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Cameroun : quatre journalistes interpellés dans l’affaire des lunettes disparues d’un ministre à Yaoundé

Cameroun : quatre journalistes interpellés dans l’affaire des lunettes disparues d’un ministre à Yaoundé. Article écrit par Éric Ngarlem Toldé. Publié le 21 septembre 2026à 12h47

⏱ Temps de lecture estimé : 6 minutes

François Essomba, Igor Gwet Bibey, Solange Djuikam et Pierre Mouchili ont été interpellés le 16 septembre au Palais des Congrès de Yaoundé, alors qu’ils couvraient une activité de la Banque islamique de développement. Leur arrestation serait liée à la disparition présumée des lunettes du ministre Alamine Ousmane Mey. Une affaire qui provoque l’indignation des organisations professionnelles des médias.. Une couverture médiatique qui se transforme en garde à vue. C’est la situation dans laquelle se retrouvent quatre journalistes camerounais depuis le 16 septembre 2026. François Essomba, Igor Gwet Bibey, Solange Djuikam et Pierre Mouchili ont été interpellés alors qu’ils exerçaient leur métier au Palais des Congrès de Yaoundé, à l’occasion d’une cérémonie organisée dans le cadre des activités de la Banque islamique de développement (BID). Selon plusieurs sources médiatiques concordantes, leur interpellation serait liée à la disparition des lunettes du ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire, Alamine Ousmane Mey. À ce stade, les informations disponibles font état de soupçons et non d’une quelconque condamnation ou reconnaissance de culpabilité des quatre professionnels. Une cérémonie officielle qui tourne à l’interpellation Les faits remontent au mercredi 16 septembre, lors de la clôture des journées du groupe de la BID au Cameroun. Les quatre journalistes étaient présents pour assurer la couverture de l’événement. François Essomba exerce pour Chine Afrique, Igor Gwet Bibey pour Inform Plus, Solange Djuikam pour Univers Info.net et Pierre Mouchili pour Le Procès International, selon les informations publiées par plusieurs médias camerounais. Alors que leur présence relevait, selon ces sources, de leur activité professionnelle, ils ont été interpellés par des éléments de la police. Ils auraient d’abord été conduits au commissariat du 10ᵉ arrondissement de Bastos, avant d’être transférés au commissariat central nᵒ 1 de Yaoundé. Le motif évoqué serait une suspicion concernant les lunettes du ministre Alamine Ousmane Mey, qui auraient disparu durant les activités de la BID organisées du 14 au 16 septembre. Une situation pour le moins inhabituelle : quatre journalistes présents pour prendre des images, recueillir des informations et rendre compte d’une cérémonie officielle se retrouvent eux-mêmes au centre d’une procédure policière. Le SPIC monte au créneau L’affaire a rapidement provoqué la réaction du Syndicat national des professionnels de l’information et de la communication (SPIC). Dans une communication rendue publique le 19 septembre, l’organisation syndicale dénonce une interpellation qu’elle considère comme abusive et conteste les conditions dans lesquelles les quatre journalistes ont été placés en détention. Le syndicat affirme que les éléments disponibles ne permettraient pas, selon lui, de justifier les mesures prises contre les professionnels concernés. Le SPIC annonce par ailleurs le déploiement, à partir du 21 septembre, de démarches juridiques et d’actions de plaidoyer afin de défendre les journalistes et de contester ce qu’il qualifie d’abus des forces de l’ordre. Pour le syndicat, la question dépasse donc le seul dossier des lunettes. Elle touche aux conditions dans lesquelles les journalistes peuvent exercer leur profession lors d’événements officiels et à la protection dont ils doivent bénéficier dans l’exercice de leur mission d’information. Des questions qui restent sans réponse Au-delà du caractère insolite de l’affaire, plusieurs interrogations demeurent. Quels éléments précis ont conduit les enquêteurs à s’intéresser à ces quatre journalistes ? Ont-ils été identifiés comme ayant eu accès aux lunettes disparues ? Existe-t-il des témoignages, des images de vidéosurveillance ou d’autres éléments matériels permettant d’établir un lien entre les journalistes et la disparition de l’objet ? Les informations publiquement disponibles ne permettent pas, à ce stade, de répondre à ces questions. Il convient donc de distinguer deux choses : la disparition présumée des lunettes, qui peut faire l’objet d’une enquête, et la culpabilité éventuelle des quatre journalistes, qui ne peut être déduite de leur seule interpellation. Cette distinction est essentielle dans toute affaire impliquant des professionnels de l’information. Une garde à vue ou une interpellation constitue une mesure d’enquête ; elle ne vaut pas condamnation. La liberté de la presse au cœur du débat Cette affaire intervient dans un contexte où les organisations professionnelles camerounaises alertent régulièrement sur les difficultés rencontrées par les journalistes dans l’exercice de leur métier. Le SPIC avait déjà dénoncé, en mai 2026, la convocation de deux journalistes dans le Littoral et plaidé pour une meilleure protection des professionnels de l’information. En mai dernier, à l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, le syndicat avait également appelé les autorités camerounaises à garantir la liberté d’informer et à revoir les méthodes de gouvernance appliquées aux professionnels de la communication. Dans le dossier actuel, l’enjeu est donc double : déterminer ce qui est réellement arrivé aux lunettes du ministre et établir, sur la base d’éléments vérifiables, le rôle éventuel de chacune des personnes interpellées. Une affaire qui appelle des faits, pas des suppositions La disparition d’une paire de lunettes peut sembler dérisoire face aux grandes affaires qui occupent habituellement les services de sécurité et les tribunaux. Mais lorsqu’elle conduit à l’interpellation de quatre journalistes en plein exercice de leur profession, elle cesse d’être une simple anecdote. Elle devient une affaire de procédure, de garanties individuelles et de liberté de la presse. Pour l’heure, les quatre journalistes restent au centre d’une procédure dont les contours exacts demeurent insuffisamment documentés dans l’espace public. Les autorités camerounaises n’ont pas, dans les sources consultées pour cet article, fourni de version détaillée expliquant les éléments matériels retenus contre chacun d’eux. L’enquête devra donc permettre d’établir les faits : où les lunettes ont-elles disparu, dans quelles circonstances, qui y avait accès et quels éléments justifient les soupçons portés contre ces quatre journalistes ? En matière de justice comme de journalisme, une paire de lunettes ne devrait pas avoir besoin d’être grossie pour permettre de voir clair. Ce sont les preuves qui doivent parler..

