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Mali : HRW accuse l’armée et ses alliés russes de tuer des civils, les groupes armés également épinglés

Mali : HRW accuse l’armée et ses alliés russes de tuer des civils, les groupes armés également épinglés. Article écrit par Par la rédaction. Publié le 19 octobre 2026à 08h24

⏱ Temps de lecture estimé : 10 minutes

L’organisation Human Rights Watch (HRW) accuse l’armée malienne et ses partenaires paramilitaires russes d’avoir tué et blessé des dizaines de civils dans le centre et le nord du pays. Dans un rapport publié le lundi 19 octobre 2026, elle dénonce également des frappes de drones manifestement indiscriminées, l’exécution présumée de cinq jeunes filles et des exactions attribuées à des miliciens alliés aux forces gouvernementales. Les groupes jihadistes et les combattants indépendantistes touaregs sont eux aussi accusés de graves violations du droit international humanitaire. Par la rédaction. La crise sécuritaire malienne continue de faire payer un lourd tribut aux populations civiles. Dans un rapport rendu public lundi, Human Rights Watch (HRW) met en cause plusieurs acteurs du conflit, aussi bien du côté des forces gouvernementales que parmi les groupes armés qui combattent l’État malien. Selon l’organisation internationale de défense des droits humains, l’armée malienne et ses alliés paramilitaires russes ont tué et blessé des dizaines de civils lors d’attaques militaires et d’opérations de détention dans les régions du centre et du nord du pays. Ces accusations interviennent dans un contexte marqué par la multiplication des violences, les déplacements de populations et la persistance des affrontements entre les forces gouvernementales et différents groupes armés. Elles relancent également le débat sur la protection des civils et le respect des règles de la guerre par l’ensemble des parties au conflit. Des frappes de drones meurtrières contre des civils Parmi les faits documentés par HRW figurent deux frappes de drones militaires maliens que l’organisation qualifie de manifestement indiscriminées. La première attaque remonte au 29 juillet 2026. Elle a visé le village de Talhandak, dans la région de Kidal, au nord du Mali. Selon le rapport, cette frappe a partiellement détruit un établissement de santé, un lieu dont la vocation première est de prendre en charge les personnes malades et blessées. La seconde frappe, survenue le 19 août sur le marché de Tombonkore, dans la région de Bandiagara, au centre du pays, aurait fait un bilan particulièrement lourd. HRW fait état de six morts et d’au moins vingt blessés parmi les civils. Ces deux incidents soulèvent de sérieuses interrogations sur les conditions dans lesquelles les opérations militaires sont conduites dans des zones fréquentées par des populations civiles. En vertu du droit international humanitaire, les parties à un conflit doivent distinguer les civils des combattants et les biens civils des objectifs militaires. Elles sont également tenues de prendre toutes les précautions possibles pour éviter ou, à défaut, réduire au minimum les pertes civiles. Les attaques indiscriminées, qui ne distinguent pas les objectifs militaires des personnes et des biens civils, sont interdites. La qualification juridique de chaque incident dépend toutefois des circonstances précises, notamment de la cible visée, des informations disponibles au moment de l’attaque et des précautions prises. Pour HRW, les faits rapportés nécessitent donc une attention particulière, tant au regard de la sécurité des populations que de l’obligation de rendre compte des opérations militaires. Cinq filles tuées lors d’une opération militaire Le rapport de l’organisation fait également état d’un autre épisode particulièrement grave. Le 12 juillet 2026, des soldats maliens auraient abattu cinq filles au cours d’une opération menée dans la région de Ségou, dans le centre du pays. Cette accusation, si elle est établie, soulève de graves questions sur le respect du droit à la vie et la protection des personnes qui ne participent pas aux hostilités. Les enfants, et plus largement les personnes civiles, bénéficient d’une protection particulière en période de conflit armé. Les forces engagées dans les opérations militaires sont tenues de respecter ces garanties, quelles que soient les circonstances. Dans une région où les opérations contre les groupes armés s’accompagnent régulièrement d’allégations d’exactions, la documentation de tels incidents apparaît essentielle pour établir les responsabilités et prévenir la répétition des violences. HRW signale par ailleurs des faits imputés à des miliciens dozos alliés à l’armée malienne. Ces derniers auraient tué trois civils les 27 et 28 juillet dans la région de Mopti, également située dans le centre du pays. L’accumulation de ces accusations met en lumière les risques auxquels les populations sont exposées, y compris dans les zones où les forces gouvernementales et leurs partenaires prétendent rétablir la sécurité. Elle pose aussi la question de la responsabilité des autorités lorsqu’elles s’appuient sur des groupes armés alliés pour conduire ou soutenir leurs opérations. Les partenaires russes de Bamako également mis en cause Depuis son arrivée au pouvoir à la suite des coups d’État de 2020 et de 2021, la junte malienne a profondément réorienté sa politique de sécurité en renforçant sa coopération avec la Russie. Dans le cadre de sa lutte contre les groupes jihadistes, Bamako a notamment fait appel aux paramilitaires russes de Wagner, dont les activités ont ensuite été reprises par l’Africa Corps, une structure liée à l’appareil militaire russe. Cette coopération constitue l’un des piliers de la stratégie