est saisissant : la capacité théorique annoncée dépasse largement la production industrielle annuelle actuelle du pays. Les autorités misent donc non seulement sur la production nationale, mais également sur la récupération d’une partie de l’or issu de l’exploitation artisanale et des circuits régionaux.

Le Burkina Faso a produit 94 tonnes d’or l’année précédente selon les données rapportées lors de l’inauguration de la raffinerie. Au premier semestre 2026, sa production industrielle avait atteint 26,752 tonnes, en hausse de 10,3 % sur un an. Le pays prévoyait alors 52,938 tonnes de production industrielle pour l’ensemble de l’année.

La raffinerie apparaît ainsi comme un élément d’une stratégie plus large : extraire, traiter, certifier et commercialiser davantage de métal sur le continent plutôt que de laisser l’essentiel de la chaîne de valeur s’effectuer à l’étranger.

Bamako veut reprendre la main

Au Mali, l’ambition est encore plus directement liée à la réforme du secteur minier. Bamako a posé en juin 2025 la première pierre d’une raffinerie nationale d’or à Sénou. Le projet, porté dans le cadre d’une coopération avec des partenaires russes, doit permettre au pays de disposer d’une capacité nationale d’affinage. Les autorités présentent cette infrastructure comme un moyen de donner davantage de valeur à une ressource stratégique pour l’économie malienne.

Cette volonté intervient après plusieurs années de bras de fer entre l’État et certains groupes miniers internationaux. Le nouveau Code minier malien vise notamment à augmenter la participation de l’État et à accroître les revenus tirés de l’exploitation des ressources.

Les chiffres montrent pourtant que la puissance aurifère du Mali dépend encore fortement des compagnies industrielles. Après une baisse importante en 2025, la production industrielle a rebondi au premier semestre 2026, atteignant 23,5 tonnes, soit près de 30 % de plus qu’à la même période un an auparavant. Le gouvernement vise 43,2 tonnes sur l’ensemble de l’année.

Le problème est donc posé avec une certaine brutalité économique : comment imposer un raffinage national à des groupes qui disposent déjà de chaînes internationales de traitement, de contrats commerciaux, de standards techniques et de débouchés établis ?

Les grands groupes miniers ne se bousculent pas

C’est ici que le rêve de souveraineté rencontre la réalité industrielle.

Une raffinerie ne suffit pas à créer une filière intégrée. Encore faut-il qu’elle reçoive du minerai, qu’elle produise un métal répondant aux standards internationaux, que ses coûts soient compétitifs et que les producteurs aient intérêt à l’utiliser.

Les grandes compagnies minières disposent généralement de contrats, de réseaux commerciaux et de partenaires internationaux déjà structurés. Elles peuvent donc regarder avec prudence les injonctions visant à rapatrier l’ensemble des opérations de raffinage.

Pour les États, l’équation est pourtant claire. Plus l’or est transformé localement, plus ils espèrent conserver une partie de la valeur ajoutée, améliorer la traçabilité et réduire les sorties non contrôlées de métal précieux.

Pour les opérateurs industriels, l’équation est différente : la sécurité des opérations, les coûts, la capacité technique, la fiabilité des infrastructures, les certifications internationales et la fluidité des exportations comptent autant que la volonté politique.

Le débat ne porte donc pas simplement sur la souveraineté. Il porte aussi sur la compétitivité.

L’autre bataille : l’orpaillage artisanal

La question est encore plus complexe lorsqu’il s’agit de l’or artisanal.

En Côte d’Ivoire, l’État tente actuellement de reprendre le contrôle d’une activité clandestine devenue profondément enracinée dans certaines zones rurales. Le gouvernement s’est donné six mois pour éradiquer l’orpaillage illégal, alors que la production légale du pays est passée de 18 tonnes en 2014 à 58 tonnes en 2024. Parallèlement, l’ONG Swissaid estime que 30 à 40 tonnes pourraient encore sortir clandestinement du pays chaque année.

