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Nigeria : la justice écarte Atiku Abubakar et plonge l’opposition dans la tourmente

Nigeria : la justice écarte Atiku Abubakar et plonge l’opposition dans la tourmente. Article écrit par La rédaction francophone. Publié le 6 novembre 2026à 14h27

⏱ Temps de lecture estimé : 6 minutes

Selon l’AFP, à peine vingt-quatre heures après le lancement de la campagne pour les élections présidentielles, l’ancien vice-président nigérian Atiku Abubakar voit sa candidature à cette compétition de janvier 2027 invalidée par la haute Cour d’Abuja. Une décision qui provoque une vive tension au sein de son parti, l’ADC, lequel dénonce une tentative de neutraliser l’opposition. Le pouvoir de Tinubu Bola rejette toute implication dans cette affaire, alors que les tensions politiques s’accentuent à l’approche du scrutin. Par la rédaction.. Le coup de théâtre dans la course présidentielle au Nigeria. La haute Cour de la justice a invalidé, le 5 novembre dernier, plusieurs décisions prises au nom du Congrès démocratique africain (ADC), dont celle portant nomination de l’ancien vice-président Atiku Abubakar comme candidat du parti à l’élection présidentielle de janvier 2027. Cette décision judiciaire est prise juste au lendemain du lancement de la campagne, plongeant ainsi l’opposition dans une nouvelle zone de turbulences horrible. Âgé de 80 ans, Atiku Abubakar, qui tente pour la septième fois sa candidature à la magistrature suprême, est l’une des principales figures nigérianes de l’opposition. Son parti, particulièrement virulent à l’égard du président Bola Tinubu, candidat à sa propre succession, se retrouve désormais confronté à une bataille judiciaire susceptible de compromettre ses ambitions politiques. Une crise interne qui fragilise l’opposition À l’origine de la décision judiciaire se trouve un conflit de leadership au sein de l’ADC. Un membre du parti, Nafiu Bala Gombe, avait saisi la justice pour contester la nomination du sénateur David Mark à la tête de la formation politique. La Haute Cour d’Abuja lui a donné raison en invalidant les décisions prises au nom de ce dernier, notamment celle désignant Atiku Abubakar comme candidat. Cette crise interne intervient dans un contexte où l’ADC fait déjà face à plusieurs procédures judiciaires portant sur son fonctionnement et sa participation aux élections de 2027. Le gouvernement fédéral avait d’ailleurs soutenu, au cours de cette année, une autre action en justice concernant l’éligibilité du parti au scrutin. Pour l’ADC, ces procédures ne relèvent pas uniquement de querelles internes. Son porte-parole, Bolaji Abdullahi, accuse le parti au pouvoir, le Congrès des progressistes (APC), d’exploiter les divisions de l’opposition afin de l’affaiblir à l’approche de la présidentielle. Dans un communiqué, il qualifie le jugement de « tentative désespérée visant à paralyser l’opposition ». Le parti affirme ne pas avoir encore reçu copie de la décision judiciaire, mais annonce son intention de la contester par toutes les voies de recours disponibles. L’APC, le parti de Tinubu Bula, rejette les accusations La réaction du parti au pouvoir n’a pas tardé. Daniel Bwala, porte-parole du chef de l’État, Tinubu Bola, a catégoriquement rejeté toute implication de l’APC dans cette décision.  « L’APC n’est absolument pas impliqué », a-t-il déclaré, d’après l’AFP. Cette opposition entre les deux camps risque d’alimenter davantage la méfiance autour du processus électoral. Pour l’ADC, la décision de justice prive les Nigérians de leur droit de choisir librement leurs dirigeants. Le parti est même allé jusqu’à accuser l’APC de vouloir « mettre le Nigeria à feu et à sang ». La Commission électorale nationale indépendante (Inec), qui avait validé la candidature d’Atiku Abubakar, n’a pas pu être jointe pour commenter les conséquences du jugement. La portée exacte de cette décision sur la procédure électorale reste donc à clarifier. Une présidentielle sous tension Les inquiétudes dépassent désormais le seul cas d’Atiku Abubakar. Le parti de Peter Obi, autre figure majeure de l’opposition, a également dénoncé des entraves présumées à ses activités de campagne. Le Congrès national démocratique (NDC) affirme que plusieurs réservations d’hôtels à Abuja, destinées à accueillir ses meetings, ont été annulées à la dernière minute. Il accuse l’APC de perturber ses activités et dénonce une situation qu’il juge contraire aux principes démocratiques. Ces accusations interviennent alors que les précédentes élections nigérianes ont déjà été marquées par de nombreux contentieux. Dans son rapport sur le scrutin de 2023, la mission d’observation de l’Union européenne avait relevé des litiges préélectoraux excessifs et des conflits internes généralisés au sein des partis. Elle avait recensé au moins 1 200 affaires judiciaires, dont certaines avaient été perçues comme politisées ou excessivement techniques. L’éventuelle exclusion d’Atiku Abubakar pourrait également avoir des conséquences politiques sensibles. Il est présenté comme le seul candidat majeur issu du Nord, une région majoritairement musulmane, dont la représentation dans la compétition présidentielle constitue un enjeu délicat au Nigeria. Son absence éventuelle pourrait ainsi accentuer les tensions régionales et nourrir le sentiment d’exclusion chez une partie de l’électorat. Atiku Abubakar face à un nouveau défi politique Lors de la présidentielle de 2023, Atiku Abubakar avait terminé deuxième avec 29 % des suffrages, derrière Bola Tinubu, élu avec 36,6 %. Peter Obi était arrivé en troisième position. Le président sortant avait ainsi remporté le scrutin dans un contexte d’opposition divisée. Depuis plusieurs mois, Atiku Abubakar multiplie les critiques contre la politique économique de Bola Tinubu. Les réformes engagées par le président ont été saluées par certains économistes, mais leur mise en œuvre s’est accompagnée d’une forte inflation et d’une aggravation des difficultés économiques pour une partie de la population. L’ancien vice-président espérait tirer profit de ce mécontentement pour construire une alternative politique crédible. Mais la décision de la Haute Cour d’Abuja vient bouleverser sa stratégie, à quelques mois d’un rendez-vous électoral déterminant. Au-delà du sort personnel d’Atiku Abubakar, cette affaire pose une question fondamentale : la justice nigériane pourra-t-elle trancher les différends politiques sans que ses décisions soient perçues comme des instruments de combat électoral ? À l’approche de la présidentielle de 2027, la crédibilité du processus démocratique se retrouve une nouvelle fois mise à l’épreuve..

