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Un mois après la disparition de Moussa Kaka, directeur de la Radio Télévision Saraounia et figure connue du journalisme nigérien, Reporters sans frontières (RSF) hausse le ton. L’organisation a saisi le Groupe de travail des Nations unies sur les disparitions forcées ou involontaires, faute d’informations publiques sur le sort du journaliste. À Niamey, l’inquiétude de ses proches et de ses confrères grandit, tandis que le silence des autorités nourrit les interrogations.. Où est Moussa Kaka ? Un mois après sa disparition, la question demeure sans réponse. Au Niger, le silence entourant le sort du directeur de la Radio Télévision Saraounia inquiète profondément sa famille, ses collègues et les organisations de défense de la liberté de la presse. Face à l’absence d’informations officielles, Reporters sans frontières (RSF) a décidé de porter l’affaire devant les Nations unies. L’organisation de défense de la liberté de la presse annonce avoir saisi, le 28 septembre, le Groupe de travail des Nations unies sur les disparitions forcées ou involontaires, relevant du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme. Une démarche qui intervient après plusieurs appels publics adressés aux autorités nigériennes pour qu’elles fassent la lumière sur cette disparition. Pour RSF, le temps presse. « Moussa Kaka est porté disparu depuis un mois. Sa famille, ses amis et ses collègues de Radio Télévision Saraounia vivent dans une angoisse terrible », a déclaré Sadibou Marong, directeur du bureau Afrique subsaharienne de RSF. L’organisation demande au mécanisme onusien d’intervenir auprès des autorités nigériennes afin qu’une enquête soit ouverte ou que des informations soient communiquées sur les circonstances de la disparition du journaliste. Une disparition qui remonte au 30 août Moussa Kaka, journaliste expérimenté qui exerce cette profession depuis environ 40 ans, a disparu le 30 août à Niamey. Selon les éléments communiqués par RSF, il venait de quitter son bureau situé dans le quartier de Kalley Est et devait regagner son domicile à Lossogoungou. Il n’y est jamais arrivé. Son véhicule personnel n’a, lui non plus, pas été retrouvé, selon les informations communiquées par l’organisation. Dès le lendemain, ses proches ont entrepris des recherches dans plusieurs hôpitaux et commissariats de la capitale, sans obtenir d’éléments permettant de localiser le journaliste. La disparition est intervenue deux jours après une mutinerie signalée dans plusieurs installations militaires à Niamey. La concomitance de ces événements constitue un élément du contexte dans lequel s’inscrit la disparition de Moussa Kaka. Elle ne permet toutefois pas, à elle seule, d’établir les circonstances exactes de celle-ci ni d’en attribuer la responsabilité. Cette prudence est d’autant plus nécessaire que, depuis le 30 août, aucune information publique permettant de déterminer avec certitude ce qui est arrivé au journaliste n’a été communiquée. RSF multiplie les démarches La saisine du mécanisme onusien ne constitue pas la première démarche internationale entreprise par RSF. Le 16 septembre, l’organisation avait déjà saisi la rapporteuse spéciale sur la liberté d’expression et l’accès à l’information de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples, Ourveena Geereesha Topsy-Sonoo. RSF entend ainsi multiplier les canaux de pression institutionnelle pour obtenir des réponses sur le sort du journaliste. « Les autorités doivent réagir et tout mettre en œuvre pour que Moussa Kaka puisse retrouver les siens au plus vite », insiste Sadibou Marong. Derrière cette demande, c’est aussi la question de la protection des journalistes qui se pose. Moussa Kaka n’est pas un nouveau venu dans le paysage médiatique nigérien. Avant de diriger la Radio Télévision Saraounia, il a notamment travaillé comme correspondant de Radio France internationale (RFI) et de RSF. Son parcours professionnel en fait une personnalité connue du monde de la presse nigérienne et régionale. Une inquiétude qui gagne la société civile L’affaire suscite également des inquiétudes au sein des organisations de la société civile et des médias. Le Groupement des organisations de la société civile et des médias (G25-Niger) a pris position le 29 septembre sur cette disparition. Selon les éléments communiqués, la plupart des membres de ce regroupement préfèrent conserver l’anonymat pour des raisons de sécurité. Une précaution qui illustre, à elle seule, les