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Dans son rapport de monitoring de septembre 2026, l’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture au Burundi (ACAT-Burundi) dénonce une situation alarmante des droits humains. L’organisation recense 19 incidents de violations graves, impliquant notamment des membres des forces de sécurité et des Imbonerakure, la ligue des jeunes du parti au pouvoir. Plus inquiétant encore, aucun suspect n’aurait été inquiété dans les 12 dossiers mettant en cause des agents de l’État ou des membres de cette milice.. Au Burundi, la protection des droits fondamentaux demeure une préoccupation majeure. Dans son dernier rapport mensuel consacré au mois de septembre 2026, l’ACAT-Burundi dresse un bilan préoccupant marqué par des morts suspectes, des actes de torture, des enlèvements et des détentions arbitraires. Le document met également en cause la responsabilité présumée de certaines structures de sécurité et de groupes affiliés au pouvoir, tout en dénonçant l’absence de suites judiciaires dans plusieurs affaires. Au cours du mois écoulé, l’organisation a documenté 19 incidents de violations graves des droits humains, ayant touché directement 21 personnes et indirectement cinq autres. Elle précise que ces chiffres, issus de son travail de monitoring et de recoupement des informations, ne reflètent probablement pas l’ampleur réelle des abus. La peur des représailles dissuaderait en effet de nombreuses victimes et de nombreux témoins de dénoncer les faits. Huit décès et des actes de torture préoccupants Le droit à la vie et à l’intégrité physique figure parmi les principales préoccupations soulevées par le rapport. Selon les données présentées par l’ACAT-Burundi, les atteintes à ces droits représentent 71,4 % des victimes directes recensées. Le bilan fait état de huit décès, dont cinq exécutions extrajudiciaires avérées ou présumées et trois assassinats de droit commun. Certains corps auraient été retrouvés ligotés ou porteraient des traces de strangulation, des éléments qui appellent à des investigations indépendantes afin d’établir les circonstances exactes des décès. Le rapport relève également sept cas de torture ou de traitements cruels, inhumains ou dégradants. Parmi les faits rapportés figurent des lynchages publics et des mutilations graves, notamment une attaque à l’acide. À ces violences s’ajoutent trois cas d’enlèvements et de disparitions forcées attribués à des agents des services de renseignement ou des forces de l’ordre, ainsi que deux cas d’arrestations et de détentions arbitraires accompagnées de destructions de biens. Ces chiffres dessinent un tableau inquiétant pour les libertés fondamentales. Ils soulèvent surtout une question essentielle : comment garantir la sécurité des citoyens lorsque les institutions chargées de les protéger sont elles-mêmes mises en cause dans des violations présumées ? Les Imbonerakure et les forces de sécurité dans le viseur L’un des constats les plus préoccupants du rapport concerne l’implication présumée d’agents publics et de groupes affiliés au pouvoir dans les incidents documentés. Selon l’ACAT-Burundi, 12 des 19 dossiers recensés, soit 63,2 %, mettent en cause des agents de l’État ou des membres des Imbonerakure, la ligue des jeunes affiliée au Conseil national pour la défense de la démocratie-Forces de défense de la démocratie (CNDD-FDD), le parti au pouvoir. Dans le détail, les Imbonerakure sont cités dans 31,6 % des incidents, la Police nationale du Burundi dans 21,1 % et le Service national de renseignement dans 10,5 %. L’organisation dénonce notamment des interventions présumées illégales dans des conflits fonciers ou politiques locaux. Des agents publics ou des membres de groupes affiliés au pouvoir seraient intervenus pour intimider, arrêter ou agresser des citoyens en dehors des procédures prévues par la loi. De telles accusations, si elles sont établies, constitueraient une grave atteinte à l’État de droit. L’autorité publique ne saurait être utilisée pour régler des différends personnels, protéger des intérêts politiques ou soustraire certains individus à l’application de la loi. Les responsabilités individuelles doivent être établies au moyen d’enquêtes impartiales. Mais aucune fonction officielle, aucune affiliation politique et aucun lien avec les autorités ne devraient permettre d’échapper à la justice. Une justice à deux vitesses qui alimente le sentiment d’impunité Au-delà des violences recensées, l’ACAT-Burundi pointe une différence préoccupante dans le traitement judiciaire des affaires. D’après le rapport, aucun suspect n’aurait été inquiété et aucune enquête officielle n’aurait été ouverte dans les 12 dossiers impliquant des agents de l’État ou des membres des Imbonerakure. L’organisation dénonce ainsi une impunité totale dans les affaires relevant de cette