⏱ Temps de lecture estimé : 6 minutes

Selon l’AFP, à peine vingt-quatre heures après le lancement de la campagne pour les élections présidentielles, l’ancien vice-président nigérian Atiku Abubakar voit sa candidature à cette compétition de janvier 2027 invalidée par la haute Cour d’Abuja. Une décision qui provoque une vive tension au sein de son parti, l’ADC, lequel dénonce une tentative de neutraliser l’opposition. Le pouvoir de Tinubu Bola rejette toute implication dans cette affaire, alors que les tensions politiques s’accentuent à l’approche du scrutin. Par la rédaction.

Le coup de théâtre dans la course présidentielle au Nigeria. La haute Cour de la justice a invalidé, le 5 novembre dernier, plusieurs décisions prises au nom du Congrès démocratique africain (ADC), dont celle portant nomination de l’ancien vice-président Atiku Abubakar comme candidat du parti à l’élection présidentielle de janvier 2027. Cette décision judiciaire est prise juste au lendemain du lancement de la campagne, plongeant ainsi l’opposition dans une nouvelle zone de turbulences horrible. Âgé de 80 ans, Atiku Abubakar, qui tente pour la septième fois sa candidature à la magistrature suprême, est l’une des principales figures nigérianes de l’opposition. Son parti, particulièrement virulent à l’égard du président Bola Tinubu, candidat à sa propre succession, se retrouve désormais confronté à une bataille judiciaire susceptible de compromettre ses ambitions politiques.

Une crise interne qui fragilise l’opposition

À l’origine de la décision judiciaire se trouve un conflit de leadership au sein de l’ADC. Un membre du parti, Nafiu Bala Gombe, avait saisi la justice pour contester la nomination du sénateur David Mark à la tête de la formation politique. La Haute Cour d’Abuja lui a donné raison en invalidant les décisions prises au nom de ce dernier, notamment celle désignant Atiku Abubakar comme candidat.

