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Tchad : l’UNDR fait sa rentrée politique entre soutien au pouvoir et inquiétudes sociales

Tchad : l’UNDR fait sa rentrée politique entre soutien au pouvoir et inquiétudes sociales. Article écrit par Par la rédaction. Publié le 17 octobre 2026à 19h58

⏱ Temps de lecture estimé : 8 minutes

L’Union nationale pour le développement et le renouveau (UNDR) a effectué sa rentrée politique ce samedi 17 octobre au siège du parti, à N’Djaména. À cette occasion, son secrétaire général exécutif, Célestin Topona Mocnga, a présenté les grandes orientations de la formation politique, tout en dressant un tableau préoccupant de la situation sociopolitique, économique et sécuritaire du Tchad. Entre soutien aux autorités, appel au dialogue politique, dénonciation de la corruption et inquiétudes face à la précarité des populations, le parti entend consolider ses bases et préparer les prochaines échéances électorales. Par la rédaction.. Cette rentrée politique s’inscrit dans la continuité du 7ᵉ congrès ordinaire de l’UNDR, tenu du 19 au 21 décembre 2025 à N’Djaména. La rencontre avait réuni des délégués venus des 23 provinces du pays, des conseillers ainsi que des représentants des structures affiliées au parti. Elle a notamment consacré une nouvelle étape dans la gouvernance interne de cette formation politique, avec le passage de relais à la tête de son exécutif. Après 33 ans à la direction du parti, Saleh Kebzabo, figure historique de l’UNDR et désormais médiateur de la République, a transmis les responsabilités exécutives à Célestin Topona Mocnga, choisi par les militants. L’ancien dirigeant conserve néanmoins le titre de président d’honneur et demeure une référence politique pour la formation. À travers cette rentrée, la nouvelle équipe dirigeante entend donner une impulsion supplémentaire à l’organisation, renforcer sa présence sur le terrain et mobiliser les militants autour de ses orientations politiques. Le parti a également salué l’arrivée de nouveaux adhérents, en rappelant l’un de ses slogans emblématiques : « À l’UNDR, il n’y a pas de militants de première ni de dernière heure, il y a des militants tout court. » Une manière de réaffirmer sa volonté de rassemblement et de rappeler que la consolidation de ses rangs constitue un enjeu majeur pour son avenir politique. Un soutien au pouvoir accompagné d’exigences politiques Revenant sur le parcours de l’UNDR depuis avril 2021, marqué par le décès du président Idriss Déby Itno et l’ouverture de la transition, Célestin Topona Mocnga a défendu la participation de son parti au processus de transition ainsi qu’au dialogue national inclusif et souverain. L’UNDR réaffirme son soutien au gouvernement et au président de la République, le maréchal Mahamat Idriss Déby Itno. Toutefois, cette position s’accompagne d’appels à renforcer le dialogue entre les différentes forces politiques du pays. Le parti indique avoir engagé des échanges avec plusieurs formations, notamment le Mouvement patriotique du salut (MPS), ainsi qu’avec d’autres sensibilités politiques. L’objectif affiché est de favoriser la concertation et de rechercher des convergences sur les questions essentielles à la stabilité institutionnelle du Tchad. L’UNDR accorde également une importance particulière au Cadre permanent de dialogue politique, qui réunit la majorité présidentielle et l’opposition démocratique. Pour la formation, ce mécanisme devrait permettre de revisiter les textes électoraux afin de renforcer la confiance des citoyens dans le processus électoral. À l’approche des prochaines échéances, la question de la crédibilité des institutions, de la transparence des opérations électorales et de la confiance des électeurs demeure déterminante. Pour l’UNDR, le dialogue politique ne doit donc pas se limiter à des rencontres entre responsables, mais contribuer à créer les conditions d’une compétition électorale plus rassurante. Par ailleurs, membre de l’Internationale socialiste, le parti a lancé un appel au regroupement des formations politiques tchadiennes se réclamant de la gauche. Cette initiative vise à favoriser une meilleure coordination idéologique et politique entre des organisations partageant des orientations similaires. Cherté de la vie, insécurité : les inquiétudes de l’UNDR Sur le plan socio-économique, le bureau exécutif de l’UNDR a exprimé de vives préoccupations face