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​Afrique du Sud : regards sur une espérance qui s’effondre

​Afrique du Sud : regards sur une espérance qui s’effondre. Article écrit par Éric Topona. Publié le 1 juillet 2026à 08h00

⏱ Temps de lecture estimé : 4 minutes

Les récentes scènes de violences xénophobes dont ont été victimes des immigrés africains en Afrique du Sud demeureront à jamais comme une tache sombre dans l’histoire du pays de​ Nelson Mandela, ​« Madiba »​ (un nom d​u clan Xhosa, une ethnie d'Afrique du Sud​ ​à​ laquelle appartenait Nelson Mandela et qui signifie « don de Dieu »). Éric Topona.. Ces chasses à l’homme, avec pour cibles exclusives des Africains subsahariens, accusés par les Sud-Africains « de souche » de les priver de la jouissance d’un gîte et d’un couvert qui leur reviennent de droit, n’en sont pas à leur première démonstration de xénophobie. Toutefois, lorsqu’elles éclatèrent, il y a quelques années, elles furent perçues par certains observateurs comme l’expression d’une violence alimentée par des préjugés populaires, comme de temps à autre les fabrique tout corps social traversé par la précarité et l’incertitude du lendemain. L’onde de choc et d’indignation qui a traversé l’Afrique tout entière et qui n’est toujours pas retombée est telle que, lors de son premier match de poule à la Coupe du monde de football Mexique-Canada-États-Unis, le 11 juin 2026, l’équipe nationale de football sud-africaine, les Bafana Bafana – fait sans précédent pour une équipe africaine engagée dans cette compétition –, a vu des millions d’Africains subsahariens souhaiter leur défaite et la célébrer. Car l’Afrique du Sud, estiment-ils non sans céder à des généralisations inopportunes, a trahi les principes sacrés de l’Ubuntu, ce bréviaire du vivre ensemble sud-africain et bantu qui enseigne de considérer l’autre comme une extension de soi-même. Mais ce qu’il y a de plus préoccupant et de scandaleux dans les récentes manifestations xénophobes en Afrique du Sud, c’est de savoir qu’elles sont pensées et entretenues par des figures éminentes de l’élite noire sud-africaine, dont ​la fille de l’ex-chef d’État Jacob Zuma​, Duduzile Zuma-Sambudla, députée du parti Umkhonto we Sizwe. ​L’Umkhonto we Sizwe (« Lance de la nation » en zoulou ; en anglais Spear of the Nation), abrégé MK, est un parti politique sud-africain fondé par l’ancien président sud-africain, Jacob Zuma, le 16 décembre 2023. À cet égard, il y a lieu de souligner, pour s’en indigner, que, durant ces tristes événements, le chef de l’État ​​​Cyril Ramaphosa s’est muré dans un incompréhensible silence​. ​ Avant de faire une sortie a minima pour condamner leurs auteurs et sensibiliser ses compatriotes à la nécessité de promouvoir un vivre ensemble avec une Afrique qui a tant donné pour la libération de son pays. Autre silence inexcusable, c’est celui de l’Union ​africaine, d’une part, et de la quasi-totalité des chefs d’État africains, d’autre part, qui n’ont pas cru devoir émettre une vigoureuse protestation contre cette dérive sud-africaine qui déteint à travers le monde sur l’Afrique tout entière. ​Exception faite du Ghana, du Mozambique et du Nigeria dont les ressortissants sont la cible de ces violences xénophobes abjectes. En effet, comment l’Afrique subsaharienne, notamment, au regard de ces explosions de xénophobie en son cœur qu’est la « Nation arc-en-ciel », pourra-t-elle exiger à l’avenir, hors de ses frontières et face à des manifestations d’hostilité semblables, le respect de l’autre et  la tolérance qu’elle bafoue sur ses propres terres ? Sans céder à un pessimisme facile, force est de constater, pour le déplorer et s’en attrister, que, plus de trois décennies seulement après la célébration planétaire de la « Nation arc-en-ciel », du prix Nobel de la paix dont furent récipiendaires Nelson Mandela et Frederik Willem de Klerk (le 15 octobre 1993), ​et comme l’avait été Mgr Desmond Tutu en 1984, c’est au sein des populations noires d’une Afrique du Sud jadis victime d’apartheid que, pour paraphraser le philosophe Thomas Hobbes, l’homme est devenu un loup pour l’homme​..