sécuritaire des autorités maliennes. Elle est toutefois régulièrement accompagnée d’accusations d’exactions contre les populations civiles. Dans son dernier rapport, HRW affirme que l’armée malienne et ses partenaires russes ont tué et blessé des dizaines de civils lors d’attaques et en détention. Ces accusations s’inscrivent dans une série de dénonciations documentées au fil des années par des organisations de défense des droits humains concernant les opérations antijihadistes au Mali. Pour les autorités, la lutte contre les groupes armés constitue un enjeu majeur de souveraineté et de sécurité nationale. Mais cet impératif ne dispense aucune force engagée dans le conflit de respecter les obligations qui lui incombent en matière de protection des civils. La lutte contre le terrorisme ne saurait, en droit, justifier des exécutions sommaires, des attaques indiscriminées ou des traitements cruels infligés à des personnes détenues. L’efficacité d’une stratégie sécuritaire ne se mesure donc pas uniquement aux territoires reconquis ou aux combattants neutralisés, mais également à la capacité des forces engagées à protéger les populations. JNIM et FLA accusés d’avoir exécuté des soldats capturés Les accusations formulées par HRW ne concernent pas uniquement les forces gouvernementales et leurs alliés. L’organisation dénonce également des violations du droit de la guerre imputées aux combattants islamistes et aux groupes indépendantistes touaregs, notamment des actes de torture et l’exécution de soldats maliens capturés. Selon le rapport, le 18 juillet 2026, des membres du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, ainsi que des combattants du Front de libération de l’Azawad (FLA), auraient torturé et exécuté au moins 19 soldats maliens faits prisonniers dans la région de Gao, au nord-est du pays. Ces faits se seraient déroulés à Tabrichat, dans une zone affectée par les affrontements entre les forces gouvernementales et les groupes armés opposés à Bamako. La situation des prisonniers de guerre présumés ou des combattants capturés est encadrée par des règles précises du droit international humanitaire. Les personnes détenues doivent être traitées avec humanité. Le meurtre, la torture et les exécutions sommaires sont interdits. Même lorsqu’ils sont accusés d’avoir participé à des opérations militaires, les combattants capturés ne peuvent être privés arbitrairement de leur droit à la vie. Les accusations rapportées par HRW sont donc particulièrement graves. Elles concernent des actes qui, s’ils sont établis, pourraient constituer des crimes de guerre. Des reconnaissances partielles et des démentis Dans son rapport, HRW précise que le JNIM a reconnu que des prisonniers avaient été tués à Tabrichat. Le groupe a toutefois affirmé ne pas avoir ordonné ces meurtres. Cette position soulève la question de l’établissement des responsabilités individuelles et de la chaîne de commandement au sein des groupes armés. De son côté, le Front de libération de l’Azawad a reconnu que des affrontements avaient opposé ses combattants à l’armée malienne et à ses partenaires russes à Tabrichat, le 18 juillet. Le mouvement a cependant catégoriquement rejeté les accusations selon lesquelles ses combattants auraient exécuté des soldats capturés. Ces déclarations contradictoires rendent nécessaire une enquête indépendante permettant de reconstituer le déroulement des événements, d’identifier les victimes et d’établir les responsabilités. La reconnaissance de combats ou de la mort de prisonniers ne suffit pas, à elle seule, à établir qui a commis les actes dénoncés. De même, le rejet d’une accusation ne permet pas de l’écarter sans examen des éléments disponibles. La documentation des faits, la collecte de témoignages et l’examen des preuves sont indispensables pour éviter que les victimes ne soient réduites à de simples chiffres dans les bilans militaires. Une crise sécuritaire qui met les civils au premier plan Depuis 2012, le Mali traverse une crise profonde alimentée par les violences de groupes djihadistes, les affrontements avec les mouvements indépendantistes touaregs et les agissements de groupes criminels à caractère communautaire. Malgré le changement de partenaires militaires et la réorganisation de la stratégie sécuritaire des autorités, les populations continuent de subir les conséquences des affrontements. Les accusations contenues dans le rapport de HRW illustrent une réalité préoccupante : les violations présumées ne sont pas limitées à un seul camp. Elles concernent des acteurs aux objectifs et aux moyens différents, mais dont les opérations peuvent avoir des conséquences dramatiques pour les civils. Pour autant, la responsabilité de chaque partie doit être examinée individuellement, sur la base de faits vérifiables et de preuves suffisantes. Les crimes imputés à un groupe ne peuvent justifier ceux commis par un autre. La protection des civils, le respect des règles de détention et l’interdiction des attaques indiscriminées constituent des obligations qui s’imposent aux parties au conflit, indépendamment de leurs objectifs politiques ou militaires. Au-delà des accusations, le rapport remet ainsi au centre du débat une exigence fondamentale : la sécurité ne peut durablement se construire au prix de la vie des innocents. L’établissement des faits, la conduite d’enquêtes crédibles et la poursuite des responsables présumés sont essentiels pour combattre l’impunité et prévenir de nouvelles violations. Au Mali, où les populations vivent depuis plus d’une décennie au rythme des violences, la question demeure entière : comment restaurer durablement la sécurité sans garantir, dans le même temps, la protection effective des civils ?.

