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​Démission des Organisations de défense des droits de l’Homme tchadiens

​Démission des Organisations de défense des droits de l’Homme tchadiens. Article écrit par Blaise Dariustone. Publié le 26 février 2026à 13h47

⏱ Temps de lecture estimé : 4 minutes

​C​es derniers temps, un silence inquiétant s'est installé au sein des organisations de défense des droits humains au Tchad. Comment ces organisations, dont la mission est de défendre les droits fondamentaux des citoyens, peuvent-elles rester mu​tiques face à des violations graves et à une restriction croissante de l’espace civique et politique dans le pays ?​ lCette question interpelle et appelle à une réflexion approfondie, comme le souligne une analyse du journaliste​ tchadien  Blaise Dariustone.. Depuis plusieurs années, de nombreuses associations de la société civile tchadienne, constituées à la suite de l’avènement démocratique qui a suivi la chute du régime de ​Hissène Habré, semblent avoir abandonné leur vocation initiale. Les cas d’enlèvement d’opposants politiques, d’acteurs de la société civile, ainsi que les violences intercommunautaires, les ​e​enlèvements contre rançon​s, la traite des enfants et les violences faites aux femmes se multiplient dans un climat d’impunité, sans que ces organisations, jadis réactives, s’expriment avec la vigueur qu’on attendrait​ d’elles. Ce contexte des plus alarmants se déroule dans une pauvreté inédite, qui semble pourtant ne pas émouvoir les autorités, à commencer par le ​président Mahamat Idriss Déby Itno et son Premier ministre ​Allamaye Halina. Les raisons d’une démission collective Quelles en sont les causes ? La peur des représailles pourrait-elle justifier ce mutisme ? Ou bien une démotivation résultant d’un environnement politique particulièrement hostile ? Si cela est probable, il apparaît que la réalité est plus complexe. À l’intérieur même de ces organisations, certains membres évoquent une dérive : l’intérêt financier semblerait avoir pris le pas sur l’engagement authentique en faveur des droits humains au Tchad. La gestion de projets financés par des bailleurs de fonds a conduit à une dispersion des priorités, éloignant ainsi ces acteurs de leur véritable mission. Il est impossible de ne pas relever le décalage entre les discours des leaders et leur train de vie souvent flamboyant. Nombre d’entre eux, se présentant comme des champions des plus démunis, semblent davantage préoccupés par leur enrichissement personnel que par la condition des populations qu’ils prétendent défendre. L’an​cien président Idriss Déby Itno, en qualifiant certains de « fonctionnaires des droits ​de l’homme », a, là encore, souligné une problématique qui mérite d’être examinée de près. Cette provocation, bien que controversée, résonne avec acuité dans le quotidien des organisations censées défendre les droits humains, qui paraissent avoir perdu de vue leur essence ​Présence sur le terrain La défense des droits humains ne se limite pas à la mise en œuvre de projets conçus dans des bureaux climatisés ou à des séminaires tenus dans des hôtels de luxe. Elle requiert une présence tangible sur le terrain. Il est impératif que les acteurs de la société civile se détournent de leurs écrans et aillent sur le terrain, là où se déroulent les violations​ de tous ordres. C’est ainsi qu’ils pourront redonner un sens à leur engagement et incarner véritablement leur rôle de défenseurs des droits humains. Les organisations de la société civile tchadienne doivent retrouver leur fonction de garde-fou, veillant à assurer une surveillance des actions gouvernementales, des politiques publiques et des droits humains, afin de garantir transparence, responsabilité et justice sociale. Comme l’affirme l’article 03 de la Déclaration universelle des droits de l’Homme : « Tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sécurité de sa personne ». Ce terme de « sécurité » n’a pas été choisi par hasard ; il traduit la nécessité d’une protection effective au sein de tout État..

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​C​es derniers temps, un silence inquiétant s’est installé au sein des organisations de défense des droits humains au Tchad. Comment ces organisations, dont la mission est de défendre les droits fondamentaux des citoyens, peuvent-elles rester mu​tiques face à des violations graves et à une restriction croissante de l’espace civique et politique dans le pays ?​ lCette question interpelle et appelle à une réflexion approfondie, comme le souligne une analyse du journaliste​ tchadien  Blaise Dariustone.

Depuis plusieurs années, de nombreuses associations de la société civile tchadienne, constituées à la suite de l’avènement démocratique qui a suivi la chute du régime de Hissène Habré, semblent avoir abandonné leur vocation initiale. Les cas d’enlèvement d’opposants politiques, d’acteurs de la société civile, ainsi que les violences intercommunautaires, les e​enlèvements contre rançon​s, la traite des enfants et les violences faites aux femmes se multiplient dans un climat d’impunité, sans que ces organisations, jadis réactives, s’expriment avec la vigueur qu’on attendrait​ d’elles. Ce contexte des plus alarmants se déroule dans une pauvreté inédite, qui semble pourtant ne pas émouvoir les autorités, à commencer par le ​président Mahamat Idriss Déby Itno et son Premier ministre Allamaye Halina.

Les raisons d’une démission collective

Quelles en sont les causes ? La peur des représailles pourrait-elle justifier ce mutisme ? Ou bien une démotivation résultant d’un environnement politique particulièrement hostile ? Si cela est probable, il apparaît que la réalité est plus complexe. À l’intérieur même de ces organisations, certains membres évoquent une dérive : l’intérêt financier semblerait avoir pris le pas sur l’engagement authentique en faveur des droits humains au Tchad. La gestion de projets financés par des bailleurs de fonds a conduit à une dispersion des priorités, éloignant ainsi ces acteurs de leur véritable mission.

Il est impossible de ne pas relever le décalage entre les discours des leaders et leur train de vie souvent flamboyant. Nombre d’entre eux, se présentant comme des champions des plus démunis, semblent davantage préoccupés par leur enrichissement personnel que par la condition des populations qu’ils prétendent défendre. L’ancien président Idriss Déby Itno, en qualifiant certains de « fonctionnaires des droits de l’homme », a, là encore, souligné une problématique qui mérite d’être examinée de près. Cette provocation, bien que controversée, résonne avec acuité dans le quotidien des organisations censées défendre les droits humains, qui paraissent avoir perdu de vue leur essence

​Présence sur le terrain

La défense des droits humains ne se limite pas à la mise en œuvre de projets conçus dans des bureaux climatisés ou à des séminaires tenus dans des hôtels de luxe. Elle requiert une présence tangible sur le terrain. Il est impératif que les acteurs de la société civile se détournent de leurs écrans et aillent sur le terrain, là où se déroulent les violations​ de tous ordres. C’est ainsi qu’ils pourront redonner un sens à leur engagement et incarner véritablement leur rôle de défenseurs des droits humains.

Les organisations de la société civile tchadienne doivent retrouver leur fonction de garde-fou, veillant à assurer une surveillance des actions gouvernementales, des politiques publiques et des droits humains, afin de garantir transparence, responsabilité et justice sociale. Comme l’affirme l’article 03 de la Déclaration universelle des droits de l’Homme : « Tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sécurité de sa personne ». Ce terme de « sécurité » n’a pas été choisi par hasard ; il traduit la nécessité d’une protection effective au sein de tout État.

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