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L’Himalaya est frappé par une catastrophe d’une ampleur exceptionnelle. Une crue dévastatrice survenue mercredi à la frontière entre le Népal et le Tibet, territoire chinois, a fait au moins 165 morts et plus de 1 300 disparus, selon les autorités des deux pays. Parmi les personnes portées disparues figurent plusieurs centaines de touristes étrangers, pris au piège dans une région montagneuse particulièrement prisée des randonneurs et des alpinistes. Par Éric Ngarlem Toldé.. Face à cette tragédie, le Dalaï Lama a exprimé jeudi sa profonde compassion envers les victimes et leurs familles. Dans une déclaration, le chef spirituel tibétain en exil a indiqué prier « pour tous ceux qui ont perdu la vie » et adressé ses « sincères condoléances » aux personnes endeuillées et affectées par la catastrophe. Il a également formulé le souhait que des mesures soient prises afin d’éviter que de telles catastrophes ne se reproduisent. Une vague de boue et de débris emporte tout sur son passage Le drame s’est produit mercredi matin dans une zone montagneuse située de part et d’autre de la frontière népalo-chinoise. Un puissant torrent composé d’eau, de boue et de débris s’est engouffré à une vitesse impressionnante dans les vallées himalayennes. Une caméra de surveillance installée du côté chinois a capté des images particulièrement spectaculaires de la catastrophe. On y voit une immense vague marron, haute de plusieurs mètres, déferler brutalement sur une zone habitée et engloutir en quelques secondes un bâtiment de plusieurs étages. Des personnes apparaissent sur les images en train de tenter de fuir devant la masse d’eau et de débris. Au Népal, les zones les plus durement touchées se trouvent notamment dans les vallées des rivières Trishuli, dans le district de Nuwakot, au nord de Katmandou, et de Bhotekoshi, à l’est de la capitale. Dans les premières heures qui ont suivi la catastrophe, les autorités chinoises avaient évoqué un glissement de terrain, tandis que les autorités népalaises parlaient d’inondations. Les premières analyses scientifiques ont toutefois apporté un éclairage différent sur l’origine du phénomène. L’effondrement d’un glacier à l’origine de la catastrophe ? Selon l’Institut d’études géologiques des États-Unis (USGS), la crue aurait été provoquée par l’effondrement d’un glacier. La violence du phénomène aurait été suffisamment importante pour provoquer un séisme de magnitude 5,2 ainsi que plusieurs glissements de terrain. La configuration géographique de l’Himalaya, avec ses vallées encaissées, ses pentes abruptes et ses glaciers, aurait ensuite amplifié les conséquences du phénomène. Les scientifiques devront désormais déterminer les mécanismes précis ayant conduit à cette catastrophe et établir si l’évolution du climat contribue à accroître la fréquence ou l’intensité de ce type d’événements extrêmes. La question est d’autant plus sensible que les régions himalayennes sont confrontées à des transformations rapides de leur environnement, alors que de nombreuses populations et infrastructures sont installées dans des zones exposées aux crues, aux glissements de terrain et aux mouvements de glaciers. Le bilan humain continue de s’alourdir Au lendemain de la catastrophe, le bilan humain demeure provisoire et pourrait encore augmenter. Les autorités népalaises ont annoncé avoir récupéré 162 corps, tandis que les autorités chinoises ont fait état de trois décès. Le bilan total atteint donc au moins 165 morts. Mais le nombre de personnes portées disparues est encore plus préoccupant. Plus de 1 300 personnes sont actuellement recherchées des deux côtés de la frontière. En Chine, 558 personnes sont portées disparues, parmi lesquelles 260 étrangers. Les nationalités de ces derniers n’ont pas encore toutes été précisées. Au Népal, les autorités dénombrent 823 personnes disparues. Parmi elles figurent 579 touristes, dont 393 ressortissants étrangers. La catastrophe frappe ainsi directement une région qui attire chaque année des visiteurs venus du monde entier pour découvrir les paysages himalayens. Parmi les étrangers recherchés figurent notamment plus d’une centaine d’Indiens et une cinquantaine d’Ukrainiens. Des ressortissants de Malaisie, du Royaume-Uni, d’Australie, de Corée du Sud, du Japon et des États-Unis figurent également parmi les personnes dont les autorités sont sans nouvelles. Des Français pourraient également être concernés La France suit également avec inquiétude la situation. Selon le ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères, 80 Français ont signalé leur présence au Népal. Mais