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Le 25 septembre dernier, un webinaire d’une importance capitale s'est tenu, réunissant des journalistes tchadiens basés au pays ainsi que ceux de la diaspora. Cette rencontre d'échange et d'information a mis en lumière le rôle crucial de la recherche scientifique, des biostimulants et de l'innovation agronomique pour faire face aux défis climatiques majeurs qui frappent le Sahel et plus particulièrement le Tchad. Par la rédaction.. Au cœur des présentations figurait l’intervention du Dr Ammar Ibn Yasser, ingénieur de recherche en microbiologie au Collège d’agriculture et des sciences environnementales (CAES) de l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P). Le Tchad face à l’urgence climatique et à l’insécurité alimentaire L’agriculture tchadienne repose sur un équilibre fragile. Représentant environ 46 % du PIB et employant plus de 77 % de la population active, le secteur agricole constitue le véritable poumon économique du pays. Cependant, la variabilité pluviométrique, l’accentuation des sécheresses, la salinisation des terres et l’épuisement de la fertilité des sols menacent directement les moyens de subsistance des populations. Les projections de la FAO et du PAM pour l’année 2026 estiment d’ailleurs à plus de 3,18 millions le nombre de personnes en situation d’insécurité alimentaire aiguë sévère au Tchad. Face à cette vulnérabilité, le diagnostic présenté lors du webinaire distingue trois grandes zones agroécologiques au Tchad, exigeant chacune des réponses ciblées : La zone saharienne et des polders : caractérisée par une aridité extrême et des contraintes d’irrigation et de salinité. La zone sahélienne : confrontée à une grande variabilité pluviométrique, une érosion éolienne soutenue et des sols pauvres en phosphore, où dominent les cultures du mil, du sorgho et de l’arachide. La zone soudanienne : plus arrosée mais exposée à l’érosion hydrique et au risque d’inondations. Le microbiome : l’ingénieur invisible de la santé des sols Pour répondre à ces contraintes, les travaux portés par le Dr Ammar Ibn Yasser, chercheur tchadien, et le CAES de l’UM6P mettent en avant une approche innovante : mobiliser le microbiome du sol. À l’interface sol-racine-microbiome, les micro-organismes agissent comme de véritables « ingénieurs » capables de débloquer le phosphore naturellement présent dans le sol, d’améliorer la rétention d’eau et d’aider la plante à tolérer les stress thermiques et hydriques. L’UM6P a développé une chaîne complète d’équipements avancés, allant de la microbiologie moléculaire au phénotypage et à la fermentation, permettant de prélever des souches locales, de les caractériser, d’assembler des consortiums microbiens performants, puis de les valider en serre et en plein champ. Avec plus de 17 publications scientifiques à son actif sur ces thématiques, le laboratoire démontre que l’utilisation d’inoculants microbiens et la transformation des résidus agricoles (en compost ou biochar) permettent de restaurer la matière organique du sol et d’optimiser l’efficience des engrais. Un partenariat scientifique axé sur l’autonomie du Tchad L’un des messages clés délivrés aux journalistes tchadiens réside dans la nécessité de transférer ces technologies sur le terrain de manière adaptée. Le Dr Ammar Ibn Yasser, dont le propre parcours relie l’Institut de recherche sur l’élevage pour le développement (IRED) et l’Institut tchadien de recherche agronomique pour le développement (ITRAD) à l’UM6P, a insisté sur l’importance d’une feuille de route structurée en trois phases : Diagnostiquer, Tester et Démontrer. Cette démarche implique des programmes pilotes co-construits avec l’ITRAD, les universités tchadiennes, les services de conseil agricole et les organisations de producteurs. Elle s’appuie également sur la création de bases de données intégrant des relevés de terrain, de la télédétection et des analyses climatiques afin d’anticiper les risques avant le lancement des campagnes agricoles. L’UM6P : un modèle d’excellence au service de l’Afrique Classée parmi les 400 meilleures universités mondiales par le Times Higher Education en 2026, l’UM6P s’affirme comme un pôle continental de recherche et d’innovation. Forte de plus de 8 500 étudiants (dont 55 % de femmes) et de 1 118 doctorants, l’université accueille 42 nationalités. Grâce à ses infrastructures de pointe, à l’image du supercalculateur Toubkal ou de ses plateformes en bioénergie et en agriculture, l’UM6P déploie des partenariats stratégiques dans plus de 20 pays africains. En concluant les échanges avec les médias, après questions-réponses, les intervenants ont rappelé que « la science devient un levier de souveraineté lorsqu’un territoire comprend ses contraintes, valorise ses ressources et construit ses propres solutions ». La formation de jeunes chercheurs et techniciens africains demeure la pierre angulaire pour garantir la continuité des compétences et bâtir une agriculture sahélienne durable et résiliente..⏱ Temps de lecture estimé : 5 minutes
Au cœur des présentations figurait l’intervention du Dr Ammar Ibn Yasser, ingénieur de recherche en microbiologie au Collège d’agriculture et des sciences environnementales (CAES) de l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P).
