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Treize kilogrammes sept cents grammes d'or. Deux entreprises minières qui affirment être en règle. Et, plusieurs mois après les faits, aucune explication publique des autorités. L'affaire des saisies de Zinder et de Dosso pose une question simple : sur quelle base ces cargaisons restent-elles retenues ? Par Moussa Mahamadou Nazirou.. Le 14 décembre 2024, un convoyeur des Établissements Gado Moumouni (Fonderie Nouvelle) est intercepté à l’entrée de Zinder avec 9,3 kg d’or appartenant à l’entreprise. La marchandise est transférée à la Direction régionale des douanes, puis à la Direction générale des douanes à Niamey. L’entreprise affirme disposer de l’ensemble des documents requis : agrément de commercialisation délivré par le ministère des Mines, déclaration d’achat, récépissé de dépôt, quittance de taxe de commercialisation. Fait notable : le 5 mai 2025, dans une correspondance officielle, le directeur général des Douanes de l’époque, le colonel Amadou Djimrao, reconnaît que l’infraction reprochée n’était pas légalement fondée, et demande la levée de la rétention. Un an et demi après la saisie, et malgré un recours gracieux adressé le 18 août 2025 au président de la République, le général d’armée Abdourahamane Tiani, l’or n’a toujours pas été restitué. Une décision administrative reconnaissant l’absence d’infraction, mais restée sans exécution — la question de savoir pourquoi mérite une réponse. Dosso : une saisie sans document remis Le 10 juin 2026, 4,4 kg d’or appartenant à la société ALIA MINING EXPORT-SARL sont saisis à l’entrée de Dosso, puis transférés à la Direction de la police judiciaire à Niamey. L’entreprise revendique également un agrément en règle et une situation fiscale apurée. Elle affirme surtout qu’aucun document officiel attestant la saisie ne lui a été remis — une absence de trace administrative qui, à elle seule, interroge sur la régularité de l’opération. Un problème qui dépasserait ces deux dossiers Ces deux affaires ne seraient pas isolées. Des orpailleurs venus vendre leur production à Niamey seraient régulièrement interceptés au retour vers leurs sites, avec saisie des sommes en leur possession. Dans des zones sans accès bancaire ni solution de transfert adaptée, le transport d’espèces reste souvent leur seul moyen de financer carburant, vivres, matériel et salaires. Une pratique qui, si elle se confirme, pèse directement sur l’activité de filières entières. Les questions qui restent posées ● Sur quelle base légale précise ces deux cargaisons sont-elles retenues ? ● Pourquoi saisir des marchandises dûment déclarées et taxées ? ● Où se trouvent aujourd’hui les 13,7 kg d’or, et qui en assure la garde ? ● L’or a-t-il été pesé, scellé, inventorié sous contrôle contradictoire ? ● Pourquoi la décision de restitution du DG des Douanes n’a-t-elle pas été exécutée ? ● Existe-t-il une décision judiciaire justifiant le maintien de la rétention ? ● Pourquoi ALIA MINING n’a reçu aucun document attestant la confiscation ? ● Que conclut le rapport d’enquête de la police judiciaire, et pourquoi n’est-il pas rendu public ? Ce que les autorités doivent clarifier Soit des éléments légaux justifient la rétention, et ils doivent être communiqués aux entreprises concernées. Soit aucune infraction n’est établie, et l’or doit être restitué à ses propriétaires. En l’absence de réponse, le doute — et son coût pour la confiance des acteurs du secteur — continue de s’installer..⏱ Temps de lecture estimé : 4 minutes
Le 14 décembre 2024, un convoyeur des Établissements Gado Moumouni (Fonderie Nouvelle) est intercepté à l’entrée de Zinder avec 9,3 kg d’or appartenant à l’entreprise. La marchandise est transférée à la Direction régionale des douanes, puis à la Direction générale des douanes à Niamey.
L’entreprise affirme disposer de l’ensemble des documents requis : agrément de commercialisation délivré par le ministère des Mines, déclaration d’achat, récépissé de dépôt, quittance de taxe de commercialisation.
Fait notable : le 5 mai 2025, dans une correspondance officielle, le directeur général des Douanes de l’époque, le colonel Amadou Djimrao, reconnaît que l’infraction reprochée n’était pas légalement fondée, et demande la levée de la rétention.
Un an et demi après la saisie, et malgré un recours gracieux adressé le 18 août 2025 au président de la République, le général d’armée Abdourahamane Tiani, l’or n’a toujours pas été restitué. Une décision administrative reconnaissant l’absence d’infraction, mais restée sans exécution — la question de savoir pourquoi mérite une réponse.
Dosso : une saisie sans document remis
Le 10 juin 2026, 4,4 kg d’or appartenant à la société ALIA MINING EXPORT-SARL sont saisis à l’entrée de Dosso, puis transférés à la Direction de la police judiciaire à Niamey.
L’entreprise revendique également un agrément en règle et une situation fiscale apurée. Elle affirme surtout qu’aucun document officiel attestant la saisie ne lui a été remis — une absence de trace administrative qui, à elle seule, interroge sur la régularité de l’opération.
Un problème qui dépasserait ces deux dossiers
Ces deux affaires ne seraient pas isolées. Des orpailleurs venus vendre leur production à Niamey seraient régulièrement interceptés au retour vers leurs sites, avec saisie des sommes en leur possession. Dans des zones sans accès bancaire ni solution de transfert adaptée, le transport d’espèces reste souvent leur seul moyen de financer carburant, vivres, matériel et salaires. Une pratique qui, si elle se confirme, pèse directement sur l’activité de filières entières.
Les questions qui restent posées
● Sur quelle base légale précise ces deux cargaisons sont-elles retenues ?
● Pourquoi saisir des marchandises dûment déclarées et taxées ?
● Où se trouvent aujourd’hui les 13,7 kg d’or, et qui en assure la garde ?
● L’or a-t-il été pesé, scellé, inventorié sous contrôle contradictoire ?
● Pourquoi la décision de restitution du DG des Douanes n’a-t-elle pas été exécutée ?
● Existe-t-il une décision judiciaire justifiant le maintien de la rétention ?
● Pourquoi ALIA MINING n’a reçu aucun document attestant la confiscation ?
● Que conclut le rapport d’enquête de la police judiciaire, et pourquoi n’est-il pas rendu public ?
Ce que les autorités doivent clarifier
Soit des éléments légaux justifient la rétention, et ils doivent être communiqués aux entreprises concernées. Soit aucune infraction n’est établie, et l’or doit être restitué à ses propriétaires. En l’absence de réponse, le doute — et son coût pour la confiance des acteurs du secteur — continue de s’installer.