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Dans un entretien accordé à Sahel d’Afrique, Oumar Coulibaly, président de l’Initiative Faso Vérité et Gouvernance (IF‑VEG), affirme que son organisation a recensé plus de 300 cas d’enlèvements présumés au Burkina Faso. Il appelle à une vérification indépendante, transparente et individualisée des dossiers.. La question des disparitions et des privations de liberté présumées continue de susciter de vives interrogations. Invité de l’émission Sahel d’Afrique, Oumar Coulibaly a alerté sur une situation qu’il juge préoccupante pour les libertés publiques et l’État de droit. Selon lui, le document récemment diffusé sur les réseaux sociaux, évoquant plusieurs dizaines de disparitions, ne reflète qu’une partie du phénomène. « Selon nos propres investigations, nous avons recensé plus de 300 personnes enlevées », a-t-il déclaré, précisant que ce chiffre résulte d’un travail citoyen de collecte de témoignages, de recoupement et de documentation. Des chiffres présentés comme non définitifs Oumar Coulibaly insiste sur la nécessité de distinguer plusieurs catégories : les personnes dont l’enlèvement serait documenté, celles dont le lieu de détention reste inconnu et celles dont la détention est établie. Pour lui, les chiffres avancés ne doivent pas être interprétés comme une « compétition de chiffres », mais comme le signal d’une « tragédie humaine » nécessitant une réponse institutionnelle. Appel à une enquête indépendante Le président de l’IF‑VEG demande l’ouverture d’un mécanisme de vérification indépendant et transparent. Il plaide pour un examen individuel de chaque dossier, l’identification des témoins, l’établissement des circonstances de chaque disparition présumée et l’accès des familles aux recours judiciaires. « Si certains cas sont erronés, ils devront être corrigés ; et si certains enlèvements sont confirmés, ils devront être reconnus », a-t-il déclaré, estimant que la vérité doit reposer sur les faits et la justice plutôt que sur les positions politiques ou les débats sur les réseaux sociaux. Sécurité et droits fondamentaux Interrogé sur le contexte sécuritaire, Oumar Coulibaly reconnaît la gravité de la crise que traverse le Burkina Faso et la nécessité de lutter contre les groupes armés. Mais il estime que les impératifs sécuritaires ne peuvent justifier des arrestations arbitraires, des détentions au secret ou des atteintes aux droits fondamentaux. Il appelle les autorités à répondre aux familles qui recherchent leurs proches, soulignant que réclamer des nouvelles d’un parent disparu ne devrait pas être assimilé à un acte d’hostilité envers l’État. Un plaidoyer pour la transparence Au-delà de la question des disparitions, l’entretien a porté sur la gouvernance, les libertés publiques et les attentes des citoyens. Oumar Coulibaly estime que la souveraineté nationale doit aussi se mesurer à la capacité des institutions à protéger les citoyens, à garantir leurs droits et à rendre compte de leur action. Les affirmations de l’IF‑VEG sur le nombre de cas recensés n’ont pas été accompagnées, dans l’entretien, d’une réponse des autorités burkinabè. Elles appellent donc à une vérification indépendante et contradictoire..⏱ Temps de lecture estimé : 3 minutes
La question des disparitions et des privations de liberté présumées continue de susciter de vives interrogations. Invité de l’émission Sahel d’Afrique, Oumar Coulibaly a alerté sur une situation qu’il juge préoccupante pour les libertés publiques et l’État de droit.
Selon lui, le document récemment diffusé sur les réseaux sociaux, évoquant plusieurs dizaines de disparitions, ne reflète qu’une partie du phénomène. « Selon nos propres investigations, nous avons recensé plus de 300 personnes enlevées », a-t-il déclaré, précisant que ce chiffre résulte d’un travail citoyen de collecte de témoignages, de recoupement et de documentation.
Oumar Coulibaly insiste sur la nécessité de distinguer plusieurs catégories : les personnes dont l’enlèvement serait documenté, celles dont le lieu de détention reste inconnu et celles dont la détention est établie. Pour lui, les chiffres avancés ne doivent pas être interprétés comme une « compétition de chiffres », mais comme le signal d’une « tragédie humaine » nécessitant une réponse institutionnelle.
Le président de l’IF‑VEG demande l’ouverture d’un mécanisme de vérification indépendant et transparent. Il plaide pour un examen individuel de chaque dossier, l’identification des témoins, l’établissement des circonstances de chaque disparition présumée et l’accès des familles aux recours judiciaires.
« Si certains cas sont erronés, ils devront être corrigés ; et si certains enlèvements sont confirmés, ils devront être reconnus », a-t-il déclaré, estimant que la vérité doit reposer sur les faits et la justice plutôt que sur les positions politiques ou les débats sur les réseaux sociaux.
Interrogé sur le contexte sécuritaire, Oumar Coulibaly reconnaît la gravité de la crise que traverse le Burkina Faso et la nécessité de lutter contre les groupes armés. Mais il estime que les impératifs sécuritaires ne peuvent justifier des arrestations arbitraires, des détentions au secret ou des atteintes aux droits fondamentaux.
Il appelle les autorités à répondre aux familles qui recherchent leurs proches, soulignant que réclamer des nouvelles d’un parent disparu ne devrait pas être assimilé à un acte d’hostilité envers l’État.
Au-delà de la question des disparitions, l’entretien a porté sur la gouvernance, les libertés publiques et les attentes des citoyens. Oumar Coulibaly estime que la souveraineté nationale doit aussi se mesurer à la capacité des institutions à protéger les citoyens, à garantir leurs droits et à rendre compte de leur action.
Les affirmations de l’IF‑VEG sur le nombre de cas recensés n’ont pas été accompagnées, dans l’entretien, d’une réponse des autorités burkinabè. Elles appellent donc à une vérification indépendante et contradictoire.