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Guinée-Bissau : après le putsch, les urnes trancheront le 30 août sur une nouvelle constitution

Guinée-Bissau : après le putsch, les urnes trancheront le 30 août sur une nouvelle constitution. Article écrit par Sandra Topona. Publié le 27 août 2026à 15h08

⏱ Temps de lecture estimé : 3 minutes

La Guinée-Bissau se dirige vers un nouveau rendez-vous politique décisif pour son avenir. Par Sandra Topona.. Le peuple doit se prononcer, le 30 août 2026, sur une nouvelle constitution élaborée sous l’autorité du Conseil national de transition, à la tête du pays depuis le renversement du pouvoir du 26 novembre 2025. Le référendum interviendra à un peu plus de trois mois avant les élections présidentielles et législatives fixées au 6 décembre 2026. Le coup d’État du 23 novembre 2025 est intervenu trois jours après les élections présidentielles et législatives. Après avoir renversé le président sortant et candidat à sa réélection, Umaro Sissoco Embaló, les militaires ont pris le contrôle des institutions et suspendu le processus électoral. Le général Horta Inta-A a été installé comme président de la transition le 27 novembre 2025. Une transition d’un an devant conduire à de nouvelles élections a été annoncée. La Guinée-Bissau avait ensuite été suspendue des instances décisionnelles de la CEDEAO et de l’Union africaine, qui avait appelé au rétablissement de l’ordre constitutionnel. Lors de son sommet du 19 juillet 2026 à Freetown, en Sierra Leone, elle a également confié au Sénégal une mission de médiation dans la crise bissau-guinéenne. Le projet de cette nouvelle Constitution renforcerait le pouvoir du président C’est dans ce contexte que les autorités de transition l’ont élaboré. Selon une copie du projet consultée par l’agence de presse Reuters, le président pourrait désormais nommer et révoquer le Premier ministre ainsi que les membres du gouvernement. Il pourrait aussi, dans certaines circonstances, dissoudre le parlement. Le projet prévoit également de réduire le nombre de députés de 102 à 65. Pour les candidatures aux élections présidentielles, il introduit une condition de résidence permanente de cinq ans dans le pays avant les élections. Pour les autorités de transition, cette réforme doit permettre de réorganiser les institutions et de sortir des blocages politiques récurrents. Pour l’opposition par contre, elle risque surtout de renforcer la concentration du pouvoir exécutif. Le PAIGC, principale force politique du pays, a d’ailleurs officiellement rejeté le référendum et appelé au boycott du scrutin. Dans une délibération de sa commission permanente datée du 18 août 2026, le parti conteste la légitimité du processus et dénonce les conditions dans lesquelles la réforme constitutionnelle est menée. Il critique notamment l’exclusion des partis politiques, les restrictions des libertés publiques et l’absence, selon lui, d’un véritable dialogue national. La CEDEAO demande notamment que le référendum et les élections soient organisés dans des conditions de transparence et d’inclusivité, avec le respect des droits humains et des libertés fondamentales. Elle a également appelé à la libération des responsables politiques détenus. La médiation sénégalaise est entrée dans sa phase opérationnelle le 6 août. Une délégation conduite par Cheikh Niang, ministre sénégalais de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères, et Yankhoba Diémé, ministre des Forces armées, s’est rendue à Bissau pour présenter le mandat confié à Dakar par la CEDEAO et rencontrer les autorités de transition..

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La Guinée-Bissau se dirige vers un nouveau rendez-vous politique décisif pour son avenir. Par Sandra Topona.

Le peuple doit se prononcer, le 30 août 2026, sur une nouvelle constitution élaborée sous l’autorité du Conseil national de transition, à la tête du pays depuis le renversement du pouvoir du 26 novembre 2025.

Le référendum interviendra à un peu plus de trois mois avant les élections présidentielles et législatives fixées au 6 décembre 2026.

Le coup d’État du 23 novembre 2025 est intervenu trois jours après les élections présidentielles et législatives.

Après avoir renversé le président sortant et candidat à sa réélection, Umaro Sissoco Embaló, les militaires ont pris le contrôle des institutions et suspendu le processus électoral.

Le général Horta Inta-A a été installé comme président de la transition le 27 novembre 2025. Une transition d’un an devant conduire à de nouvelles élections a été annoncée.

La Guinée-Bissau avait ensuite été suspendue des instances décisionnelles de la CEDEAO et de l’Union africaine, qui avait appelé au rétablissement de l’ordre constitutionnel. Lors de son sommet du 19 juillet 2026 à Freetown, en Sierra Leone, elle a également confié au Sénégal une mission de médiation dans la crise bissau-guinéenne.

Le projet de cette nouvelle Constitution renforcerait le pouvoir du président

C’est dans ce contexte que les autorités de transition l’ont élaboré. Selon une copie du projet consultée par l’agence de presse Reuters, le président pourrait désormais nommer et révoquer le Premier ministre ainsi que les membres du gouvernement. Il pourrait aussi, dans certaines circonstances, dissoudre le parlement.

Le projet prévoit également de réduire le nombre de députés de 102 à 65.

Pour les candidatures aux élections présidentielles, il introduit une condition de résidence permanente de cinq ans dans le pays avant les élections.

Pour les autorités de transition, cette réforme doit permettre de réorganiser les institutions et de sortir des blocages politiques récurrents.

Pour l’opposition par contre, elle risque surtout de renforcer la concentration du pouvoir exécutif.

Le PAIGC, principale force politique du pays, a d’ailleurs officiellement rejeté le référendum et appelé au boycott du scrutin.

Dans une délibération de sa commission permanente datée du 18 août 2026, le parti conteste la légitimité du processus et dénonce les conditions dans lesquelles la réforme constitutionnelle est menée. Il critique notamment l’exclusion des partis politiques, les restrictions des libertés publiques et l’absence, selon lui, d’un véritable dialogue national.

La CEDEAO demande notamment que le référendum et les élections soient organisés dans des conditions de transparence et d’inclusivité, avec le respect des droits humains et des libertés fondamentales. Elle a également appelé à la libération des responsables politiques détenus.

La médiation sénégalaise est entrée dans sa phase opérationnelle le 6 août. Une délégation conduite par Cheikh Niang, ministre sénégalais de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères, et Yankhoba Diémé, ministre des Forces armées, s’est rendue à Bissau pour présenter le mandat confié à Dakar par la CEDEAO et rencontrer les autorités de transition.

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