ce chiffre ne permet pas de déterminer avec certitude le nombre de ressortissants français effectivement présents dans les zones touchées. Le ministère rappelle en effet que d’autres Français de passage peuvent se trouver dans les secteurs frappés par la catastrophe sans avoir été recensés. Le sort de ces ressortissants restait donc inconnu jeudi, alors que les opérations de recherche et de secours se poursuivent dans des conditions particulièrement difficiles. La mobilisation internationale s’organise Face à l’ampleur du désastre, l’aide internationale commence à affluer vers le Népal. Les États-Unis ont annoncé une contribution de 500 000 dollars, soit environ 429 000 euros, destinée à l’aide d’urgence. De son côté, la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (IFRC) a débloqué un peu plus d’un million d’euros pour soutenir les opérations de secours. L’Union européenne a également activé son système européen de surveillance par satellite Copernicus, afin de fournir aux équipes de secours des informations permettant notamment d’évaluer les zones sinistrées et de faciliter les opérations sur le terrain. Bruxelles s’est par ailleurs déclarée prête à renforcer son assistance en fonction de l’évolution des besoins. L’Inde, pays voisin particulièrement concerné par la situation de ses ressortissants, a de son côté envoyé 10 tonnes d’aide humanitaire au Népal. Cette assistance comprend notamment des couvertures, des lampes solaires et des médicaments. Une catastrophe qui ravive les inquiétudes climatiques Au-delà du bilan humain, cette catastrophe remet au premier plan les risques auxquels sont exposées les populations vivant dans les hautes montagnes de l’Himalaya. L’effondrement d’un glacier susceptible de générer une crue aussi brutale constitue un phénomène particulièrement dangereux dans une région où les infrastructures et les populations peuvent se retrouver en quelques minutes sur la trajectoire d’un torrent de boue et de débris. Les scientifiques devront désormais déterminer avec précision les circonstances de l’effondrement et mesurer le rôle éventuel du changement climatique dans l’évolution des glaciers et dans la multiplication des phénomènes extrêmes. Pour les familles des victimes, cependant, l’urgence est ailleurs : retrouver les disparus et identifier les corps. Alors que les secours poursuivent leurs recherches dans les vallées dévastées, le bilan pourrait encore s’alourdir. À la frontière du Népal et du Tibet, l’Himalaya a transformé en quelques minutes un paysage touristique et majestueux en zone de catastrophe. Et derrière les chiffres, 165 morts, plus de 1 300 disparus, se trouvent des centaines de familles suspendues à l’espoir de retrouver un proche vivant..⏱ Temps de lecture estimé : 7 minutes
Face à cette tragédie, le Dalaï Lama a exprimé jeudi sa profonde compassion envers les victimes et leurs familles. Dans une déclaration, le chef spirituel tibétain en exil a indiqué prier « pour tous ceux qui ont perdu la vie » et adressé ses « sincères condoléances » aux personnes endeuillées et affectées par la catastrophe.
Il a également formulé le souhait que des mesures soient prises afin d’éviter que de telles catastrophes ne se reproduisent.
Le drame s’est produit mercredi matin dans une zone montagneuse située de part et d’autre de la frontière népalo-chinoise. Un puissant torrent composé d’eau, de boue et de débris s’est engouffré à une vitesse impressionnante dans les vallées himalayennes.
Une caméra de surveillance installée du côté chinois a capté des images particulièrement spectaculaires de la catastrophe. On y voit une immense vague marron, haute de plusieurs mètres, déferler brutalement sur une zone habitée et engloutir en quelques secondes un bâtiment de plusieurs étages. Des personnes apparaissent sur les images en train de tenter de fuir devant la masse d’eau et de débris.
Au Népal, les zones les plus durement touchées se trouvent notamment dans les vallées des rivières Trishuli, dans le district de Nuwakot, au nord de Katmandou, et de Bhotekoshi, à l’est de la capitale.
Dans les premières heures qui ont suivi la catastrophe, les autorités chinoises avaient évoqué un glissement de terrain, tandis que les autorités népalaises parlaient d’inondations. Les premières analyses scientifiques ont toutefois apporté un éclairage différent sur l’origine du phénomène.
Selon l’Institut d’études géologiques des États-Unis (USGS), la crue aurait été provoquée par l’effondrement d’un glacier. La violence du phénomène aurait été suffisamment importante pour provoquer un séisme de magnitude 5,2 ainsi que plusieurs glissements de terrain.
