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« Il restera à jamais le premier à avoir inscrit un but en coupe d’Europe pour le Paris Saint-Germain. C’était le 28 septembre 1982 et ce soir-là, Nambatingue Toko avait trouvé la faille à deux reprises face au Lokomotiv Sofia ».. À la suite de l’ancien président délégué du club parisien Michel Denisot qui a rendu public son décès et a fait part de sa « grande tristesse », ce rappel historique du quotidien français en ligne www.sports.fr met en exergue ce qui fut sans doute le plus haut fait d’armes footballistique de Nambatingue Tokomon Dieudonné, dit Toko. Ce footballeur de génie, les médias français et les supporteurs du club mythique de la capitale française le surnommaient « l’indomptable ». À 73 ans, ce pionnier et cette icône du football africain a définitivement quitté les stades pour un repos éternel, après une brillante et prestigieuse carrière qu’il aura entièrement menée en France. Retour sur le parcours de Toko Il est important de situer le contexte historique de son rayonnement sur les plus grandes pelouses d’Europe et l’immense vide que crée sa disparition pour avoir la juste mesure de son parcours. En effet, Nambatingue Toko se retrouve sociétaire d’un club de football en France à une époque de l’histoire du football africain où ils sont rarissimes les Africains qui évoluent dans les championnats européens, encore moins français. Parmi les rares icônes qui peuvent se targuer d’un tel prestige à cette époque on peut citer notamment Roger Milla, Salif Keita, Eugène Njoh Léa. À l’intérieur du continent africain, si la pratique du football remonte aux premières années de la colonisation, son organisation demeure rudimentaire et les structures d’encadrement et de promotion quasi inexistantes. C’est donc parti d’un véritable désert en termes d’outils de diffusion du football et de valorisation des talents en Afrique que Nambatingue Toko arrive en France le 30 décembre 1973 à l’âge de 21 ans et commence sa carrière au club d’Albi en 1974. Une année plus tard, il signe à l’OGC Nice où il évoluera de 1975 à 1978 et dispute sa première finale de coupe de France face à l’AS Nancy qui l’emportera sur le score étriqué de 1 à 0. Il rejoindra ensuite brièvement les Girondins de Bordeaux puis le RC Strasbourg où il connaîtra son premier sacre dans le championnat français de première division. Avec le club alsacien, ils seront sacrés champions de France en 1979. Il rejoint ensuite Valenciennes où aura également évolué un certain Roger Milla. En une saison seulement et 35 matches, Nambantingué Toko s’illustrera avec éclat en inscrivant 12 buts en 35 matches. Talentueux pionnier Après avoir brillé de mille feux dans ses clubs précédents, c’est tout naturellement que cette pépite retiendra l’attention du club phare de la capitale française en 1980, le Paris Saint-Germain. Sur 171 matches disputés, il aura inscrit 43 buts et a remporté deux Coupes de France, en 1982 et 1983. Puis viendra le couronnement en 1982 en coupe d’Europe. Sa prestation légendaire à l’occasion de cette rencontre face au Lokomotiv Sofia au Parc des Princes le 28 septembre 1982 mérite que l’on s’y attarde. Il est important de relever que Toko n’a pas seulement écrit ce jour sa propre histoire. Il aura écrit tout à la fois celle de son club, le Paris Saint-Germain, celle de son pays le Tchad, celle de tout un continent l’Afrique, celle de tous les Noirs de France à une époque où bien plus qu’aujourd’hui, les préjugés de toutes sortes prévalaient sur les personnes venues d’Afrique subsaharienne. Comme dans le monde de la musique moderne, le football et le sport en général auront été quelques-uns de ces formidables outils de rapprochement des peuples. Le talentueux pionnier que fut Nambantingue Toko y aura contribué. Qualités humaines Grâce à ses exploits, il aura montré le chemin qu’auront ensuite emprunté des générations de footballeurs qui se sont ensuite retrouvés sur le toit du football mondial. Mais il n’était pas seulement un dieu des stades. Il était aussi réputé pour ses exceptionnelles qualités humaines que son talent footballistique n’auront guère dissipées comme a tenu à le souligner Michel Denisot : « Grand joueur puis précieux membre du staff, toujours de bonne humeur et attentionné. Expert en football. Il aimait la vie ». Il est passé adjoint des différents entraîneurs du PSG entre 1989 et 1998. Une légende oubliée Mais au-delà de l’immense tristesse et de la profonde compassion que suscite pour ses proches sa disparition, on ne peut pas s’empêcher de se poser quelques questions, voire d’exprimer une certaine indignation. Force est de constater que c’est à l’annonce de son décès que la quasi-totalité des Tchadiens et des Africains découvrent l’icône que fut Nambantingue Toko. Par ailleurs, la Confédération africaine de football (CAF) dont l’une des missions est de promouvoir le football africain n’a jamais cru devoir l’honorer à défaut de le distinguer. « L’indomptable » Toko ne faisait pas seulement partie de l’histoire du football en Afrique, mais de l’histoire globale de l’Afrique. Il faut espérer voir son pays d’origine, le Tchad, l’honorer en baptisant par exemple en son nom, un espace public symbolique..⏱ Temps de lecture estimé : 5 minutes
À la suite de l’ancien président délégué du club parisien Michel Denisot qui a rendu public son décès et a fait part de sa « grande tristesse », ce rappel historique du quotidien français en ligne www.sports.fr met en exergue ce qui fut sans doute le plus haut fait d’armes footballistique de
Nambatingue Tokomon Dieudonné, dit Toko. Ce footballeur de génie, les médias français et les supporteurs du club mythique de la capitale française le surnommaient « l’indomptable ». À 73 ans, ce pionnier et cette icône du football africain a définitivement quitté les stades pour un repos éternel, après une brillante et prestigieuse carrière qu’il aura entièrement menée en France.
