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Le bras de fer autour de Samuel Eto’o prend une nouvelle tournure. Ce vendredi 18 septembre 2026, le président de la Fédération camerounaise de football (Fecafoot) a relayé sur sa page Facebook une interview de Salomon Beas, ancien militant du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC). Ce dernier accuse son ancienne formation politique d’avoir organisé une campagne destinée à ternir l’image du patron du football camerounais, allant jusqu’à évoquer le financement d’influenceurs.. Cette offensive intervient alors que Samuel Eto’o est déjà sous pression à la suite de révélations de la presse concernant un prétendu versement de 567 570 euros effectué par la Fédération russe de football après le match amical Russie-Cameroun disputé à Moscou en octobre 2023. Une vidéo relayée par Eto’o et un message offensif Sur son compte Facebook officiel, Samuel Eto’o a accompagné la vidéo d’un message particulièrement dur. Sans désigner explicitement ses adversaires, le président de la Fecafoot accuse certains individus de « détruire méthodiquement » le Cameroun au bénéfice de personnes dont il affirme connaître l’identité. Le choix de la vidéo relayée n’est cependant pas anodin. Son auteur, Salomon Beas, est un ancien cadre, militant du MRC, formation dirigée par Maurice Kamto. Dans son entretien, Beas affirme avoir été témoin de réunions internes au cours desquelles Samuel Eto’o aurait été ciblé. Selon son récit, des responsables auraient même cherché à mobiliser des influenceurs afin de dégrader la réputation de l’ancien capitaine des Lions indomptables. Ces accusations restent toutefois, à ce stade, les déclarations d’un ancien membre du parti. Les éléments disponibles ne permettent pas d’établir indépendamment l’existence de ces réunions ni de confirmer un éventuel financement d’influenceurs par le MRC. 2018, point de départ supposé de l’affrontement Salomon Beas situe l’origine du différend en 2018. À cette époque, Samuel Eto’o avait apporté son soutien à Paul Biya dans le cadre de l’élection présidentielle camerounaise. Pour l’ancien militant du MRC, cette prise de position aurait constitué le principal motif de l’hostilité de certains responsables de son ancienne formation envers la star du football. « Son seul péché, c’était d’avoir dit qu’il soutient le président Paul Biya », affirme-t-il dans l’interview. Le propos mérite d’être replacé dans son contexte politique. Le MRC avait contesté les résultats de l’élection présidentielle de 2018, remportée selon les résultats officiels par Paul Biya. Mais les relations entre Maurice Kamto et Samuel Eto’o ne se résument pas à une opposition permanente. En février 2025, le président du MRC avait publiquement présenté l’ancien footballeur comme un joueur de « talent » et de « génie », allant jusqu’à le qualifier d’« icône absolue » du football camerounais. Cette déclaration publique contraste donc avec le récit livré aujourd’hui par Salomon Beas. Les 567 570 euros qui empoisonnent le dossier La sortie de Samuel Eto’o intervient surtout dans un moment très délicat pour la gouvernance de la Fecafoot. En effet, le 10 septembre 2026, The Times a révélé que des documents liés au match Russie-Cameroun de 2023 faisaient apparaître deux paiements de 455 056 euros et 112 514 euros, soit un total de 567 570 euros. Selon le quotidien britannique, les fonds auraient été versés sur un compte ouvert au nom de Samuel Eto’o auprès de la Qatar National Bank, à Doha. Des documents examinés par Camfoot présentent également le contrat conclu entre les deux fédérations et indiquent que la somme de 567 570 euros correspondait au montant dû à la Fecafoot pour la participation camerounaise au match. Le même média rapporte que les documents financiers consultés désignent un compte personnel de Samuel Eto’o comme destinataire. Le problème ne réside donc pas uniquement dans l’existence du paiement. La question centrale porte désormais sur la destination finale des fonds et leur éventuelle inscription dans les comptes de la Fecafoot. D’anciens responsables de la fédération affirment ne pas avoir retrouvé de preuve comptable ou bancaire établissant que l’argent aurait ensuite été reversé sur un compte officiel de l’institution. Cette affirmation constitue l’un des principaux points soulevés dans les révélations de la presse. Eto’o