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Les récentes scènes de violences xénophobes dont ont été victimes des immigrés africains en Afrique du Sud demeureront à jamais comme une tache sombre dans l’histoire du pays de​ Nelson Mandela, ​« Madiba »​ (un nom d​u clan Xhosa, une ethnie d’Afrique du Sud​ ​à​ laquelle appartenait Nelson Mandela et qui signifie « don de Dieu »). Éric Topona.

Ces chasses à l’homme, avec pour cibles exclusives des Africains subsahariens, accusés par les Sud-Africains « de souche » de les priver de la jouissance d’un gîte et d’un couvert qui leur reviennent de droit, n’en sont pas à leur première démonstration de xénophobie. Toutefois, lorsqu’elles éclatèrent, il y a quelques années, elles furent perçues par certains observateurs comme l’expression d’une violence alimentée par des préjugés populaires, comme de temps à autre les fabrique tout corps social traversé par la précarité et l’incertitude du lendemain.

L’onde de choc et d’indignation qui a traversé l’Afrique tout entière et qui n’est toujours pas retombée est telle que, lors de son premier match de poule à la Coupe du monde de football Mexique-Canada-États-Unis, le 11 juin 2026, l’équipe nationale de football sud-africaine, les Bafana Bafana – fait sans précédent pour une équipe africaine engagée dans cette compétition –, a vu des millions d’Africains subsahariens souhaiter leur défaite et la célébrer. Car l’Afrique du Sud, estiment-ils non sans céder à des généralisations inopportunes, a trahi les principes sacrés de l’Ubuntu, ce bréviaire du vivre ensemble sud-africain et bantu qui enseigne de considérer l’autre comme une extension de soi-même.

Mais ce qu’il y a de plus préoccupant et de scandaleux dans les récentes manifestations xénophobes en Afrique du Sud, c’est de savoir qu’elles sont pensées et entretenues par des figures éminentes de l’élite noire sud-africaine, dont ​la fille de l’ex-chef d’État Jacob Zuma​, Duduzile Zuma-Sambudla, députée du parti Umkhonto we Sizwe. ​L’Umkhonto we Sizwe (« Lance de la nation » en zoulou ; en anglais Spear of the Nation), abrégé MK, est un parti politique sud-africain fondé par l’ancien président sud-africain, Jacob Zuma, le 16 décembre 2023.

À cet égard, il y a lieu de souligner, pour s’en indigner, que, durant ces tristes événements, le chef de l’État ​​​Cyril Ramaphosa s’est muré dans un incompréhensible silence​. ​
Avant de faire une sortie a minima pour condamner leurs auteurs et sensibiliser ses compatriotes à la nécessité de promouvoir un vivre ensemble avec une Afrique qui a tant donné pour la libération de son pays.

Autre silence inexcusable, c’est celui de l’Union ​africaine, d’une part, et de la quasi-totalité des chefs d’État africains, d’autre part, qui n’ont pas cru devoir émettre une vigoureuse protestation contre cette dérive sud-africaine qui déteint à travers le monde sur l’Afrique tout entière. ​Exception faite du Ghana, du Mozambique et du Nigeria dont les ressortissants sont la cible de ces violences xénophobes abjectes.

En effet, comment l’Afrique subsaharienne, notamment, au regard de ces explosions de xénophobie en son cœur qu’est la « Nation arc-en-ciel », pourra-t-elle exiger à l’avenir, hors de ses frontières et face à des manifestations d’hostilité semblables, le respect de l’autre et  la tolérance qu’elle bafoue sur ses propres terres ?

Sans céder à un pessimisme facile, force est de constater, pour le déplorer et s’en attrister, que, plus de trois décennies seulement après la célébration planétaire de la « Nation arc-en-ciel », du prix Nobel de la paix dont furent récipiendaires Nelson Mandela et Frederik Willem de Klerk (le 15 octobre 1993), ​et comme l’avait été Mgr Desmond Tutu en 1984, c’est au sein des populations noires d’une Afrique du Sud jadis victime d’apartheid que, pour paraphraser le philosophe Thomas Hobbes, l’homme est devenu un loup pour l’homme​.

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