Cette crise interne intervient dans un contexte où l’ADC fait déjà face à plusieurs procédures judiciaires portant sur son fonctionnement et sa participation aux élections de 2027. Le gouvernement fédéral avait d’ailleurs soutenu, au cours de cette année, une autre action en justice concernant l’éligibilité du parti au scrutin.

Pour l’ADC, ces procédures ne relèvent pas uniquement de querelles internes. Son porte-parole, Bolaji Abdullahi, accuse le parti au pouvoir, le Congrès des progressistes (APC), d’exploiter les divisions de l’opposition afin de l’affaiblir à l’approche de la présidentielle.

Dans un communiqué, il qualifie le jugement de « tentative désespérée visant à paralyser l’opposition ». Le parti affirme ne pas avoir encore reçu copie de la décision judiciaire, mais annonce son intention de la contester par toutes les voies de recours disponibles.

L’APC, le parti de Tinubu Bula, rejette les accusations

La réaction du parti au pouvoir n’a pas tardé. Daniel Bwala, porte-parole du chef de l’État, Tinubu Bola, a catégoriquement rejeté toute implication de l’APC dans cette décision.  « L’APC n’est absolument pas impliqué », a-t-il déclaré, d’après l’AFP.

Cette opposition entre les deux camps risque d’alimenter davantage la méfiance autour du processus électoral. Pour l’ADC, la décision de justice prive les Nigérians de leur droit de choisir librement leurs dirigeants. Le parti est même allé jusqu’à accuser l’APC de vouloir « mettre le Nigeria à feu et à sang ».

La Commission électorale nationale indépendante (Inec), qui avait validé la candidature d’Atiku Abubakar, n’a pas pu être jointe pour commenter les conséquences du jugement. La portée exacte de cette décision sur la procédure électorale reste donc à clarifier.

Une présidentielle sous tension

Les inquiétudes dépassent désormais le seul cas d’Atiku Abubakar. Le parti de Peter Obi, autre figure majeure de l’opposition, a également dénoncé des entraves présumées à ses activités de campagne. Le Congrès national démocratique (NDC) affirme que plusieurs réservations d’hôtels à Abuja, destinées à accueillir ses meetings, ont été annulées à la dernière minute. Il accuse l’APC de perturber ses activités et dénonce une situation qu’il juge contraire aux principes démocratiques.

Ces accusations interviennent alors que les précédentes élections nigérianes ont déjà été marquées par de nombreux contentieux. Dans son rapport sur le scrutin de 2023, la mission d’observation de l’Union européenne avait relevé des litiges préélectoraux excessifs et des conflits internes généralisés au sein des partis. Elle avait recensé au moins 1 200 affaires judiciaires, dont certaines avaient été perçues comme politisées ou excessivement techniques.

L’éventuelle exclusion d’Atiku Abubakar pourrait également avoir des conséquences politiques sensibles. Il est présenté comme le seul candidat majeur issu du Nord, une région majoritairement musulmane, dont la représentation dans la compétition présidentielle constitue un enjeu délicat au Nigeria. Son absence éventuelle pourrait ainsi accentuer les tensions régionales et nourrir le sentiment d’exclusion chez une partie de l’électorat.

Atiku Abubakar face à un nouveau défi politique

Lors de la présidentielle de 2023, Atiku Abubakar avait terminé deuxième avec 29 % des suffrages, derrière Bola Tinubu, élu avec 36,6 %. Peter Obi était arrivé en troisième position. Le président sortant avait ainsi remporté le scrutin dans un contexte d’opposition divisée. Depuis plusieurs mois, Atiku Abubakar multiplie les critiques contre la politique économique de Bola Tinubu. Les réformes engagées par le président ont été saluées par certains économistes, mais leur mise en œuvre s’est accompagnée d’une forte inflation et d’une aggravation des difficultés économiques pour une partie de la population. L’ancien vice-président espérait tirer profit de ce mécontentement pour construire une alternative politique crédible. Mais la décision de la Haute Cour d’Abuja vient bouleverser sa stratégie, à quelques mois d’un rendez-vous électoral déterminant. Au-delà du sort personnel d’Atiku Abubakar, cette affaire pose une question fondamentale : la justice nigériane pourra-t-elle trancher les différends politiques sans que ses décisions soient perçues comme des instruments de combat électoral ? À l’approche de la présidentielle de 2027, la crédibilité du processus démocratique se retrouve une nouvelle fois mise à l’épreuve.

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