⏱ Temps de lecture estimé : 10 minutes

L’organisation Human Rights Watch (HRW) accuse l’armée malienne et ses partenaires paramilitaires russes d’avoir tué et blessé des dizaines de civils dans le centre et le nord du pays. Dans un rapport publié le lundi 19 octobre 2026, elle dénonce également des frappes de drones manifestement indiscriminées, l’exécution présumée de cinq jeunes filles et des exactions attribuées à des miliciens alliés aux forces gouvernementales. Les groupes jihadistes et les combattants indépendantistes touaregs sont eux aussi accusés de graves violations du droit international humanitaire. Par la rédaction

La crise sécuritaire malienne continue de faire payer un lourd tribut aux populations civiles. Dans un rapport rendu public lundi, Human Rights Watch (HRW) met en cause plusieurs acteurs du conflit, aussi bien du côté des forces gouvernementales que parmi les groupes armés qui combattent l’État malien.

Selon l’organisation internationale de défense des droits humains, l’armée malienne et ses alliés paramilitaires russes ont tué et blessé des dizaines de civils lors d’attaques militaires et d’opérations de détention dans les régions du centre et du nord du pays.

Ces accusations interviennent dans un contexte marqué par la multiplication des violences, les déplacements de populations et la persistance des affrontements entre les forces gouvernementales et différents groupes armés. Elles relancent également le débat sur la protection des civils et le respect des règles de la guerre par l’ensemble des parties au conflit.

Des frappes de drones meurtrières contre des civils

Parmi les faits documentés par HRW figurent deux frappes de drones militaires maliens que l’organisation qualifie de manifestement indiscriminées.

La première attaque remonte au 29 juillet 2026. Elle a visé le village de Talhandak, dans la région de Kidal, au nord du Mali. Selon le rapport, cette frappe a partiellement détruit un établissement de santé, un lieu dont la vocation première est de prendre en charge les personnes malades et blessées.

