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Du 26 au 29 mai 2026, le Forum international sur la sécurité a eu lieu à Moscou. Elle réaffirme les aspirations de la Russie en Afrique, tout en soulignant aussi leurs contraintes en termes d'opérationnalité. Éric Topona.. Le dernier Forum international sur la sécurité a révélé un décalage saisissant entre une stratégie ambitieuse exprimée et la situation sécuritaire peu reluisante observée dans de nombreux pays africains. Ainsi, le Kremlin a exploité cette plateforme du forum comme un outil de représentation diplomatique et symbolique. Les responsables russes ont saisi cette occasion pour souligner leur résilience diplomatique : démontrer leur capacité à rassembler encore des délégations internationales, en particulier une grande partie de pays africains. Et surtout, se positionner en tant qu’allié sécuritaire pour des pays africains cherchant d’autres partenaires que les pays occidentaux. Aptitude à rassembler Depuis quelques années, la Russie s’affirme comme un partenaire sécuritaire de substitution pour certains pays africains, particulièrement suite au retrait contraint des troupes françaises du Mali, du Burkina Faso, du Niger et du Tchad, entre autres. La finalité recherchée est d’atténuer l’isolement international de Moscou depuis l’invasion de l’Ukraine le 24 février 2022. À travers ce narratif, les Russes justifient leur présence sur le continent africain, tout en s’inscrivant dans la longue tradition anti-impérialiste héritée de la Guerre froide. Ainsi, le Forum de Moscou, qui a regroupé plus de 120 pays, a donné l’opportunité aux Russes de montrer leur aptitude à rassembler autant de pays à l’échelle mondiale, en particulier africaine. Une réorganisation post-Wagner fragile Après la mort d’Evgueni Prigojine et la dissolution du groupe qu’il a fondé, Wagner, la Russie a restructuré le dispositif de sa présence militaire en Afrique. C’est ainsi que Wagner a été remplacé par Africa Corps. Ce bras militaire est placé sous le contrôle direct du ministère russe de la Défense. L’objectif est de passer d’un modèle de mercenariat opaque à une présence militaire plus ou moins assumée. Bilan sécuritaire contrasté Sur le terrain, le bilan du partenariat russe avec certains pays africains du Sahel central est contrasté avec son incapacité à inverser la dynamique sécuritaire qui va de mal en pis. On se rappelle du retrait négocié de Kidal des forces d’Africa Corps après la prise de la ville par les éléments du Front de libération de l’Azawad (FLA) et leurs alliés du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim). Malgré la présence russe, les actes de violence djihadistes continuent au Burkina Faso. Ces illustrations nourrissent l’idée d’un écart entre les promesses en matière de sécurité et l’efficacité sur le terrain. D’après nos informations, Faustin-Archange Touadéra, le président centrafricain, est toujours indécis quant à la signature d’un accord avec Africa Corps. Bangui envisagerait de nouer des liens avec d’autres partenaires, y compris avec les Émirats arabes unis..⏱ Temps de lecture estimé : 3 minutes
Le dernier Forum international sur la sécurité a révélé un décalage saisissant entre une stratégie ambitieuse exprimée et la situation sécuritaire peu reluisante observée dans de nombreux pays africains. Ainsi, le Kremlin a exploité cette plateforme du forum comme un outil de représentation diplomatique et symbolique. Les responsables russes ont saisi cette occasion pour souligner leur résilience diplomatique : démontrer leur capacité à rassembler encore des délégations internationales, en particulier une grande partie de pays africains. Et surtout, se positionner en tant qu’allié sécuritaire pour des pays africains cherchant d’autres partenaires que les pays occidentaux.
Aptitude à rassembler
Depuis quelques années, la Russie s’affirme comme un partenaire sécuritaire de substitution pour certains pays africains, particulièrement suite au retrait contraint des troupes françaises du Mali, du Burkina Faso, du Niger et du Tchad, entre autres. La finalité recherchée est d’atténuer l’isolement international de Moscou depuis l’invasion de l’Ukraine le 24 février 2022. À travers ce narratif, les Russes justifient leur présence sur le continent africain, tout en s’inscrivant dans la longue tradition anti-impérialiste héritée de la Guerre froide.
Ainsi, le Forum de Moscou, qui a regroupé plus de 120 pays, a donné l’opportunité aux Russes de montrer leur aptitude à rassembler autant de pays à l’échelle mondiale, en particulier africaine.
Une réorganisation post-Wagner fragile
Après la mort d’Evgueni Prigojine et la dissolution du groupe qu’il a fondé, Wagner, la Russie a restructuré le dispositif de sa présence militaire en Afrique. C’est ainsi que Wagner a été remplacé par Africa Corps. Ce bras militaire est placé sous le contrôle direct du ministère russe de la Défense. L’objectif est de passer d’un modèle de mercenariat opaque à une présence militaire plus ou moins assumée.
Bilan sécuritaire contrasté
Sur le terrain, le bilan du partenariat russe avec certains pays africains du Sahel central est contrasté avec son incapacité à inverser la dynamique sécuritaire qui va de mal en pis.
On se rappelle du retrait négocié de Kidal des forces d’Africa Corps après la prise de la ville par les éléments du Front de libération de l’Azawad (FLA) et leurs alliés du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim).
Malgré la présence russe, les actes de violence djihadistes continuent au Burkina Faso.
Ces illustrations nourrissent l’idée d’un écart entre les promesses en matière de sécurité et l’efficacité sur le terrain.
D’après nos informations, Faustin-Archange Touadéra, le président centrafricain, est toujours indécis quant à la signature d’un accord avec Africa Corps. Bangui envisagerait de nouer des liens avec d’autres partenaires, y compris avec les Émirats arabes unis.
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