catégorie. À l’inverse, les sept dossiers concernant des assassinats ou des litiges de droit commun auraient donné lieu à des réactions judiciaires plus rapides. Des enquêtes auraient été ouvertes et neuf suspects arrêtés. Cette différence de traitement, telle que présentée par l’organisation, soulève des interrogations sur l’indépendance et l’impartialité de la justice burundaise. Lorsque les procédures avancent contre certains citoyens, mais restent au point mort dans des affaires impliquant des représentants de l’État ou des personnes proches du pouvoir, la confiance dans les institutions risque de s’éroder davantage. Pour les familles des victimes, l’absence d’enquête signifie aussi l’absence de réponses sur les circonstances des faits, l’identification des responsables présumés et les possibilités d’obtenir réparation. L’ACAT-Burundi estime que cette passivité institutionnelle entretient un climat d’insécurité et prive les victimes de leur droit à la justice. La lutte contre l’impunité exige pourtant que chaque allégation fasse l’objet d’un examen sérieux, quelle que soit la qualité des personnes mises en cause. L’ONU appelée à maintenir la pression sur Bujumbura Face à cette situation, l’ACAT-Burundi poursuit son plaidoyer auprès des institutions internationales, en collaboration avec la Fédération internationale de l’ACAT (FIACAT). En septembre 2026, à l’occasion de la 63ᵉ session du Conseil des droits de l’homme des Nations unies, l’organisation a appelé la communauté internationale à maintenir une vigilance accrue sur la situation des droits humains au Burundi. Elle demande notamment le renouvellement du mandat du Rapporteur spécial des Nations unies sur la situation des droits de l’homme dans le pays. Pour l’organisation, ce mécanisme de surveillance demeure essentiel pour documenter les violations présumées, maintenir l’attention internationale et prévenir un isolement accru de la société civile. Cet appel intervient dans un contexte où la capacité des organisations indépendantes à surveiller les violations, à recueillir la parole des victimes et à demander des comptes aux autorités revêt une importance particulière. Pour l’ACAT-Burundi, le maintien d’un mécanisme international de suivi est indispensable afin d’éviter que les atteintes aux droits fondamentaux ne soient reléguées au second plan et que l’espace civique ne se referme davantage. Au Burundi, le véritable enjeu ne se limite pas à compter les victimes : il consiste à faire en sorte que les violations présumées soient enquêtées, que les responsables répondent de leurs actes et que les victimes obtiennent justice. Sans enquêtes indépendantes, sans garanties judiciaires et sans contrôle effectif de l’action des forces de sécurité, les engagements en faveur des droits humains risquent de rester lettre morte. .⏱ Temps de lecture estimé : 7 minutes
Au Burundi, la protection des droits fondamentaux demeure une préoccupation majeure. Dans son dernier rapport mensuel consacré au mois de septembre 2026, l’ACAT-Burundi dresse un bilan préoccupant marqué par des morts suspectes, des actes de torture, des enlèvements et des détentions arbitraires. Le document met également en cause la responsabilité présumée de certaines structures de sécurité et de groupes affiliés au pouvoir, tout en dénonçant l’absence de suites judiciaires dans plusieurs affaires.
Au cours du mois écoulé, l’organisation a documenté 19 incidents de violations graves des droits humains, ayant touché directement 21 personnes et indirectement cinq autres. Elle précise que ces chiffres, issus de son travail de monitoring et de recoupement des informations, ne reflètent probablement pas l’ampleur réelle des abus. La peur des représailles dissuaderait en effet de nombreuses victimes et de nombreux témoins de dénoncer les faits.
Le droit à la vie et à l’intégrité physique figure parmi les principales préoccupations soulevées par le rapport. Selon les données présentées par l’ACAT-Burundi, les atteintes à ces droits représentent 71,4 % des victimes directes recensées.
Le bilan fait état de huit décès, dont cinq exécutions extrajudiciaires avérées ou présumées et trois assassinats de droit commun. Certains corps auraient été retrouvés ligotés ou porteraient des traces de strangulation, des éléments qui appellent à des investigations indépendantes afin d’établir les circonstances exactes des décès.
Le rapport relève également sept cas de torture ou de traitements cruels, inhumains ou dégradants. Parmi les faits rapportés figurent des lynchages publics et des mutilations graves, notamment une attaque à l’acide.
À ces violences s’ajoutent trois cas d’enlèvements et de disparitions forcées attribués à des agents des services de renseignement ou des forces de l’ordre, ainsi que deux cas d’arrestations et de détentions arbitraires accompagnées de destructions de biens.