à la dégradation des conditions de vie des populations. La hausse des prix, la précarité sociale et les difficultés quotidiennes des ménages figurent parmi les problèmes auxquels les autorités devraient accorder une attention prioritaire. Pour le parti, ces difficultés ne constituent pas uniquement des préoccupations économiques. Elles peuvent également fragiliser la cohésion sociale et alimenter les tensions au sein de la population si des réponses appropriées ne sont pas apportées. L’UNDR a également insisté sur la persistance des conflits intercommunautaires et intracommunautaires, notamment ceux opposant les agriculteurs aux éleveurs. À ces tensions s’ajoutent les problèmes d’insécurité dans les villes comme dans les zones rurales. Le parti appelle ainsi à renforcer les mécanismes de prévention et de règlement pacifique des différends, tout en améliorant la protection des personnes et de leurs biens. La recherche de solutions durables suppose, selon cette orientation, une action coordonnée des pouvoirs publics et des communautés concernées. La corruption a également occupé une place importante dans le discours. La formation politique l’a qualifiée de « gangrène qui risque d’emporter le pays dans l’abîme », appelant à une justice sévère et indépendante contre les auteurs de détournements de deniers publics. Au-delà des déclarations, cette exigence renvoie à un enjeu central pour la gouvernance publique : la transparence dans la gestion des ressources de l’État et la responsabilité des personnes chargées de les administrer. Pour l’UNDR, la lutte contre la corruption doit se traduire par des actes concrets et par l’application effective de la loi, sans distinction de statut ou de position. La crise soudanaise, un défi humanitaire et sécuritaire La situation au Soudan voisin a constitué un autre volet important de cette rentrée politique. Depuis le déclenchement de la guerre dans ce pays, le Tchad accueille un nombre considérable de réfugiés, exerçant une pression supplémentaire sur les ressources et les infrastructures des régions d’accueil. L’UNDR a salué les efforts humanitaires du gouvernement tchadien face à cette crise, alors que le pays accueille plus d’un million de réfugiés soudanais. Toutefois, le parti estime que cet engagement nécessite un accompagnement accru de la communauté internationale afin de préserver les capacités d’accueil et d’éviter que les populations tchadiennes vivant dans les zones concernées ne soient davantage fragilisées. La formation appelle également les acteurs concernés par le conflit soudanais à contribuer aux efforts humanitaires et à prendre en considération les conséquences de la guerre sur les communautés frontalières. Sur le plan sécuritaire, l’UNDR préconise le renforcement des capacités opérationnelles des forces de défense et de sécurité dans les zones sensibles, notamment autour du lac Tchad, dans le Sud du pays et à la frontière libyenne. Ces espaces nécessitent une vigilance particulière face aux menaces sécuritaires et aux risques de déstabilisation transfrontalière. Coopération internationale et retour sur le terrain En matière de diplomatie, l’UNDR plaide pour le renforcement des relations de coopération bilatérale et multilatérale du Tchad. Le parti a notamment évoqué les liens historiques avec la France, dans le contexte de la visite de travail du chef de l’État à Paris, le 12 octobre 2026. Pour la formation politique, le maintien de relations de coopération avec les partenaires internationaux demeure important, notamment dans les domaines économique, sécuritaire et diplomatique. Enfin, cette rentrée politique a été l’occasion pour Célestin Topona Mocnga d’annoncer une vaste campagne de mobilisation et de restructuration des comités provinciaux après l’hivernage. Cette opération doit permettre de redynamiser les structures locales, de reprendre contact avec les militants et de renforcer l’implantation du parti sur l’ensemble du territoire national. À travers cette rentrée, l’UNDR affiche ainsi sa volonté de consolider son organisation et de participer activement à la vie politique tchadienne. Reste à savoir dans quelle mesure ses appels au dialogue, à la lutte contre la corruption et à l’amélioration des conditions de vie pourront se traduire par des initiatives concrètes, alors que les attentes sociales demeurent fortes et que les prochaines échéances politiques se préparent..