La seconde frappe, survenue le 19 août sur le marché de Tombonkore, dans la région de Bandiagara, au centre du pays, aurait fait un bilan particulièrement lourd. HRW fait état de six morts et d’au moins vingt blessés parmi les civils.

Ces deux incidents soulèvent de sérieuses interrogations sur les conditions dans lesquelles les opérations militaires sont conduites dans des zones fréquentées par des populations civiles.

En vertu du droit international humanitaire, les parties à un conflit doivent distinguer les civils des combattants et les biens civils des objectifs militaires. Elles sont également tenues de prendre toutes les précautions possibles pour éviter ou, à défaut, réduire au minimum les pertes civiles.

Les attaques indiscriminées, qui ne distinguent pas les objectifs militaires des personnes et des biens civils, sont interdites. La qualification juridique de chaque incident dépend toutefois des circonstances précises, notamment de la cible visée, des informations disponibles au moment de l’attaque et des précautions prises.

Pour HRW, les faits rapportés nécessitent donc une attention particulière, tant au regard de la sécurité des populations que de l’obligation de rendre compte des opérations militaires.

Cinq filles tuées lors d’une opération militaire

Le rapport de l’organisation fait également état d’un autre épisode particulièrement grave.

Le 12 juillet 2026, des soldats maliens auraient abattu cinq filles au cours d’une opération menée dans la région de Ségou, dans le centre du pays.

Cette accusation, si elle est établie, soulève de graves questions sur le respect du droit à la vie et la protection des personnes qui ne participent pas aux hostilités.

Les enfants, et plus largement les personnes civiles, bénéficient d’une protection particulière en période de conflit armé. Les forces engagées dans les opérations militaires sont tenues de respecter ces garanties, quelles que soient les circonstances.

Dans une région où les opérations contre les groupes armés s’accompagnent régulièrement d’allégations d’exactions, la documentation de tels incidents apparaît essentielle pour établir les responsabilités et prévenir la répétition des violences.

HRW signale par ailleurs des faits imputés à des miliciens dozos alliés à l’armée malienne. Ces derniers auraient tué trois civils les 27 et 28 juillet dans la région de Mopti, également située dans le centre du pays.

L’accumulation de ces accusations met en lumière les risques auxquels les populations sont exposées, y compris dans les zones où les forces gouvernementales et leurs partenaires prétendent rétablir la sécurité.

Elle pose aussi la question de la responsabilité des autorités lorsqu’elles s’appuient sur des groupes armés alliés pour conduire ou soutenir leurs opérations.

Les partenaires russes de Bamako également mis en cause

Depuis son arrivée au pouvoir à la suite des coups d’État de 2020 et de 2021, la junte malienne a profondément réorienté sa politique de sécurité en renforçant sa coopération avec la Russie.

Dans le cadre de sa lutte contre les groupes jihadistes, Bamako a notamment fait appel aux paramilitaires russes de Wagner, dont les activités ont ensuite été reprises par l’Africa Corps, une structure liée à l’appareil militaire russe.

Cette coopération constitue l’un des piliers de la stratégie sécuritaire des autorités maliennes. Elle est toutefois régulièrement accompagnée d’accusations d’exactions contre les populations civiles.

Dans son dernier rapport, HRW affirme que l’armée malienne et ses partenaires russes ont tué et blessé des dizaines de civils lors d’attaques et en détention.

Ces accusations s’inscrivent dans une série de dénonciations documentées au fil des années par des organisations de défense des droits humains concernant les opérations antijihadistes au Mali.

Pour les autorités, la lutte contre les groupes armés constitue un enjeu majeur de souveraineté et de sécurité nationale. Mais cet impératif ne dispense aucune force engagée dans le conflit de respecter les obligations qui lui incombent en matière de protection des civils.

La lutte contre le terrorisme ne saurait, en droit, justifier des exécutions sommaires, des attaques indiscriminées ou des traitements cruels infligés à des personnes détenues.

L’efficacité d’une stratégie sécuritaire ne se mesure donc pas uniquement aux territoires reconquis ou aux combattants neutralisés, mais également à la capacité des forces engagées à protéger les populations.

