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Ils se sont réunis du 3 au 5 août 2026 au Parlement du Ghana, les délégués de la première session inaugurale du Parlement panafricain des jeunes pour la démocratie ont adopté la « Déclaration d’Accra ». Organisée par la Fondation de l’Innovation pour la Démocratie, Parliamentary Network Africa et la National Youth Authority du Ghana, cette rencontre entend faire émerger une nouvelle génération d’acteurs engagés dans la transformation politique, économique et sociale du continent africain.. Venus d’Afrique du Nord, de l’Ouest, du Centre, de l’Est, de l’océan Indien, de l’espace lusophone et de la diaspora, ces jeunes dressent le constat d’un continent partagé entre un immense potentiel et des défis persistants. Ressources naturelles, jeunesse, créativité et innovation côtoient déficits démocratiques, inégalités, obstacles à la mobilité, vulnérabilités climatiques et fragilités institutionnelles. Pour les participants, la jeunesse africaine ne saurait rester cantonnée au rôle de spectatrice. Elle doit participer pleinement aux décisions qui déterminent son avenir. Démocratie : passer de la consultation à la participation La Déclaration d’Accra place la citoyenneté et la gouvernance au cœur de ses priorités. La jeunesse réclame une éducation civique permanente, capable notamment de renforcer la résistance des citoyens à la désinformation. Les jeunes demandent également une meilleure protection de l’espace civique, la fin de la criminalisation des manifestations pacifiques et davantage de transparence dans la gestion des ressources publiques. La publication proactive des budgets et des contrats de l’État figure parmi leurs principales revendications. Le texte propose aussi une plateforme numérique civique continentale ainsi que l’expérimentation du prototype « Savoir Agir », destiné à renforcer les compétences de jeunes leaders. 20 % de jeunes dans les décisions sécuritaires Sur le front de la paix et de la sécurité, les jeunes Africains à Accra estiment qu’ils doivent être associés aux mécanismes de prévention et de résolution des conflits. Ils proposent notamment qu’au moins 20 % des instances de décision liées à la sécurité et à la consolidation de la paix soient réservés à la représentation des jeunes. La déclaration préconise également la création d’un Fonds panafricain pour la consolidation de la paix porté par les jeunes. Elle alerte par ailleurs sur l’utilisation des algorithmes et des discours de haine susceptibles d’accentuer la polarisation des sociétés africaines. Mobilité, santé et prospérité partagée Les revendications dépassent le champ politique. Les jeunes participants plaident pour un accès universel à la santé sexuelle et reproductive, la lutte contre les mutilations génitales féminines et les mariages précoces, ainsi qu’un financement accru de la santé mentale et de la prise en charge du VIH pédiatrique. La mobilité intra-africaine constitue également une priorité. Les jeunes Africains appellent à simplifier les procédures de visa, à favoriser la reconnaissance mutuelle des diplômes et à assurer une meilleure portabilité des protections sociales. Sur le plan économique, ils remettent en cause le modèle fondé principalement sur l’exportation des matières premières. Ils proposent notamment la création d’une Banque africaine de développement de la jeunesse et d’un Fonds panafricain de capital jeunesse afin de mieux orienter les investissements, notamment ceux issus de la diaspora, vers l’entrepreneuriat et la création d’emplois. Souveraineté numérique et transition écologique La déclaration d’Accra considère enfin l’accès au numérique comme une question de démocratie et de souveraineté. Les jeunes condamnent les coupures d’Internet et appellent à une gouvernance africaine de l’intelligence artificielle, fondée sur les intérêts du continent. Face au changement climatique, ils dénoncent ce qu’ils qualifient de « colonialisme vert » et réclament des financements climatiques sous forme de dons plutôt que de nouveaux endettements. Ils proposent également un programme panafricain de compétences vertes pour faire de la transition écologique une source d’emplois décents. Une déclaration qui veut échapper au tiroir des promesses Conscients du fossé qui sépare souvent les déclarations politiques de leur mise en œuvre, les jeunes délégués ont prévu un mécanisme de suivi. Évaluations périodiques, bilans d’étape et baromètres citoyens doivent permettre de mesurer les progrès réalisés et de demander des comptes aux gouvernements et aux partenaires concernés. Avec la déclaration d’Accra, la jeunesse africaine adresse ainsi un message clair aux dirigeants : elle ne veut plus seulement être consultée au moment des grands rendez-vous politiques. Elle entend désormais participer aux décisions, contrôler leur mise en œuvre et contribuer directement à la construction du continent..⏱ Temps de lecture estimé : 5 minutes
Venus d’Afrique du Nord, de l’Ouest, du Centre, de l’Est, de l’océan Indien, de l’espace lusophone et de la diaspora, ces jeunes dressent le constat d’un continent partagé entre un immense potentiel et des défis persistants. Ressources naturelles, jeunesse, créativité et innovation côtoient déficits démocratiques, inégalités, obstacles à la mobilité, vulnérabilités climatiques et fragilités institutionnelles.
