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Au Niger, Mariama Djibrine est dans le viseur des militaires

Au Niger, Mariama Djibrine est dans le viseur des militaires. Article écrit par Éric Topona. Publié le 18 juin 2026à 14h37

⏱ Temps de lecture estimé : 4 minutes

Suite à un décret présidentiel du 11 juin 2026, la militante pro-démocratie, Mariama Djibrine, alias « Mayra », s'est vue « provisoirement » déchue de sa nationalité, en raison d'accusations touchant à la sécurité nationale et à l'ordre public du Niger. Eric Topona.. Le général Abdourahamane Tiani a donc déchu « provisoirement » de sa nationalité nigérienne, la présidente de l’Alliance des Démocrates du Sahel (ADS), fondée le 9 avril 2026 à Bruxelles par des ressortissants en exil des trois pays de l’Alliance des États du Sahel : Mali, Niger et Burkina Faso. Ce mouvement non-violent a été créé dans le but de résister aux dictatures militaires, de réclamer le rétablissement de l’ordre constitutionnel et de préserver les libertés citoyennes dans ces pays. Mariama Djibrine, connue sous le pseudonyme « Mayra », est accusée de « diffusion de données de nature à troubler l’ordre public », d’« incitation à la révolte » et d’« intelligence avec une puissance étrangère ». Le cadre juridique du décret La décision du chef de la junte militaire nigérienne est fondée sur des textes adoptés après le coup d’État du 26 juillet 2023 : Ordonnance nᵒ 2024‑43 (27 août 2024) Ordonnance nᵒ 2024‑46 (7 octobre 2024) Ces lois permettent de créer un registre de personnes suspectées de terrorisme ou d’attaques contre les intérêts stratégiques du Niger et de mettre en œuvre des sanctions telles que la perte de nationalité. Des précédents Depuis le coup d’État du 26 juillet 2023 qui a renversé le président Mohamed Bazoum, les autorités militaires intensifient les sanctions visant : des opposants, des anciens responsables politiques. La déchéance de nationalité s’est donc transformée en un mécanisme utilisé contre des individus soupçonnés de compromettre la sécurité nationale. Selon des organisations de défense des droits de l’Homme telles que Human Rights Watch, ces dispositions visent à intensifier la répression à l’encontre des voix critiques. C’est ainsi qu’en octobre 2024, le général Abdourahamane Tiani a retiré la nationalité à neuf dignitaires du régime Bazoum. Parmi eux, on peut citer le général Karingama Wali Ibrahim. Celui-ci fut notamment le chef d’état-major particulier de l’ancien président Mahamadou Issoufou, avant d’être nommé à la direction du Centre national d’études sécuritaires et stratégiques (CNESS) par Mohammed Bazoum. On peut également citer Daouda Djibo Takoubakoye, directeur de cabinet adjoint à la présidence de la République.  Sans oublier les anciens ministres Hassoumi Massoudou et Alkache Alhada, ainsi que l’ex-colonel Seydina Maman Kadela, Maman Sani Ali Adam, également connu sous le nom de Celon Ali Adam, Boussada Ben Ali, Mahmoud et Moussa Sallah. Notons qu’en général, la perte de nationalité est associée à des poursuites judiciaires, parfois devant une cour martiale, pour des accusations telles que « trahison », « conspiration contre la sécurité de l’État » ou « actions susceptibles de compromettre l’ordre et la sécurité publics ». La « déchéance provisoire » de Mariama Djibrine intervient dans un contexte politique tendu, marqué par la répression des voix critiques à la junte. Ce jeudi (18 juin), des tirs ont retenti pendant plusieurs heures près de l’aéroport international Diori Hamani (AIDH) de Niamey. Une possible nouvelle attaque jihadiste, après celle revendiquée par le groupe État islamique fin janvier. La « déchéance provisoire » de la nationalité de Mariama Djibrine s’est produite dans un climat politique tendu, où prévaut la répression des voix critiques à l’égard de la junte. Ce jeudi (18 juin), la zone proche de l’aéroport international Diori Hamani (AIDH) de Niamey a été le théâtre de coups de feu qui ont duré plusieurs heures. Selon plusieurs sources, il s’agirait d’une nouvelle attaque djihadiste comme celle revendiquée fin janvier par l’organisation État islamique (EI)..