⏱ Temps de lecture estimé : 6 minutes

François Essomba, Igor Gwet Bibey, Solange Djuikam et Pierre Mouchili ont été interpellés le 16 septembre au Palais des Congrès de Yaoundé, alors qu’ils couvraient une activité de la Banque islamique de développement. Leur arrestation serait liée à la disparition présumée des lunettes du ministre Alamine Ousmane Mey. Une affaire qui provoque l’indignation des organisations professionnelles des médias.

Une couverture médiatique qui se transforme en garde à vue. C’est la situation dans laquelle se retrouvent quatre journalistes camerounais depuis le 16 septembre 2026. François Essomba, Igor Gwet Bibey, Solange Djuikam et Pierre Mouchili ont été interpellés alors qu’ils exerçaient leur métier au Palais des Congrès de Yaoundé, à l’occasion d’une cérémonie organisée dans le cadre des activités de la Banque islamique de développement (BID).

Selon plusieurs sources médiatiques concordantes, leur interpellation serait liée à la disparition des lunettes du ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire, Alamine Ousmane Mey. À ce stade, les informations disponibles font état de soupçons et non d’une quelconque condamnation ou reconnaissance de culpabilité des quatre professionnels.

Une cérémonie officielle qui tourne à l’interpellation

Les faits remontent au mercredi 16 septembre, lors de la clôture des journées du groupe de la BID au Cameroun. Les quatre journalistes étaient présents pour assurer la couverture de l’événement.

François Essomba exerce pour Chine Afrique, Igor Gwet Bibey pour Inform Plus, Solange Djuikam pour Univers Info.net et Pierre Mouchili pour Le Procès International, selon les informations publiées par plusieurs médias camerounais.

Alors que leur présence relevait, selon ces sources, de leur activité professionnelle, ils ont été interpellés par des éléments de la police. Ils auraient d’abord été conduits au commissariat du 10ᵉ arrondissement de Bastos, avant d’être transférés au commissariat central nᵒ 1 de Yaoundé.

