⏱ Temps de lecture estimé : 5 minutes
Dans la salle de la radio FM Liberté, ce mardi 15 septembre 2026, le collectif des avocats du général centrafricain Abdoulaye Miskine, de son vrai nom Martin Koumtanmadji, a tenu une conférence de presse au vitriol. Entre vives dénonciations des failles juridiques relevées dans la procédure et cri d’alarme humanitaire adressé au président Mahamat Idriss Déby, Me Mognan Kembetiade et ses confrères entendent désormais porter le combat devant la Cour suprême. Par Éric Ngarlem Toldé.. Selon les conseils d’Abdoulaye Miskine, l’affaire remonte aux suites de l’accord de paix de Khartoum, signé le 6 février 2019 entre le gouvernement centrafricain et 14 groupes armés, dont le Front démocratique du peuple centrafricain (FDPC), dirigé par Abdoulaye Miskine. Alors nommé ministre de la Modernisation et de la Technologie moderne par le président Faustin-Archange Touadéra, le chef rebelle tente d’interpeller Bangui sur des violations répétées du cessez-le-feu. Contacté par la direction des renseignements militaires tchadiens, sous l’égide du défunt maréchal Idriss Déby Itno, pour une médiation, Miskine se rend à N’Djamena en toute confiance. Mais le séjour, présenté comme une démarche de négociation, se transforme rapidement en arrestation. Après le refus du Tchad d’extrader le chef de guerre vers la Centrafrique, une information judiciaire est ouverte par la justice tchadienne. S’ensuivent sept années de détention préventive, une durée jugée abusive et contraire aux textes par la défense. Le verdict tombe finalement le 9 septembre 2026 : la première chambre criminelle de la cour d’appel de N’Djamena condamne le général Miskine à 15 ans de prison ferme et ses coaccusés à 10 ans d’emprisonnement. Une décision qualifiée d’injuste par le collectif d’avocats. « La Cour a elle-même constaté que le général Miskine se trouvait hors du territoire lors des faits reprochés remontant aux années 2001-2002, puisqu’il était alors en exil à Lomé, au Togo », rappelle le collectif. La défense pointe également les dérives de l’accusation et l’absence de preuves matérielles attestant d’une participation ou d’une complicité directe du prévenu. Riposte judiciaire : le pourvoi en cassation est déposé Face à ce qu’ils qualifient de déni de justice, les avocats de la défense, représentés notamment par Me Mognan Kembetiade, Me Midaye Guerimbaye, Me Ahmed Allafi, Me Madjitebaye Ganguimbaye et Me Colette Nadjio, ne comptent pas en rester là. Un pourvoi en cassation a été formellement enregistré le 11 septembre 2026 auprès du greffe de la cour d’appel. L’objectif affiché est d’amener la Cour suprême du Tchad à exercer un contrôle strict sur la légalité du jugement rendu. Pour les conseils du général, la juridiction criminelle n’a pas respecté le droit en prononçant cette peine sur la base de faits dont les constatations excluaient pourtant la présence de l’accusé sur les lieux des crimes. La défense en a également profité pour répliquer aux déclarations de la CASIDHO et du collectif des avocats des parties civiles. Ces derniers, contestant les montants des dédommagements accordés, envisagent eux aussi de se pourvoir en cassation. Les avocats de Miskine dénoncent un « dérapage » et accusent la CASIDHO d’avoir constitué un dossier avec de prétendues victimes tchadiennes qui n’auraient jamais séjourné en Centrafrique ni produit de pièces justificatives d’identité ou de nationalité lors des débats. Un état de santé critique à la prison de Kelssoum Au-delà de l’imminente bataille devant la Cour suprême, c’est l’urgence médicale qui préoccupe au plus haut point les proches et les défenseurs d’Abdoulaye Miskine. Incarcéré au quartier de haute sécurité de la maison d’arrêt de Kelssoum, aux côtés de détenus de droit commun et de personnes poursuivies pour terrorisme, le général souffrirait de plusieurs pathologies graves accumulées au fil des années. Selon des diagnostics médicaux présentés par la défense, les médecins font état de troubles rénaux sévères, de diabète, d’hypertension artérielle, de pathologies cardiaques et de complications ophtalmologiques. Les conditions carcérales actuelles, surpopulation, ventilation défaillante, forte chaleur, absence d’accès à une alimentation adaptée et indisponibilité de soins spécialisés, menaceraient directement sa vie, alerte le collectif. Appel humanitaire adressé au président Mahamat Idriss Déby Sans solliciter une immixtion du pouvoir exécutif dans le travail des juges ni remettre en cause l’autorité de la chose jugée, le collectif des avocats lance un appel solennel et humanitaire au chef de l’État tchadien, le maréchal Mahamat Idriss Déby. « La peine a pour objet de sanctionner une infraction ; elle ne saurait avoir pour conséquence de compromettre inutilement la vie ou l’intégrité physique d’un homme », soutiennent ses avocats. Ils réclament des mesures d’assouplissement ou une évacuation sanitaire d’urgence pour cet ancien haut dignitaire et acteur politique centrafricain. Reste désormais à savoir si cet appel à la clémence humanitaire trouvera un écho au sommet de l’État tchadien, alors même que le volet juridique de l’affaire s’apprête à être examiné par la plus haute juridiction du pays. Affaire à suivre….⏱ Temps de lecture estimé : 5 minutes
Selon les conseils d’Abdoulaye Miskine, l’affaire remonte aux suites de l’accord de paix de Khartoum, signé le 6 février 2019 entre le gouvernement centrafricain et 14 groupes armés, dont le Front démocratique du peuple centrafricain (FDPC), dirigé par Abdoulaye Miskine. Alors nommé ministre de la Modernisation et de la Technologie moderne par le président Faustin-Archange Touadéra, le chef rebelle tente d’interpeller Bangui sur des violations répétées du cessez-le-feu.