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Suite à un décret présidentiel du 11 juin 2026, la militante pro-démocratie, Mariama Djibrine, alias « Mayra », s’est vue « provisoirement » déchue de sa nationalité, en raison d’accusations touchant à la sécurité nationale et à l’ordre public du Niger. Eric Topona.

Le général Abdourahamane Tiani a donc déchu « provisoirement » de sa nationalité nigérienne, la présidente de l’Alliance des Démocrates du Sahel (ADS), fondée le 9 avril 2026 à Bruxelles par des ressortissants en exil des trois pays de l’Alliance des États du Sahel : Mali, Niger et Burkina Faso. Ce mouvement non-violent a été créé dans le but de résister aux dictatures militaires, de réclamer le rétablissement de l’ordre constitutionnel et de préserver les libertés citoyennes dans ces pays.

Mariama Djibrine, connue sous le pseudonyme « Mayra », est accusée de « diffusion de données de nature à troubler l’ordre public », d’« incitation à la révolte » et d’« intelligence avec une puissance étrangère ».

Le cadre juridique du décret

La décision du chef de la junte militaire nigérienne est fondée sur des textes adoptés après le coup d’État du 26 juillet 2023 : Ordonnance nᵒ 2024‑43 (27 août 2024) Ordonnance nᵒ 2024‑46 (7 octobre 2024) Ces lois permettent de créer un registre de personnes suspectées de terrorisme ou d’attaques contre les intérêts stratégiques du Niger et de mettre en œuvre des sanctions telles que la perte de nationalité.

Des précédents

Depuis le coup d’État du 26 juillet 2023 qui a renversé le président Mohamed Bazoum, les autorités militaires intensifient les sanctions visant : des opposants, des anciens responsables politiques.

La déchéance de nationalité s’est donc transformée en un mécanisme utilisé contre des individus soupçonnés de compromettre la sécurité nationale.

Selon des organisations de défense des droits de l’Homme telles que Human Rights Watch, ces dispositions visent à intensifier la répression à l’encontre des voix critiques.

C’est ainsi qu’en octobre 2024, le général Abdourahamane Tiani a retiré la nationalité à neuf dignitaires du régime Bazoum. Parmi eux, on peut citer le général Karingama Wali Ibrahim.

Celui-ci fut notamment le chef d’état-major particulier de l’ancien président Mahamadou Issoufou, avant d’être nommé à la direction du Centre national d’études sécuritaires et stratégiques (CNESS) par Mohammed Bazoum. On peut également citer Daouda Djibo Takoubakoye, directeur de cabinet adjoint à la présidence de la République.  Sans oublier les anciens ministres Hassoumi Massoudou et Alkache Alhada, ainsi que l’ex-colonel Seydina Maman Kadela, Maman Sani Ali Adam, également connu sous le nom de Celon Ali Adam, Boussada Ben Ali, Mahmoud et Moussa Sallah.

Notons qu’en général, la perte de nationalité est associée à des poursuites judiciaires, parfois devant une cour martiale, pour des accusations telles que « trahison », « conspiration contre la sécurité de l’État » ou « actions susceptibles de compromettre l’ordre et la sécurité publics ».

La « déchéance provisoire » de Mariama Djibrine intervient dans un contexte politique tendu, marqué par la répression des voix critiques à la junte. Ce jeudi (18 juin), des tirs ont retenti pendant plusieurs heures près de l’aéroport international Diori Hamani (AIDH) de Niamey. Une possible nouvelle attaque jihadiste, après celle revendiquée par le groupe État islamique fin janvier.

La « déchéance provisoire » de la nationalité de Mariama Djibrine s’est produite dans un climat politique tendu, où prévaut la répression des voix critiques à l’égard de la junte. Ce jeudi (18 juin), la zone proche de l’aéroport international Diori Hamani (AIDH) de Niamey a été le théâtre de coups de feu qui ont duré plusieurs heures. Selon plusieurs sources, il s’agirait d’une nouvelle attaque djihadiste comme celle revendiquée fin janvier par l’organisation État islamique (EI).

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