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Guinée : un mot de trop, France 24 priée de quitter les écrans

Guinée : un mot de trop, France 24 priée de quitter les écrans. Article écrit par Éric Ngarlem Toldé. Publié le 17 septembre 2026à 18h39

⏱ Temps de lecture estimé : 3 minutes

La tension monte d’un cran entre Conakry et France 24. La Haute Autorité de la communication (HAC) de Guinée a décidé, ce jeudi 17 septembre 2026, d’interdire avec effet immédiat la diffusion de la chaîne française sur l’ensemble du territoire national. À l’origine de cette mesure : l’emploi à l’antenne de l’expression « président putschiste » pour désigner Mamadi Doumbouya. Par Éric Ngarlem Toldé.. La décision du régulateur intervient moins de 24 heures après une première mise en demeure adressée à France 24. La HAC avait alors demandé à la chaîne de cesser l’utilisation de ce qualificatif et de procéder aux rectifications nécessaires sur ses différents supports. De la mise en demeure à l’interdiction Selon la HAC, le terme employé constitue un manquement aux exigences d’exactitude, d’impartialité et d’équilibre qui encadrent le travail des médias en Guinée. Le régulateur considère également cette formulation comme portant atteinte à la dignité du chef de l’État et aux institutions républicaines. La polémique trouve son origine dans une édition d’information diffusée le 15 septembre. Le qualificatif « putschiste » faisait référence à la prise du pouvoir par Mamadi Doumbouya lors du coup d’État de septembre 2021. Depuis, le général devenu président a été élu lors de la présidentielle du 28 décembre 2025 et investi en janvier 2026, selon les informations rapportées par plusieurs médias. Mais pour la HAC, cette évolution institutionnelle rend désormais le qualificatif utilisé par France 24 inapproprié dans le traitement du chef de l’État. Signal coupé, accréditations retirées La sanction ne se limite pas à l’écran de télévision. La HAC a annoncé la révocation de l’autorisation de diffusion de France 24 et le retrait des accréditations accordées à ses correspondants, envoyés spéciaux et collaborateurs en Guinée. La mesure concerne également les différents vecteurs techniques de diffusion, notamment le satellite, le câble, les applications et les plateformes numériques. La chaîne française avait, de son côté, reconnu une erreur et présenté des excuses à l’antenne, selon l’Agence France-Presse rapportée par plusieurs médias. Malgré cette démarche, le régulateur guinéen estime que la réponse apportée n’a pas permis de mettre fin au différend. La liberté de la presse à nouveau au centre du débat Cette affaire relance le débat sur les rapports entre les autorités guinéennes et les médias internationaux. Elle pose surtout une question délicate : jusqu’où un régulateur peut-il aller lorsqu’un média commet une erreur de qualification ou de traitement ? Entre exigence de rigueur journalistique et pouvoir de sanction de l’autorité de régulation, le bras de fer est désormais engagé. En Guinée, un adjectif aura donc suffi à faire disparaître France 24 des écrans. Et dans cette bataille sémantique, c’est le téléspectateur qui se retrouve, pour l’instant, devant un écran noir..

⏱ Temps de lecture estimé : 3 minutes

La tension monte d’un cran entre Conakry et France 24. La Haute Autorité de la communication (HAC) de Guinée a décidé, ce jeudi 17 septembre 2026, d’interdire avec effet immédiat la diffusion de la chaîne française sur l’ensemble du territoire national. À l’origine de cette mesure : l’emploi à l’antenne de l’expression « président putschiste » pour désigner Mamadi Doumbouya. Par Éric Ngarlem Toldé.

La décision du régulateur intervient moins de 24 heures après une première mise en demeure adressée à France 24. La HAC avait alors demandé à la chaîne de cesser l’utilisation de ce qualificatif et de procéder aux rectifications nécessaires sur ses différents supports.

De la mise en demeure à l’interdiction

Selon la HAC, le terme employé constitue un manquement aux exigences d’exactitude, d’impartialité et d’équilibre qui encadrent le travail des médias en Guinée. Le régulateur considère également cette formulation comme portant atteinte à la dignité du chef de l’État et aux institutions républicaines.

La polémique trouve son origine dans une édition d’information diffusée le 15 septembre. Le qualificatif « putschiste » faisait référence à la prise du pouvoir par Mamadi Doumbouya lors du coup d’État de septembre 2021. Depuis, le général devenu président a été élu lors de la présidentielle du 28 décembre 2025 et investi en janvier 2026, selon les informations rapportées par plusieurs médias.

Mais pour la HAC, cette évolution institutionnelle rend désormais le qualificatif utilisé par France 24 inapproprié dans le traitement du chef de l’État.

Signal coupé, accréditations retirées

La sanction ne se limite pas à l’écran de télévision. La HAC a annoncé la révocation de l’autorisation de diffusion de France 24 et le retrait des accréditations accordées à ses correspondants, envoyés spéciaux et collaborateurs en Guinée. La mesure concerne également les différents vecteurs techniques de diffusion, notamment le satellite, le câble, les applications et les plateformes numériques.

La chaîne française avait, de son côté, reconnu une erreur et présenté des excuses à l’antenne, selon l’Agence France-Presse rapportée par plusieurs médias. Malgré cette démarche, le régulateur guinéen estime que la réponse apportée n’a pas permis de mettre fin au différend.

La liberté de la presse à nouveau au centre du débat

Cette affaire relance le débat sur les rapports entre les autorités guinéennes et les médias internationaux. Elle pose surtout une question délicate : jusqu’où un régulateur peut-il aller lorsqu’un média commet une erreur de qualification ou de traitement ?

Entre exigence de rigueur journalistique et pouvoir de sanction de l’autorité de régulation, le bras de fer est désormais engagé. En Guinée, un adjectif aura donc suffi à faire disparaître France 24 des écrans. Et dans cette bataille sémantique, c’est le téléspectateur qui se retrouve, pour l’instant, devant un écran noir.

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