invoque des contraintes techniques Autour de Samuel Eto’o, les explications avancées sont différentes. Son entourage soutient notamment que des contraintes administratives et bancaires auraient compliqué le versement direct des fonds sur un compte de la Fecafoot. Les sanctions internationales visant la Russie sont également évoquées comme facteur ayant compliqué les opérations bancaires. Selon cette version, Samuel Eto’o aurait été mandaté pour servir d’intermédiaire dans la réception des fonds. Mais une question demeure : où est passée la somme après son arrivée sur le compte personnel du président de la Fecafoot ? C’est précisément sur ce point que les critiques demandent des documents permettant d’établir la traçabilité complète de l’argent. La FIFA également interpellée L’affaire ne se limite plus au Cameroun. Des anciens responsables de la Fecafoot affirment avoir saisi la commission d’éthique de la FIFA au sujet de cette affaire et déplorent l’absence d’informations sur l’évolution du dossier. The Times rapporte également ces démarches. Des interrogations ont par ailleurs été formulées autour de la proximité entre Samuel Eto’o et le président de la FIFA, Gianni Infantino. Il s’agit toutefois d’interrogations formulées par ses détracteurs, et non d’une preuve établissant une intervention de Gianni Infantino dans une procédure disciplinaire. La FIFA affirme, de son côté, que ses organes judiciaires sont indépendants et que son président n’a aucune influence sur leurs décisions. Une contre-offensive sur fond de controverse C’est dans ce climat que Samuel Eto’o choisit aujourd’hui de remettre au premier plan les accusations de Salomon Beas contre le MRC. Le calendrier interpelle : au moment où la gestion des fonds russes nourrit les demandes d’explications, le président de la Fecafoot diffuse le témoignage d’un ancien militant d’un parti d’opposition l’accusant d’avoir orchestré, avec des influenceurs, une campagne contre lui. Pour l’heure, deux dossiers avancent donc parallèlement. D’un côté, des accusations politiques formulées par un ancien militant du MRC, dont les affirmations restent à corroborer par des éléments indépendants. De l’autre, une affaire financière appuyée par des documents bancaires et contractuels rapportés par plusieurs médias, mais dont la traçabilité complète des fonds demeure au cœur des interrogations. La bataille de communication, elle, est bel et bien lancée. Reste maintenant à savoir si les prochaines pièces versées au dossier permettront de distinguer définitivement l’offensive politique de la question comptable..⏱ Temps de lecture estimé : 7 minutes
Cette offensive intervient alors que Samuel Eto’o est déjà sous pression à la suite de révélations de la presse concernant un prétendu versement de 567 570 euros effectué par la Fédération russe de football après le match amical Russie-Cameroun disputé à Moscou en octobre 2023.
Sur son compte Facebook officiel, Samuel Eto’o a accompagné la vidéo d’un message particulièrement dur. Sans désigner explicitement ses adversaires, le président de la Fecafoot accuse certains individus de « détruire méthodiquement » le Cameroun au bénéfice de personnes dont il affirme connaître l’identité.
Le choix de la vidéo relayée n’est cependant pas anodin. Son auteur, Salomon Beas, est un ancien cadre, militant du MRC, formation dirigée par Maurice Kamto. Dans son entretien, Beas affirme avoir été témoin de réunions internes au cours desquelles Samuel Eto’o aurait été ciblé.
Selon son récit, des responsables auraient même cherché à mobiliser des influenceurs afin de dégrader la réputation de l’ancien capitaine des Lions indomptables.
Ces accusations restent toutefois, à ce stade, les déclarations d’un ancien membre du parti. Les éléments disponibles ne permettent pas d’établir indépendamment l’existence de ces réunions ni de confirmer un éventuel financement d’influenceurs par le MRC.
Salomon Beas situe l’origine du différend en 2018. À cette époque, Samuel Eto’o avait apporté son soutien à Paul Biya dans le cadre de l’élection présidentielle camerounaise.
Pour l’ancien militant du MRC, cette prise de position aurait constitué le principal motif de l’hostilité de certains responsables de son ancienne formation envers la star du football.
« Son seul péché, c’était d’avoir dit qu’il soutient le président Paul Biya », affirme-t-il dans l’interview.