tensions auxquelles peuvent être confrontés les acteurs de la société civile et les professionnels des médias dans le contexte nigérien actuel. La disparition d’un journaliste sans explication publique soulève inévitablement des interrogations. Elle met également les autorités devant une responsabilité essentielle : fournir des informations vérifiables à la famille et à l’opinion publique et, si nécessaire, diligenter les investigations permettant d’établir les faits. Car une disparition ne saurait devenir une information sans lendemain. Le silence officiel au cœur des interrogations Pour l’heure, l’absence de communication claire sur le sort de Moussa Kaka constitue le principal point d’inquiétude. Les recherches menées par ses proches au lendemain de sa disparition n’ont pas permis de le retrouver, tandis que les organisations de défense de la presse continuent de réclamer des explications. La saisine du Groupe de travail de l’ONU intervient donc dans un contexte où les informations disponibles demeurent particulièrement limitées. Le mécanisme onusien sur les disparitions forcées ou involontaires peut transmettre des demandes aux États concernés afin d’obtenir des informations sur les personnes portées disparues et de contribuer à clarifier leur situation. Sa saisine ne constitue toutefois pas, en elle-même, une conclusion sur les circonstances de la disparition de Moussa Kaka. C’est précisément là que se situe l’enjeu : établir les faits. Une famille dans l’attente Pour les proches du journaliste, chaque journée supplémentaire sans nouvelles transforme l’attente en épreuve. Pour ses collègues, la disparition d’un professionnel ayant consacré quatre décennies au journalisme dépasse également le seul cadre familial. Elle pose une question fondamentale : dans quelles circonstances un journaliste peut-il disparaître sans que les autorités apportent rapidement des éléments permettant de savoir où il se trouve ? RSF demande désormais aux autorités nigériennes de répondre à cette question. L’organisation appelle à l’ouverture d’une enquête et à la communication des informations disponibles. À Niamey comme au-delà des frontières nigériennes, l’attention se porte donc désormais sur les autorités et sur leur capacité à faire la lumière sur cette affaire. Un mois après sa disparition, Moussa Kaka reste introuvable. Et tant que les faits ne seront pas établis, une question demeurera suspendue au-dessus de la capitale nigérienne : qu’est-il arrivé au journaliste après avoir quitté son bureau le 30 août 2026 ?.⏱ Temps de lecture estimé : 7 minutes
Où est Moussa Kaka ? Un mois après sa disparition, la question demeure sans réponse. Au Niger, le silence entourant le sort du directeur de la Radio Télévision Saraounia inquiète profondément sa famille, ses collègues et les organisations de défense de la liberté de la presse. Face à l’absence d’informations officielles, Reporters sans frontières (RSF) a décidé de porter l’affaire devant les Nations unies.
L’organisation de défense de la liberté de la presse annonce avoir saisi, le 28 septembre, le Groupe de travail des Nations unies sur les disparitions forcées ou involontaires, relevant du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme. Une démarche qui intervient après plusieurs appels publics adressés aux autorités nigériennes pour qu’elles fassent la lumière sur cette disparition.
Pour RSF, le temps presse. « Moussa Kaka est porté disparu depuis un mois. Sa famille, ses amis et ses collègues de Radio Télévision Saraounia vivent dans une angoisse terrible », a déclaré Sadibou Marong, directeur du bureau Afrique subsaharienne de RSF.
L’organisation demande au mécanisme onusien d’intervenir auprès des autorités nigériennes afin qu’une enquête soit ouverte ou que des informations soient communiquées sur les circonstances de la disparition du journaliste.
Une disparition qui remonte au 30 août
Moussa Kaka, journaliste expérimenté qui exerce cette profession depuis environ 40 ans, a disparu le 30 août à Niamey. Selon les éléments communiqués par RSF, il venait de quitter son bureau situé dans le quartier de Kalley Est et devait regagner son domicile à Lossogoungou.
Il n’y est jamais arrivé.
Son véhicule personnel n’a, lui non plus, pas été retrouvé, selon les informations communiquées par l’organisation. Dès le lendemain, ses proches ont entrepris des recherches dans plusieurs hôpitaux et commissariats de la capitale, sans obtenir d’éléments permettant de localiser le journaliste.