L’agriculture tchadienne repose sur un équilibre fragile. Représentant environ 46 % du PIB et employant plus de 77 % de la population active, le secteur agricole constitue le véritable poumon économique du pays. Cependant, la variabilité pluviométrique, l’accentuation des sécheresses, la salinisation des terres et l’épuisement de la fertilité des sols menacent directement les moyens de subsistance des populations. Les projections de la FAO et du PAM pour l’année 2026 estiment d’ailleurs à plus de 3,18 millions le nombre de personnes en situation d’insécurité alimentaire aiguë sévère au Tchad.
Face à cette vulnérabilité, le diagnostic présenté lors du webinaire distingue trois grandes zones agroécologiques au Tchad, exigeant chacune des réponses ciblées :
La zone saharienne et des polders : caractérisée par une aridité extrême et des contraintes d’irrigation et de salinité.
La zone sahélienne : confrontée à une grande variabilité pluviométrique, une érosion éolienne soutenue et des sols pauvres en phosphore, où dominent les cultures du mil, du sorgho et de l’arachide.
La zone soudanienne : plus arrosée mais exposée à l’érosion hydrique et au risque d’inondations.
Pour répondre à ces contraintes, les travaux portés par le Dr Ammar Ibn Yasser, chercheur tchadien, et le CAES de l’UM6P mettent en avant une approche innovante : mobiliser le microbiome du sol. À l’interface sol-racine-microbiome, les micro-organismes agissent comme de véritables « ingénieurs » capables de débloquer le phosphore naturellement présent dans le sol, d’améliorer la rétention d’eau et d’aider la plante à tolérer les stress thermiques et hydriques.
L’UM6P a développé une chaîne complète d’équipements avancés, allant de la microbiologie moléculaire au phénotypage et à la fermentation, permettant de prélever des souches locales, de les caractériser, d’assembler des consortiums microbiens performants, puis de les valider en serre et en plein champ. Avec plus de 17 publications scientifiques à son actif sur ces thématiques, le laboratoire démontre que l’utilisation d’inoculants microbiens et la transformation des résidus agricoles (en compost ou biochar) permettent de restaurer la matière organique du sol et d’optimiser l’efficience des engrais.
L’un des messages clés délivrés aux journalistes tchadiens réside dans la nécessité de transférer ces technologies sur le terrain de manière adaptée. Le Dr Ammar Ibn Yasser, dont le propre parcours relie l’Institut de recherche sur l’élevage pour le développement (IRED) et l’Institut tchadien de recherche agronomique pour le développement (ITRAD) à l’UM6P, a insisté sur l’importance d’une feuille de route structurée en trois phases : Diagnostiquer, Tester et Démontrer.
Cette démarche implique des programmes pilotes co-construits avec l’ITRAD, les universités tchadiennes, les services de conseil agricole et les organisations de producteurs. Elle s’appuie également sur la création de bases de données intégrant des relevés de terrain, de la télédétection et des analyses climatiques afin d’anticiper les risques avant le lancement des campagnes agricoles.
Classée parmi les 400 meilleures universités mondiales par le Times Higher Education en 2026, l’UM6P s’affirme comme un pôle continental de recherche et d’innovation. Forte de plus de 8 500 étudiants (dont 55 % de femmes) et de 1 118 doctorants, l’université accueille 42 nationalités. Grâce à ses infrastructures de pointe, à l’image du supercalculateur Toubkal ou de ses plateformes en bioénergie et en agriculture, l’UM6P déploie des partenariats stratégiques dans plus de 20 pays africains.
En concluant les échanges avec les médias, après questions-réponses, les intervenants ont rappelé que « la science devient un levier de souveraineté lorsqu’un territoire comprend ses contraintes, valorise ses ressources et construit ses propres solutions ». La formation de jeunes chercheurs et techniciens africains demeure la pierre angulaire pour garantir la continuité des compétences et bâtir une agriculture sahélienne durable et résiliente.