Ces chiffres dessinent un tableau inquiétant pour les libertés fondamentales. Ils soulèvent surtout une question essentielle : comment garantir la sécurité des citoyens lorsque les institutions chargées de les protéger sont elles-mêmes mises en cause dans des violations présumées ?
L’un des constats les plus préoccupants du rapport concerne l’implication présumée d’agents publics et de groupes affiliés au pouvoir dans les incidents documentés.
Selon l’ACAT-Burundi, 12 des 19 dossiers recensés, soit 63,2 %, mettent en cause des agents de l’État ou des membres des Imbonerakure, la ligue des jeunes affiliée au Conseil national pour la défense de la démocratie-Forces de défense de la démocratie (CNDD-FDD), le parti au pouvoir.
Dans le détail, les Imbonerakure sont cités dans 31,6 % des incidents, la Police nationale du Burundi dans 21,1 % et le Service national de renseignement dans 10,5 %.
L’organisation dénonce notamment des interventions présumées illégales dans des conflits fonciers ou politiques locaux. Des agents publics ou des membres de groupes affiliés au pouvoir seraient intervenus pour intimider, arrêter ou agresser des citoyens en dehors des procédures prévues par la loi.
De telles accusations, si elles sont établies, constitueraient une grave atteinte à l’État de droit. L’autorité publique ne saurait être utilisée pour régler des différends personnels, protéger des intérêts politiques ou soustraire certains individus à l’application de la loi.
Les responsabilités individuelles doivent être établies au moyen d’enquêtes impartiales. Mais aucune fonction officielle, aucune affiliation politique et aucun lien avec les autorités ne devraient permettre d’échapper à la justice.
Au-delà des violences recensées, l’ACAT-Burundi pointe une différence préoccupante dans le traitement judiciaire des affaires.
D’après le rapport, aucun suspect n’aurait été inquiété et aucune enquête officielle n’aurait été ouverte dans les 12 dossiers impliquant des agents de l’État ou des membres des Imbonerakure. L’organisation dénonce ainsi une impunité totale dans les affaires relevant de cette catégorie.
À l’inverse, les sept dossiers concernant des assassinats ou des litiges de droit commun auraient donné lieu à des réactions judiciaires plus rapides. Des enquêtes auraient été ouvertes et neuf suspects arrêtés.
Cette différence de traitement, telle que présentée par l’organisation, soulève des interrogations sur l’indépendance et l’impartialité de la justice burundaise. Lorsque les procédures avancent contre certains citoyens, mais restent au point mort dans des affaires impliquant des représentants de l’État ou des personnes proches du pouvoir, la confiance dans les institutions risque de s’éroder davantage.
Pour les familles des victimes, l’absence d’enquête signifie aussi l’absence de réponses sur les circonstances des faits, l’identification des responsables présumés et les possibilités d’obtenir réparation.
L’ACAT-Burundi estime que cette passivité institutionnelle entretient un climat d’insécurité et prive les victimes de leur droit à la justice. La lutte contre l’impunité exige pourtant que chaque allégation fasse l’objet d’un examen sérieux, quelle que soit la qualité des personnes mises en cause.
Face à cette situation, l’ACAT-Burundi poursuit son plaidoyer auprès des institutions internationales, en collaboration avec la Fédération internationale de l’ACAT (FIACAT).
En septembre 2026, à l’occasion de la 63ᵉ session du Conseil des droits de l’homme des Nations unies, l’organisation a appelé la communauté internationale à maintenir une vigilance accrue sur la situation des droits humains au Burundi.
Elle demande notamment le renouvellement du mandat du Rapporteur spécial des Nations unies sur la situation des droits de l’homme dans le pays. Pour l’organisation, ce mécanisme de surveillance demeure essentiel pour documenter les violations présumées, maintenir l’attention internationale et prévenir un isolement accru de la société civile.
Cet appel intervient dans un contexte où la capacité des organisations indépendantes à surveiller les violations, à recueillir la parole des victimes et à demander des comptes aux autorités revêt une importance particulière.
Pour l’ACAT-Burundi, le maintien d’un mécanisme international de suivi est indispensable afin d’éviter que les atteintes aux droits fondamentaux ne soient reléguées au second plan et que l’espace civique ne se referme davantage. Au Burundi, le véritable enjeu ne se limite pas à compter les victimes : il consiste à faire en sorte que les violations présumées soient enquêtées, que les responsables répondent de leurs actes et que les victimes obtiennent justice. Sans enquêtes indépendantes, sans garanties judiciaires et sans contrôle effectif de l’action des forces de sécurité, les engagements en faveur des droits humains risquent de rester lettre morte.