Il est important de situer le contexte historique de son rayonnement sur les plus grandes pelouses d’Europe et l’immense vide que crée sa disparition pour avoir la juste mesure de son parcours.
En effet, Nambatingue Toko se retrouve sociétaire d’un club de football en France à une époque de l’histoire du football africain où ils sont rarissimes les Africains qui évoluent dans les championnats européens, encore moins français. Parmi les rares icônes qui peuvent se targuer d’un tel prestige à cette époque on peut citer notamment Roger Milla, Salif Keita, Eugène Njoh Léa.
À l’intérieur du continent africain, si la pratique du football remonte aux premières années de la colonisation, son organisation demeure rudimentaire et les structures d’encadrement et de promotion quasi inexistantes.
C’est donc parti d’un véritable désert en termes d’outils de diffusion du football et de valorisation des talents en Afrique que Nambatingue Toko arrive en France le 30 décembre 1973 à l’âge de 21 ans et commence sa carrière au club d’Albi en 1974. Une année plus tard, il signe à l’OGC Nice où il évoluera de 1975 à 1978 et dispute sa première finale de coupe de France face à l’AS Nancy qui l’emportera sur le score étriqué de 1 à 0. Il rejoindra ensuite brièvement les Girondins de Bordeaux puis le RC Strasbourg où il connaîtra son premier sacre dans le championnat français de première division. Avec le club alsacien, ils seront sacrés champions de France en 1979. Il rejoint ensuite Valenciennes où aura également évolué un certain Roger Milla. En une saison seulement et 35 matches, Nambantingué Toko s’illustrera avec éclat en inscrivant 12 buts en 35 matches.
Après avoir brillé de mille feux dans ses clubs précédents, c’est tout naturellement que cette pépite retiendra l’attention du club phare de la capitale française en 1980, le Paris Saint-Germain. Sur 171 matches disputés, il aura inscrit 43 buts et a remporté deux Coupes de France, en 1982 et 1983. Puis viendra le couronnement en 1982 en coupe d’Europe.
Sa prestation légendaire à l’occasion de cette rencontre face au Lokomotiv Sofia au Parc des Princes le 28 septembre 1982 mérite que l’on s’y attarde. Il est important de relever que Toko n’a pas seulement écrit ce jour sa propre histoire. Il aura écrit tout à la fois celle de son club, le Paris Saint-Germain, celle de son pays le Tchad, celle de tout un continent l’Afrique, celle de tous les Noirs de France à une époque où bien plus qu’aujourd’hui, les préjugés de toutes sortes prévalaient sur les personnes venues d’Afrique subsaharienne. Comme dans le monde de la musique moderne, le football et le sport en général auront été quelques-uns de ces formidables outils de rapprochement des peuples. Le talentueux pionnier que fut Nambantingue Toko y aura contribué.
Grâce à ses exploits, il aura montré le chemin qu’auront ensuite emprunté des générations de footballeurs qui se sont ensuite retrouvés sur le toit du football mondial. Mais il n’était pas seulement un dieu des stades. Il était aussi réputé pour ses exceptionnelles qualités humaines que son talent footballistique n’auront guère dissipées comme a tenu à le souligner Michel Denisot : « Grand joueur puis précieux membre du staff, toujours de bonne humeur et attentionné. Expert en football. Il aimait la vie ». Il est passé adjoint des différents entraîneurs du PSG entre 1989 et 1998.
Mais au-delà de l’immense tristesse et de la profonde compassion que suscite pour ses proches sa disparition, on ne peut pas s’empêcher de se poser quelques questions, voire d’exprimer une certaine indignation.
Force est de constater que c’est à l’annonce de son décès que la quasi-totalité des Tchadiens et des Africains découvrent l’icône que fut Nambantingue Toko.
Par ailleurs, la Confédération africaine de football (CAF) dont l’une des missions est de promouvoir le football africain n’a jamais cru devoir l’honorer à défaut de le distinguer.
« L’indomptable » Toko ne faisait pas seulement partie de l’histoire du football en Afrique, mais de l’histoire globale de l’Afrique. Il faut espérer voir son pays d’origine, le Tchad, l’honorer en baptisant par exemple en son nom, un espace public symbolique.
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