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Qui profite de la guerre civile au Soudan?

Qui profite de la guerre civile au Soudan?. Article écrit par Éric Ngarlem Toldé. Publié le 28 août 2026à 13h15

⏱ Temps de lecture estimé : 3 minutes

La guerre au Soudan n’est plus seulement une tragédie soudanaise. Elle déborde désormais les frontières, menace les pays voisins, dont le Tchad, et transforme progressivement le Sahel et la Corne d’Afrique en vaste espace de tensions. Par Eric Ngarlem Toldé, rédacteur en chef de ventdafrique.com.. Ces derniers jours, les inquiétudes se sont encore accentuées. Les combats se poursuivent au Kordofan, où plus de 200 000 personnes auraient été récemment contraintes de se déplacer. Dans le même temps, les attaques de drones se multiplient et la tension monte à la frontière tchado-soudanaise, après de nouvelles frappes signalées sur le territoire tchadien. Washington plaide désormais pour un renforcement des sanctions internationales afin de contraindre à revenir à la table des négociations. L’Union africaine, de son côté, a également appelé au calme entre les deux pays voisins et se propose de trouver un terrain d’entente. Lire la suite en commentaire Depuis 2023, les forces armées soudanaises et les forces de soutien rapide s’affrontent pour le contrôle du pays. Mais réduire cette guerre à un simple duel entre deux généraux serait passer à côté d’une essentielle du problème. Il faut qu’on se dise cette vérité, le conflit est également alimenté par des intérêts régionaux, des soutiens extérieurs, des ressources économiques et des calculs géopolitiques dont les populations civiles ne maitrisent ni les mécanismes ni les conséquences. Alors, à qui profite la crise ? La question mérite d’être posée sans accusation hâtive. Les groupes armés peuvent tirer profit du contrôle des territoires, des ressources et des routes commerciales. Certains acteurs extérieurs peuvent y avoir l’occasion de défendre leurs intérêts stratégiques. Les trafics prospèrent dans les zones où l’État recule.  Et plus la guerre s’enlise, plus certains réseaux peuvent trouver dans le chaos un espace de manœuvre. Mais il existe un fait que toutes les analyses devraient placer au-dessus des calculs géopolitiques : les premiers perdants sont des civils. Des millions de Soudanais ont été déplacés, la faim gagne du terrain et les infrastructures essentielles sont détruites. Le Tchad, qui accueille déjà un nombre considérable de réfugiés soudanais, voit également sa propre sécurité mise sous pression selon les organisations onusiennes. La véritable question n’est donc plus seulement de savoir qui gagnera la guerre, mais combien de temps le monde acceptera qu’elle continue. Une guerre qui s’étend géographiquement, s’équipe de drones et s’alimente de soutien extérieur ne peut plus être considérée comme simple affaire intérieure. Au Soudan, chaque jour supplémentaire de guerre enrichit peut-être certains intérêts. Mais il appauvrit une nation entière et voit une grande partie de l’Afrique. Vivement que cette guerre s’arrête pour la paix au Soudan et en Afrique..

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La guerre au Soudan n’est plus seulement une tragédie soudanaise. Elle déborde désormais les frontières, menace les pays voisins, dont le Tchad, et transforme progressivement le Sahel et la Corne d’Afrique en vaste espace de tensions. Par Eric Ngarlem Toldé, rédacteur en chef de ventdafrique.com.

Ces derniers jours, les inquiétudes se sont encore accentuées. Les combats se poursuivent au Kordofan, où plus de 200 000 personnes auraient été récemment contraintes de se déplacer. Dans le même temps, les attaques de drones se multiplient et la tension monte à la frontière tchado-soudanaise, après de nouvelles frappes signalées sur le territoire tchadien. Washington plaide désormais pour un renforcement des sanctions internationales afin de contraindre à revenir à la table des négociations. L’Union africaine, de son côté, a également appelé au calme entre les deux pays voisins et se propose de trouver un terrain d’entente. Lire la suite en commentaire

Depuis 2023, les forces armées soudanaises et les forces de soutien rapide s’affrontent pour le contrôle du pays. Mais réduire cette guerre à un simple duel entre deux généraux serait passer à côté d’une essentielle du problème. Il faut qu’on se dise cette vérité, le conflit est également alimenté par des intérêts régionaux, des soutiens extérieurs, des ressources économiques et des calculs géopolitiques dont les populations civiles ne maitrisent ni les mécanismes ni les conséquences.

Alors, à qui profite la crise ?

La question mérite d’être posée sans accusation hâtive. Les groupes armés peuvent tirer profit du contrôle des territoires, des ressources et des routes commerciales. Certains acteurs extérieurs peuvent y avoir l’occasion de défendre leurs intérêts stratégiques. Les trafics prospèrent dans les zones où l’État recule.  Et plus la guerre s’enlise, plus certains réseaux peuvent trouver dans le chaos un espace de manœuvre.

Mais il existe un fait que toutes les analyses devraient placer au-dessus des calculs géopolitiques : les premiers perdants sont des civils. Des millions de Soudanais ont été déplacés, la faim gagne du terrain et les infrastructures essentielles sont détruites. Le Tchad, qui accueille déjà un nombre considérable de réfugiés soudanais, voit également sa propre sécurité mise sous pression selon les organisations onusiennes.

La véritable question n’est donc plus seulement de savoir qui gagnera la guerre, mais combien de temps le monde acceptera qu’elle continue. Une guerre qui s’étend géographiquement, s’équipe de drones et s’alimente de soutien extérieur ne peut plus être considérée comme simple affaire intérieure.

Au Soudan, chaque jour supplémentaire de guerre enrichit peut-être certains intérêts. Mais il appauvrit une nation entière et voit une grande partie de l’Afrique. Vivement que cette guerre s’arrête pour la paix au Soudan et en Afrique.

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