JNIM et FLA accusés d’avoir exécuté des soldats capturés

Les accusations formulées par HRW ne concernent pas uniquement les forces gouvernementales et leurs alliés.

L’organisation dénonce également des violations du droit de la guerre imputées aux combattants islamistes et aux groupes indépendantistes touaregs, notamment des actes de torture et l’exécution de soldats maliens capturés.

Selon le rapport, le 18 juillet 2026, des membres du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, ainsi que des combattants du Front de libération de l’Azawad (FLA), auraient torturé et exécuté au moins 19 soldats maliens faits prisonniers dans la région de Gao, au nord-est du pays.

Ces faits se seraient déroulés à Tabrichat, dans une zone affectée par les affrontements entre les forces gouvernementales et les groupes armés opposés à Bamako.

La situation des prisonniers de guerre présumés ou des combattants capturés est encadrée par des règles précises du droit international humanitaire. Les personnes détenues doivent être traitées avec humanité. Le meurtre, la torture et les exécutions sommaires sont interdits.

Même lorsqu’ils sont accusés d’avoir participé à des opérations militaires, les combattants capturés ne peuvent être privés arbitrairement de leur droit à la vie.

Les accusations rapportées par HRW sont donc particulièrement graves. Elles concernent des actes qui, s’ils sont établis, pourraient constituer des crimes de guerre.

Des reconnaissances partielles et des démentis

Dans son rapport, HRW précise que le JNIM a reconnu que des prisonniers avaient été tués à Tabrichat. Le groupe a toutefois affirmé ne pas avoir ordonné ces meurtres.

Cette position soulève la question de l’établissement des responsabilités individuelles et de la chaîne de commandement au sein des groupes armés.

De son côté, le Front de libération de l’Azawad a reconnu que des affrontements avaient opposé ses combattants à l’armée malienne et à ses partenaires russes à Tabrichat, le 18 juillet. Le mouvement a cependant catégoriquement rejeté les accusations selon lesquelles ses combattants auraient exécuté des soldats capturés.

Ces déclarations contradictoires rendent nécessaire une enquête indépendante permettant de reconstituer le déroulement des événements, d’identifier les victimes et d’établir les responsabilités.

La reconnaissance de combats ou de la mort de prisonniers ne suffit pas, à elle seule, à établir qui a commis les actes dénoncés. De même, le rejet d’une accusation ne permet pas de l’écarter sans examen des éléments disponibles.

La documentation des faits, la collecte de témoignages et l’examen des preuves sont indispensables pour éviter que les victimes ne soient réduites à de simples chiffres dans les bilans militaires.

Une crise sécuritaire qui met les civils au premier plan

Depuis 2012, le Mali traverse une crise profonde alimentée par les violences de groupes djihadistes, les affrontements avec les mouvements indépendantistes touaregs et les agissements de groupes criminels à caractère communautaire.

Malgré le changement de partenaires militaires et la réorganisation de la stratégie sécuritaire des autorités, les populations continuent de subir les conséquences des affrontements.

Les accusations contenues dans le rapport de HRW illustrent une réalité préoccupante : les violations présumées ne sont pas limitées à un seul camp. Elles concernent des acteurs aux objectifs et aux moyens différents, mais dont les opérations peuvent avoir des conséquences dramatiques pour les civils.

Pour autant, la responsabilité de chaque partie doit être examinée individuellement, sur la base de faits vérifiables et de preuves suffisantes. Les crimes imputés à un groupe ne peuvent justifier ceux commis par un autre.

La protection des civils, le respect des règles de détention et l’interdiction des attaques indiscriminées constituent des obligations qui s’imposent aux parties au conflit, indépendamment de leurs objectifs politiques ou militaires.

Au-delà des accusations, le rapport remet ainsi au centre du débat une exigence fondamentale : la sécurité ne peut durablement se construire au prix de la vie des innocents.

L’établissement des faits, la conduite d’enquêtes crédibles et la poursuite des responsables présumés sont essentiels pour combattre l’impunité et prévenir de nouvelles violations.

Au Mali, où les populations vivent depuis plus d’une décennie au rythme des violences, la question demeure entière : comment restaurer durablement la sécurité sans garantir, dans le même temps, la protection effective des civils ?

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