La configuration géographique de l’Himalaya, avec ses vallées encaissées, ses pentes abruptes et ses glaciers, aurait ensuite amplifié les conséquences du phénomène.
Les scientifiques devront désormais déterminer les mécanismes précis ayant conduit à cette catastrophe et établir si l’évolution du climat contribue à accroître la fréquence ou l’intensité de ce type d’événements extrêmes.
La question est d’autant plus sensible que les régions himalayennes sont confrontées à des transformations rapides de leur environnement, alors que de nombreuses populations et infrastructures sont installées dans des zones exposées aux crues, aux glissements de terrain et aux mouvements de glaciers.
Au lendemain de la catastrophe, le bilan humain demeure provisoire et pourrait encore augmenter.
Les autorités népalaises ont annoncé avoir récupéré 162 corps, tandis que les autorités chinoises ont fait état de trois décès. Le bilan total atteint donc au moins 165 morts.
Mais le nombre de personnes portées disparues est encore plus préoccupant. Plus de 1 300 personnes sont actuellement recherchées des deux côtés de la frontière.
En Chine, 558 personnes sont portées disparues, parmi lesquelles 260 étrangers. Les nationalités de ces derniers n’ont pas encore toutes été précisées.
Au Népal, les autorités dénombrent 823 personnes disparues. Parmi elles figurent 579 touristes, dont 393 ressortissants étrangers.
La catastrophe frappe ainsi directement une région qui attire chaque année des visiteurs venus du monde entier pour découvrir les paysages himalayens.
Parmi les étrangers recherchés figurent notamment plus d’une centaine d’Indiens et une cinquantaine d’Ukrainiens. Des ressortissants de Malaisie, du Royaume-Uni, d’Australie, de Corée du Sud, du Japon et des États-Unis figurent également parmi les personnes dont les autorités sont sans nouvelles.
La France suit également avec inquiétude la situation.
Selon le ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères, 80 Français ont signalé leur présence au Népal. Mais ce chiffre ne permet pas de déterminer avec certitude le nombre de ressortissants français effectivement présents dans les zones touchées.
Le ministère rappelle en effet que d’autres Français de passage peuvent se trouver dans les secteurs frappés par la catastrophe sans avoir été recensés.
Le sort de ces ressortissants restait donc inconnu jeudi, alors que les opérations de recherche et de secours se poursuivent dans des conditions particulièrement difficiles.
Face à l’ampleur du désastre, l’aide internationale commence à affluer vers le Népal.
Les États-Unis ont annoncé une contribution de 500 000 dollars, soit environ 429 000 euros, destinée à l’aide d’urgence. De son côté, la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (IFRC) a débloqué un peu plus d’un million d’euros pour soutenir les opérations de secours.
L’Union européenne a également activé son système européen de surveillance par satellite Copernicus, afin de fournir aux équipes de secours des informations permettant notamment d’évaluer les zones sinistrées et de faciliter les opérations sur le terrain.
Bruxelles s’est par ailleurs déclarée prête à renforcer son assistance en fonction de l’évolution des besoins.
L’Inde, pays voisin particulièrement concerné par la situation de ses ressortissants, a de son côté envoyé 10 tonnes d’aide humanitaire au Népal. Cette assistance comprend notamment des couvertures, des lampes solaires et des médicaments.
Au-delà du bilan humain, cette catastrophe remet au premier plan les risques auxquels sont exposées les populations vivant dans les hautes montagnes de l’Himalaya.
L’effondrement d’un glacier susceptible de générer une crue aussi brutale constitue un phénomène particulièrement dangereux dans une région où les infrastructures et les populations peuvent se retrouver en quelques minutes sur la trajectoire d’un torrent de boue et de débris.
Les scientifiques devront désormais déterminer avec précision les circonstances de l’effondrement et mesurer le rôle éventuel du changement climatique dans l’évolution des glaciers et dans la multiplication des phénomènes extrêmes.
Pour les familles des victimes, cependant, l’urgence est ailleurs : retrouver les disparus et identifier les corps.
Alors que les secours poursuivent leurs recherches dans les vallées dévastées, le bilan pourrait encore s’alourdir. À la frontière du Népal et du Tibet, l’Himalaya a transformé en quelques minutes un paysage touristique et majestueux en zone de catastrophe.
Et derrière les chiffres, 165 morts, plus de 1 300 disparus, se trouvent des centaines de familles suspendues à l’espoir de retrouver un proche vivant.
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