Le motif évoqué serait une suspicion concernant les lunettes du ministre Alamine Ousmane Mey, qui auraient disparu durant les activités de la BID organisées du 14 au 16 septembre.

Une situation pour le moins inhabituelle : quatre journalistes présents pour prendre des images, recueillir des informations et rendre compte d’une cérémonie officielle se retrouvent eux-mêmes au centre d’une procédure policière.

Le SPIC monte au créneau

L’affaire a rapidement provoqué la réaction du Syndicat national des professionnels de l’information et de la communication (SPIC).

Dans une communication rendue publique le 19 septembre, l’organisation syndicale dénonce une interpellation qu’elle considère comme abusive et conteste les conditions dans lesquelles les quatre journalistes ont été placés en détention. Le syndicat affirme que les éléments disponibles ne permettraient pas, selon lui, de justifier les mesures prises contre les professionnels concernés.

Le SPIC annonce par ailleurs le déploiement, à partir du 21 septembre, de démarches juridiques et d’actions de plaidoyer afin de défendre les journalistes et de contester ce qu’il qualifie d’abus des forces de l’ordre.

Pour le syndicat, la question dépasse donc le seul dossier des lunettes. Elle touche aux conditions dans lesquelles les journalistes peuvent exercer leur profession lors d’événements officiels et à la protection dont ils doivent bénéficier dans l’exercice de leur mission d’information.

Des questions qui restent sans réponse

Au-delà du caractère insolite de l’affaire, plusieurs interrogations demeurent.

Quels éléments précis ont conduit les enquêteurs à s’intéresser à ces quatre journalistes ? Ont-ils été identifiés comme ayant eu accès aux lunettes disparues ? Existe-t-il des témoignages, des images de vidéosurveillance ou d’autres éléments matériels permettant d’établir un lien entre les journalistes et la disparition de l’objet ?

Les informations publiquement disponibles ne permettent pas, à ce stade, de répondre à ces questions.

Il convient donc de distinguer deux choses : la disparition présumée des lunettes, qui peut faire l’objet d’une enquête, et la culpabilité éventuelle des quatre journalistes, qui ne peut être déduite de leur seule interpellation.

Cette distinction est essentielle dans toute affaire impliquant des professionnels de l’information. Une garde à vue ou une interpellation constitue une mesure d’enquête ; elle ne vaut pas condamnation.

La liberté de la presse au cœur du débat

Cette affaire intervient dans un contexte où les organisations professionnelles camerounaises alertent régulièrement sur les difficultés rencontrées par les journalistes dans l’exercice de leur métier.

Le SPIC avait déjà dénoncé, en mai 2026, la convocation de deux journalistes dans le Littoral et plaidé pour une meilleure protection des professionnels de l’information. En mai dernier, à l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, le syndicat avait également appelé les autorités camerounaises à garantir la liberté d’informer et à revoir les méthodes de gouvernance appliquées aux professionnels de la communication.

Dans le dossier actuel, l’enjeu est donc double : déterminer ce qui est réellement arrivé aux lunettes du ministre et établir, sur la base d’éléments vérifiables, le rôle éventuel de chacune des personnes interpellées.

Une affaire qui appelle des faits, pas des suppositions

La disparition d’une paire de lunettes peut sembler dérisoire face aux grandes affaires qui occupent habituellement les services de sécurité et les tribunaux. Mais lorsqu’elle conduit à l’interpellation de quatre journalistes en plein exercice de leur profession, elle cesse d’être une simple anecdote.

Elle devient une affaire de procédure, de garanties individuelles et de liberté de la presse.

Pour l’heure, les quatre journalistes restent au centre d’une procédure dont les contours exacts demeurent insuffisamment documentés dans l’espace public. Les autorités camerounaises n’ont pas, dans les sources consultées pour cet article, fourni de version détaillée expliquant les éléments matériels retenus contre chacun d’eux.

L’enquête devra donc permettre d’établir les faits : où les lunettes ont-elles disparu, dans quelles circonstances, qui y avait accès et quels éléments justifient les soupçons portés contre ces quatre journalistes ?

En matière de justice comme de journalisme, une paire de lunettes ne devrait pas avoir besoin d’être grossie pour permettre de voir clair. Ce sont les preuves qui doivent parler.

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