Le propos mérite d’être replacé dans son contexte politique. Le MRC avait contesté les résultats de l’élection présidentielle de 2018, remportée selon les résultats officiels par Paul Biya. Mais les relations entre Maurice Kamto et Samuel Eto’o ne se résument pas à une opposition permanente. En février 2025, le président du MRC avait publiquement présenté l’ancien footballeur comme un joueur de « talent » et de « génie », allant jusqu’à le qualifier d’« icône absolue » du football camerounais.
Cette déclaration publique contraste donc avec le récit livré aujourd’hui par Salomon Beas.
La sortie de Samuel Eto’o intervient surtout dans un moment très délicat pour la gouvernance de la Fecafoot.
En effet, le 10 septembre 2026, The Times a révélé que des documents liés au match Russie-Cameroun de 2023 faisaient apparaître deux paiements de 455 056 euros et 112 514 euros, soit un total de 567 570 euros. Selon le quotidien britannique, les fonds auraient été versés sur un compte ouvert au nom de Samuel Eto’o auprès de la Qatar National Bank, à Doha.
Des documents examinés par Camfoot présentent également le contrat conclu entre les deux fédérations et indiquent que la somme de 567 570 euros correspondait au montant dû à la Fecafoot pour la participation camerounaise au match. Le même média rapporte que les documents financiers consultés désignent un compte personnel de Samuel Eto’o comme destinataire.
Le problème ne réside donc pas uniquement dans l’existence du paiement. La question centrale porte désormais sur la destination finale des fonds et leur éventuelle inscription dans les comptes de la Fecafoot.
D’anciens responsables de la fédération affirment ne pas avoir retrouvé de preuve comptable ou bancaire établissant que l’argent aurait ensuite été reversé sur un compte officiel de l’institution. Cette affirmation constitue l’un des principaux points soulevés dans les révélations de la presse.
Autour de Samuel Eto’o, les explications avancées sont différentes. Son entourage soutient notamment que des contraintes administratives et bancaires auraient compliqué le versement direct des fonds sur un compte de la Fecafoot. Les sanctions internationales visant la Russie sont également évoquées comme facteur ayant compliqué les opérations bancaires.
Selon cette version, Samuel Eto’o aurait été mandaté pour servir d’intermédiaire dans la réception des fonds.
Mais une question demeure : où est passée la somme après son arrivée sur le compte personnel du président de la Fecafoot ?
C’est précisément sur ce point que les critiques demandent des documents permettant d’établir la traçabilité complète de l’argent.
L’affaire ne se limite plus au Cameroun. Des anciens responsables de la Fecafoot affirment avoir saisi la commission d’éthique de la FIFA au sujet de cette affaire et déplorent l’absence d’informations sur l’évolution du dossier. The Times rapporte également ces démarches.
Des interrogations ont par ailleurs été formulées autour de la proximité entre Samuel Eto’o et le président de la FIFA, Gianni Infantino. Il s’agit toutefois d’interrogations formulées par ses détracteurs, et non d’une preuve établissant une intervention de Gianni Infantino dans une procédure disciplinaire.
La FIFA affirme, de son côté, que ses organes judiciaires sont indépendants et que son président n’a aucune influence sur leurs décisions.
C’est dans ce climat que Samuel Eto’o choisit aujourd’hui de remettre au premier plan les accusations de Salomon Beas contre le MRC.
Le calendrier interpelle : au moment où la gestion des fonds russes nourrit les demandes d’explications, le président de la Fecafoot diffuse le témoignage d’un ancien militant d’un parti d’opposition l’accusant d’avoir orchestré, avec des influenceurs, une campagne contre lui.
Pour l’heure, deux dossiers avancent donc parallèlement. D’un côté, des accusations politiques formulées par un ancien militant du MRC, dont les affirmations restent à corroborer par des éléments indépendants. De l’autre, une affaire financière appuyée par des documents bancaires et contractuels rapportés par plusieurs médias, mais dont la traçabilité complète des fonds demeure au cœur des interrogations.
La bataille de communication, elle, est bel et bien lancée. Reste maintenant à savoir si les prochaines pièces versées au dossier permettront de distinguer définitivement l’offensive politique de la question comptable.