Contacté par la direction des renseignements militaires tchadiens, sous l’égide du défunt maréchal Idriss Déby Itno, pour une médiation, Miskine se rend à N’Djamena en toute confiance. Mais le séjour, présenté comme une démarche de négociation, se transforme rapidement en arrestation.
Après le refus du Tchad d’extrader le chef de guerre vers la Centrafrique, une information judiciaire est ouverte par la justice tchadienne. S’ensuivent sept années de détention préventive, une durée jugée abusive et contraire aux textes par la défense.
Le verdict tombe finalement le 9 septembre 2026 : la première chambre criminelle de la cour d’appel de N’Djamena condamne le général Miskine à 15 ans de prison ferme et ses coaccusés à 10 ans d’emprisonnement.
Une décision qualifiée d’injuste par le collectif d’avocats. « La Cour a elle-même constaté que le général Miskine se trouvait hors du territoire lors des faits reprochés remontant aux années 2001-2002, puisqu’il était alors en exil à Lomé, au Togo », rappelle le collectif.
La défense pointe également les dérives de l’accusation et l’absence de preuves matérielles attestant d’une participation ou d’une complicité directe du prévenu.
Face à ce qu’ils qualifient de déni de justice, les avocats de la défense, représentés notamment par Me Mognan Kembetiade, Me Midaye Guerimbaye, Me Ahmed Allafi, Me Madjitebaye Ganguimbaye et Me Colette Nadjio, ne comptent pas en rester là.
Un pourvoi en cassation a été formellement enregistré le 11 septembre 2026 auprès du greffe de la cour d’appel.
L’objectif affiché est d’amener la Cour suprême du Tchad à exercer un contrôle strict sur la légalité du jugement rendu. Pour les conseils du général, la juridiction criminelle n’a pas respecté le droit en prononçant cette peine sur la base de faits dont les constatations excluaient pourtant la présence de l’accusé sur les lieux des crimes.
La défense en a également profité pour répliquer aux déclarations de la CASIDHO et du collectif des avocats des parties civiles. Ces derniers, contestant les montants des dédommagements accordés, envisagent eux aussi de se pourvoir en cassation.
Les avocats de Miskine dénoncent un « dérapage » et accusent la CASIDHO d’avoir constitué un dossier avec de prétendues victimes tchadiennes qui n’auraient jamais séjourné en Centrafrique ni produit de pièces justificatives d’identité ou de nationalité lors des débats.
Au-delà de l’imminente bataille devant la Cour suprême, c’est l’urgence médicale qui préoccupe au plus haut point les proches et les défenseurs d’Abdoulaye Miskine.
Incarcéré au quartier de haute sécurité de la maison d’arrêt de Kelssoum, aux côtés de détenus de droit commun et de personnes poursuivies pour terrorisme, le général souffrirait de plusieurs pathologies graves accumulées au fil des années.
Selon des diagnostics médicaux présentés par la défense, les médecins font état de troubles rénaux sévères, de diabète, d’hypertension artérielle, de pathologies cardiaques et de complications ophtalmologiques.
Les conditions carcérales actuelles, surpopulation, ventilation défaillante, forte chaleur, absence d’accès à une alimentation adaptée et indisponibilité de soins spécialisés, menaceraient directement sa vie, alerte le collectif.
Sans solliciter une immixtion du pouvoir exécutif dans le travail des juges ni remettre en cause l’autorité de la chose jugée, le collectif des avocats lance un appel solennel et humanitaire au chef de l’État tchadien, le maréchal Mahamat Idriss Déby.
« La peine a pour objet de sanctionner une infraction ; elle ne saurait avoir pour conséquence de compromettre inutilement la vie ou l’intégrité physique d’un homme », soutiennent ses avocats.
Ils réclament des mesures d’assouplissement ou une évacuation sanitaire d’urgence pour cet ancien haut dignitaire et acteur politique centrafricain.
Reste désormais à savoir si cet appel à la clémence humanitaire trouvera un écho au sommet de l’État tchadien, alors même que le volet juridique de l’affaire s’apprête à être examiné par la plus haute juridiction du pays.
Affaire à suivre…