Pour les participants, la jeunesse africaine ne saurait rester cantonnée au rôle de spectatrice. Elle doit participer pleinement aux décisions qui déterminent son avenir.
Démocratie : passer de la consultation à la participation
La Déclaration d’Accra place la citoyenneté et la gouvernance au cœur de ses priorités. La jeunesse réclame une éducation civique permanente, capable notamment de renforcer la résistance des citoyens à la désinformation.
Les jeunes demandent également une meilleure protection de l’espace civique, la fin de la criminalisation des manifestations pacifiques et davantage de transparence dans la gestion des ressources publiques. La publication proactive des budgets et des contrats de l’État figure parmi leurs principales revendications.
Le texte propose aussi une plateforme numérique civique continentale ainsi que l’expérimentation du prototype « Savoir Agir », destiné à renforcer les compétences de jeunes leaders.
20 % de jeunes dans les décisions sécuritaires
Sur le front de la paix et de la sécurité, les jeunes Africains à Accra estiment qu’ils doivent être associés aux mécanismes de prévention et de résolution des conflits. Ils proposent notamment qu’au moins 20 % des instances de décision liées à la sécurité et à la consolidation de la paix soient réservés à la représentation des jeunes.
La déclaration préconise également la création d’un Fonds panafricain pour la consolidation de la paix porté par les jeunes. Elle alerte par ailleurs sur l’utilisation des algorithmes et des discours de haine susceptibles d’accentuer la polarisation des sociétés africaines.
Mobilité, santé et prospérité partagée
Les revendications dépassent le champ politique. Les jeunes participants plaident pour un accès universel à la santé sexuelle et reproductive, la lutte contre les mutilations génitales féminines et les mariages précoces, ainsi qu’un financement accru de la santé mentale et de la prise en charge du VIH pédiatrique.
La mobilité intra-africaine constitue également une priorité. Les jeunes Africains appellent à simplifier les procédures de visa, à favoriser la reconnaissance mutuelle des diplômes et à assurer une meilleure portabilité des protections sociales.
Sur le plan économique, ils remettent en cause le modèle fondé principalement sur l’exportation des matières premières. Ils proposent notamment la création d’une Banque africaine de développement de la jeunesse et d’un Fonds panafricain de capital jeunesse afin de mieux orienter les investissements, notamment ceux issus de la diaspora, vers l’entrepreneuriat et la création d’emplois.
Souveraineté numérique et transition écologique
La déclaration d’Accra considère enfin l’accès au numérique comme une question de démocratie et de souveraineté. Les jeunes condamnent les coupures d’Internet et appellent à une gouvernance africaine de l’intelligence artificielle, fondée sur les intérêts du continent.
Face au changement climatique, ils dénoncent ce qu’ils qualifient de « colonialisme vert » et réclament des financements climatiques sous forme de dons plutôt que de nouveaux endettements. Ils proposent également un programme panafricain de compétences vertes pour faire de la transition écologique une source d’emplois décents.
Une déclaration qui veut échapper au tiroir des promesses
Conscients du fossé qui sépare souvent les déclarations politiques de leur mise en œuvre, les jeunes délégués ont prévu un mécanisme de suivi. Évaluations périodiques, bilans d’étape et baromètres citoyens doivent permettre de mesurer les progrès réalisés et de demander des comptes aux gouvernements et aux partenaires concernés.
Avec la déclaration d’Accra, la jeunesse africaine adresse ainsi un message clair aux dirigeants : elle ne veut plus seulement être consultée au moment des grands rendez-vous politiques. Elle entend désormais participer aux décisions, contrôler leur mise en œuvre et contribuer directement à la construction du continent.