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Conflits intercommunautaires au Tchad et la nécessaire réforme de la gouvernance administrative

Conflits intercommunautaires au Tchad et la nécessaire réforme de la gouvernance administrative. Article écrit par Blaise Dariustone. Publié le 30 avril 2026à 19h11

⏱ Temps de lecture estimé : 3 minutes

Le drame survenu récemment dans la région du Wadi Fira, où une simple dispute autour d’un puits d’eau a coûté la vie à une cinquantaine de nos compatriotes, est bien plus qu’un fait divers tragique. Il est le symbole d’une crise profonde qui secoue notre pays et met en lumière l’incapacité du régime MPS à garantir un accès minimum à une ressource vitale, l'eau potable. Blaise Dariustone.. Jamais notre nation n’a connu une telle flambée de repli identitaire ni des combats aussi sanglants entre ethnies, clans et tribus. Le puits, source de vie, est devenu source de mort. Le massacre de Wadi Fira ne fait que s’ajouter à une liste trop longue d’affrontements sanglants liés à l’accès à l’eau potable. Souvenons-nous encore ​des récents événements de novembre 2025, où trente-trois personnes ont perdu la vie dans des violences survenues entre Hadjer-Lamis et Barh-El-Gazal, pour une raison similaire. Depuis près de cinq ans, ces conflits sont récurrents, révélant un problème structurel que le gouvernement semble incapable de résoudre. Les ministres de l’Administration du Territoire et de la Sécurité se contentent souvent d’effectuer des visites post-factum, semblables à des médecins légistes appelés trop tard. Ces gestes, loin d’apaiser, exposent au grand jour la démission d’un État incapable d’assumer ses responsabilités fondamentales. Dans un Tchad où « administrer, c’est prévenir », l’administration est aujourd’hui quasi absente, laissant place au chaos. Du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest, les affrontements se multiplient, témoignant d’un effroyable désordre généralisé. Les querelles dépassent désormais les simples différends autour des puits : elles s’étendent à la dévastation des champs, aux luttes territoriales entre villages, cantons et ferricks, exacerbées par des décennies d’incompétence et de négligence des autorités tchadiennes. Comment bâtir une nation lorsque le régime ne protège même pas une seule famille vivant paisiblement dans un village ? Les scènes de désolation – familles expulsées, mères inconsolables, enfants orphelins – devraient hanter la conscience collective, en particulier celle de ceux qui dirigent notre pays. Le  Président de la République, Mahamat Idriss Déby Itno et son Premier ministre Allamaye Halina, doivent mesurer pleinement la gravité de cette crise. La gestion de l’eau, des ressources naturelles, et des conflits intercommunautaires ne peut rester un sujet tabou. C’est une priorité nationale, urgente. Si les cadres actuels du Ministère de l’Administration du Territoire manquent de compétence ou de volonté pour repenser une organisation efficace, il faut alors aller chercher cette expertise ailleurs, même à l’extérieur du pays. Il n’y a aucune honte à cela ; car actuellement le Tchad a plus que  besoin d’une administration viable, ingénieuse, véritablement au service des populations. Le véritable leadership ne se mesure pas à la capacité de conserver le pouvoir par la force ou la peur, mais à celle de bâtir un avenir meilleur pour tous les citoyens. Cette tragédie autour d’un puits d’eau doit être un électrochoc qui nous pousse à repenser notre modèle de gouvernance, à reconstruire un État protecteur et efficace. Monsieur le Président Mahamat Idriss Itno, prenez vos responsabilités maintenant, pour que demain, aucun enfant tchadien ne perde la vie pour boire, et qu’aucune famille ne soit forcée de fuir sa terre natale par peur du voisin..

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Le drame survenu récemment dans la région du Wadi Fira, où une simple dispute autour d’un puits d’eau a coûté la vie à une cinquantaine de nos compatriotes, est bien plus qu’un fait divers tragique. Il est le symbole d’une crise profonde qui secoue notre pays et met en lumière l’incapacité du régime MPS à garantir un accès minimum à une ressource vitale, l’eau potable. Blaise Dariustone.

Jamais notre nation n’a connu une telle flambée de repli identitaire ni des combats aussi sanglants entre ethnies, clans et tribus. Le puits, source de vie, est devenu source de mort. Le massacre de Wadi Fira ne fait que s’ajouter à une liste trop longue d’affrontements sanglants liés à l’accès à l’eau potable.

Souvenons-nous encore ​des récents événements de novembre 2025, où trente-trois personnes ont perdu la vie dans des violences survenues entre Hadjer-Lamis et Barh-El-Gazal, pour une raison similaire. Depuis près de cinq ans, ces conflits sont récurrents, révélant un problème structurel que le gouvernement semble incapable de résoudre.

Les ministres de l’Administration du Territoire et de la Sécurité se contentent souvent d’effectuer des visites post-factum, semblables à des médecins légistes appelés trop tard. Ces gestes, loin d’apaiser, exposent au grand jour la démission d’un État incapable d’assumer ses responsabilités fondamentales. Dans un Tchad où « administrer, c’est prévenir », l’administration est aujourd’hui quasi absente, laissant place au chaos.

Du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest, les affrontements se multiplient, témoignant d’un effroyable désordre généralisé. Les querelles dépassent désormais les simples différends autour des puits : elles s’étendent à la dévastation des champs, aux luttes territoriales entre villages, cantons et ferricks, exacerbées par des décennies d’incompétence et de négligence des autorités tchadiennes.

Comment bâtir une nation lorsque le régime ne protège même pas une seule famille vivant paisiblement dans un village ? Les scènes de désolation – familles expulsées, mères inconsolables, enfants orphelins – devraient hanter la conscience collective, en particulier celle de ceux qui dirigent notre pays.

Le  Président de la République, Mahamat Idriss Déby Itno et son Premier ministre Allamaye Halina, doivent mesurer pleinement la gravité de cette crise. La gestion de l’eau, des ressources naturelles, et des conflits intercommunautaires ne peut rester un sujet tabou. C’est une priorité nationale, urgente.

Si les cadres actuels du Ministère de l’Administration du Territoire manquent de compétence ou de volonté pour repenser une organisation efficace, il faut alors aller chercher cette expertise ailleurs, même à l’extérieur du pays. Il n’y a aucune honte à cela ; car actuellement le Tchad a plus que  besoin d’une administration viable, ingénieuse, véritablement au service des populations.

Le véritable leadership ne se mesure pas à la capacité de conserver le pouvoir par la force ou la peur, mais à celle de bâtir un avenir meilleur pour tous les citoyens.

Cette tragédie autour d’un puits d’eau doit être un électrochoc qui nous pousse à repenser notre modèle de gouvernance, à reconstruire un État protecteur et efficace.

Monsieur le Président Mahamat Idriss Itno, prenez vos responsabilités maintenant, pour que demain, aucun enfant tchadien ne perde la vie pour boire, et qu’aucune famille ne soit forcée de fuir sa terre natale par peur du voisin.

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