Cette situation illustre l’un des principaux paradoxes du raffinage local : il est inutile de construire une raffinerie ultramoderne si une partie significative de la production échappe au système officiel.

L’or clandestin peut emprunter des circuits régionaux avant de rejoindre notamment les Émirats arabes unis ou d’autres centres commerciaux. Il échappe alors à la fiscalité et aux mécanismes de traçabilité nationaux.

La lutte contre ces flux devient donc une composante essentielle de la politique de raffinage.

Une ambition africaine encore confrontée aux réalités

Le phénomène dépasse largement les trois pays

La Guinée a également renforcé sa volonté de transformer localement son or, tandis que le Ghana dispose désormais d’une raffinerie commerciale. À l’échelle continentale, l’objectif est de réduire une anomalie persistante : l’Afrique représente une part importante de la production aurifère mondiale, mais une proportion beaucoup plus faible du raffinage.

Le potentiel économique est considérable. Raffiner localement signifie pouvoir développer des emplois spécialisés, des services financiers, des activités logistiques, des laboratoires d’analyse, des sociétés de certification et de nouvelles compétences industrielles.

Mais il ne faut pas confondre capacité installée et valeur réellement captée.

Une usine peut tourner à moitié vide. Une raffinerie peut être techniquement performante mais économiquement peu compétitive. Une production nationale peut également rester dépendante de circuits commerciaux étrangers pour trouver des acheteurs.

Le véritable test sera donc celui du volume traité, de la compétitivité et de la confiance des producteurs.

La souveraineté ne se décrète pas avec un four.

Le discours sur la souveraineté minière séduit parce qu’il répond à une frustration ancienne : celle d’un continent riche en ressources naturelles mais qui exporte encore une grande partie de ses matières premières sans transformation suffisante.

Cependant, transformer cette frustration en politique industrielle exige davantage que des inaugurations officielles.

Il faut des infrastructures électriques fiables, des laboratoires capables de certifier les lingots, des normes compatibles avec les marchés internationaux, une fiscalité lisible, une sécurité juridique et des mécanismes efficaces de traçabilité.

Il faut également convaincre les producteurs artisanaux. En Côte d’Ivoire, les recherches menées sur l’orpaillage montrent que cette activité est profondément imbriquée dans l’économie rurale. La répression seule risque donc de déplacer les circuits plutôt que de les faire disparaître.

La mécanisation et la formalisation apparaissent parmi les pistes envisagées pour rapprocher une partie de la petite exploitation des standards industriels.

Le pari du métal jaune

Le boom des raffineries traduit finalement une mutation du rapport de force autour de l’or africain.

Hier, la priorité était d’extraire. Aujourd’hui, les États veulent aussi transformer. Demain, l’objectif pourrait être de contrôler davantage la commercialisation, la certification et le financement du métal précieux.

La bataille ne sera toutefois pas gagnée à coups de discours sur la souveraineté. Elle se jouera sur les coûts, la technologie, la transparence, la traçabilité et la capacité à offrir aux producteurs des conditions suffisamment compétitives pour qu’ils choisissent volontairement les raffineries nationales.

Le Burkina Faso vient d’ouvrir une nouvelle page avec Raffinor-BF. Le Mali poursuit son projet de raffinerie nationale. La Côte d’Ivoire, de son côté, cherche à mieux contrôler une production aurifère en forte croissance tout en combattant les circuits clandestins.

Le message adressé aux géants miniers est limpide : l’Afrique ne veut plus seulement être le lieu où l’on creuse pour extraire de l’or. Elle veut aussi devenir le lieu où l’on transforme et où l’on capte une part plus importante de la richesse.

Reste à savoir si les raffineries africaines parviendront à transformer cette ambition politique en réalité économique. Car, dans l’industrie aurifère, le lingot peut être local ; la chaîne de valeur, elle, reste encore largement mondiale.

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