La disparition est intervenue deux jours après une mutinerie signalée dans plusieurs installations militaires à Niamey. La concomitance de ces événements constitue un élément du contexte dans lequel s’inscrit la disparition de Moussa Kaka. Elle ne permet toutefois pas, à elle seule, d’établir les circonstances exactes de celle-ci ni d’en attribuer la responsabilité.
Cette prudence est d’autant plus nécessaire que, depuis le 30 août, aucune information publique permettant de déterminer avec certitude ce qui est arrivé au journaliste n’a été communiquée.
RSF multiplie les démarches
La saisine du mécanisme onusien ne constitue pas la première démarche internationale entreprise par RSF. Le 16 septembre, l’organisation avait déjà saisi la rapporteuse spéciale sur la liberté d’expression et l’accès à l’information de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples, Ourveena Geereesha Topsy-Sonoo.
RSF entend ainsi multiplier les canaux de pression institutionnelle pour obtenir des réponses sur le sort du journaliste.
« Les autorités doivent réagir et tout mettre en œuvre pour que Moussa Kaka puisse retrouver les siens au plus vite », insiste Sadibou Marong.
Derrière cette demande, c’est aussi la question de la protection des journalistes qui se pose. Moussa Kaka n’est pas un nouveau venu dans le paysage médiatique nigérien. Avant de diriger la Radio Télévision Saraounia, il a notamment travaillé comme correspondant de Radio France internationale (RFI) et de RSF.
Son parcours professionnel en fait une personnalité connue du monde de la presse nigérienne et régionale.
Une inquiétude qui gagne la société civile
L’affaire suscite également des inquiétudes au sein des organisations de la société civile et des médias. Le Groupement des organisations de la société civile et des médias (G25-Niger) a pris position le 29 septembre sur cette disparition.
Selon les éléments communiqués, la plupart des membres de ce regroupement préfèrent conserver l’anonymat pour des raisons de sécurité. Une précaution qui illustre, à elle seule, les tensions auxquelles peuvent être confrontés les acteurs de la société civile et les professionnels des médias dans le contexte nigérien actuel.
La disparition d’un journaliste sans explication publique soulève inévitablement des interrogations. Elle met également les autorités devant une responsabilité essentielle : fournir des informations vérifiables à la famille et à l’opinion publique et, si nécessaire, diligenter les investigations permettant d’établir les faits.
Car une disparition ne saurait devenir une information sans lendemain.
Le silence officiel au cœur des interrogations
Pour l’heure, l’absence de communication claire sur le sort de Moussa Kaka constitue le principal point d’inquiétude. Les recherches menées par ses proches au lendemain de sa disparition n’ont pas permis de le retrouver, tandis que les organisations de défense de la presse continuent de réclamer des explications.
La saisine du Groupe de travail de l’ONU intervient donc dans un contexte où les informations disponibles demeurent particulièrement limitées.
Le mécanisme onusien sur les disparitions forcées ou involontaires peut transmettre des demandes aux États concernés afin d’obtenir des informations sur les personnes portées disparues et de contribuer à clarifier leur situation. Sa saisine ne constitue toutefois pas, en elle-même, une conclusion sur les circonstances de la disparition de Moussa Kaka.
C’est précisément là que se situe l’enjeu : établir les faits.
Une famille dans l’attente
Pour les proches du journaliste, chaque journée supplémentaire sans nouvelles transforme l’attente en épreuve. Pour ses collègues, la disparition d’un professionnel ayant consacré quatre décennies au journalisme dépasse également le seul cadre familial.
Elle pose une question fondamentale : dans quelles circonstances un journaliste peut-il disparaître sans que les autorités apportent rapidement des éléments permettant de savoir où il se trouve ?
RSF demande désormais aux autorités nigériennes de répondre à cette question. L’organisation appelle à l’ouverture d’une enquête et à la communication des informations disponibles.
À Niamey comme au-delà des frontières nigériennes, l’attention se porte donc désormais sur les autorités et sur leur capacité à faire la lumière sur cette affaire.
Un mois après sa disparition, Moussa Kaka reste introuvable. Et tant que les faits ne seront pas établis, une question demeurera suspendue au-dessus de la capitale nigérienne : qu’est-il arrivé au journaliste après avoir quitté son bureau le 30 août 2026 ?