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L’Union nationale pour le développement et le renouveau (UNDR) a effectué sa rentrée politique ce samedi 17 octobre au siège du parti, à N’Djaména. À cette occasion, son secrétaire général exécutif, Célestin Topona Mocnga, a présenté les grandes orientations de la formation politique, tout en dressant un tableau préoccupant de la situation sociopolitique, économique et sécuritaire du Tchad. Entre soutien aux autorités, appel au dialogue politique, dénonciation de la corruption et inquiétudes face à la précarité des populations, le parti entend consolider ses bases et préparer les prochaines échéances électorales. Par la rédaction.

Cette rentrée politique s’inscrit dans la continuité du 7ᵉ congrès ordinaire de l’UNDR, tenu du 19 au 21 décembre 2025 à N’Djaména. La rencontre avait réuni des délégués venus des 23 provinces du pays, des conseillers ainsi que des représentants des structures affiliées au parti. Elle a notamment consacré une nouvelle étape dans la gouvernance interne de cette formation politique, avec le passage de relais à la tête de son exécutif.

Après 33 ans à la direction du parti, Saleh Kebzabo, figure historique de l’UNDR et désormais médiateur de la République, a transmis les responsabilités exécutives à Célestin Topona Mocnga, choisi par les militants. L’ancien dirigeant conserve néanmoins le titre de président d’honneur et demeure une référence politique pour la formation.

À travers cette rentrée, la nouvelle équipe dirigeante entend donner une impulsion supplémentaire à l’organisation, renforcer sa présence sur le terrain et mobiliser les militants autour de ses orientations politiques.

Le parti a également salué l’arrivée de nouveaux adhérents, en rappelant l’un de ses slogans emblématiques : « À l’UNDR, il n’y a pas de militants de première ni de dernière heure, il y a des militants tout court. » Une manière de réaffirmer sa volonté de rassemblement et de rappeler que la consolidation de ses rangs constitue un enjeu majeur pour son avenir politique.

Un soutien au pouvoir accompagné d’exigences politiques

Revenant sur le parcours de l’UNDR depuis avril 2021, marqué par le décès du président Idriss Déby Itno et l’ouverture de la transition, Célestin Topona Mocnga a défendu la participation de son parti au processus de transition ainsi qu’au dialogue national inclusif et souverain.

L’UNDR réaffirme son soutien au gouvernement et au président de la République, le maréchal Mahamat Idriss Déby Itno. Toutefois, cette position s’accompagne d’appels à renforcer le dialogue entre les différentes forces politiques du pays.

Le parti indique avoir engagé des échanges avec plusieurs formations, notamment le Mouvement patriotique du salut (MPS), ainsi qu’avec d’autres sensibilités politiques. L’objectif affiché est de favoriser la concertation et de rechercher des convergences sur les questions essentielles à la stabilité institutionnelle du Tchad.

L’UNDR accorde également une importance particulière au Cadre permanent de dialogue politique, qui réunit la majorité présidentielle et l’opposition démocratique. Pour la formation, ce mécanisme devrait permettre de revisiter les textes électoraux afin de renforcer la confiance des citoyens dans le processus électoral.

À l’approche des prochaines échéances, la question de la crédibilité des institutions, de la transparence des opérations électorales et de la confiance des électeurs demeure déterminante. Pour l’UNDR, le dialogue politique ne doit donc pas se limiter à des rencontres entre responsables, mais contribuer à créer les conditions d’une compétition électorale plus rassurante.

Par ailleurs, membre de l’Internationale socialiste, le parti a lancé un appel au regroupement des formations politiques tchadiennes se réclamant de la gauche. Cette initiative vise à favoriser une meilleure coordination idéologique et politique entre des organisations partageant des orientations similaires.

Cherté de la vie, insécurité : les inquiétudes de l’UNDR

Sur le plan socio-économique, le bureau exécutif de l’UNDR a exprimé de vives préoccupations face à la dégradation des conditions de vie des populations. La hausse des prix, la précarité sociale et les difficultés quotidiennes des ménages figurent parmi les problèmes auxquels les autorités devraient accorder une attention prioritaire.

Pour le parti, ces difficultés ne constituent pas uniquement des préoccupations économiques. Elles peuvent également fragiliser la cohésion sociale et alimenter les tensions au sein de la population si des réponses appropriées ne sont pas apportées.

L’UNDR a également insisté sur la persistance des conflits intercommunautaires et intracommunautaires, notamment ceux opposant les agriculteurs aux éleveurs. À ces tensions s’ajoutent les problèmes d’insécurité dans les villes comme dans les zones rurales.

Le parti appelle ainsi à renforcer les mécanismes de prévention et de règlement pacifique des différends, tout en améliorant la protection des personnes et de leurs biens. La recherche de solutions durables suppose, selon cette orientation, une action coordonnée des pouvoirs publics et des communautés concernées.

La corruption a également occupé une place importante dans le discours. La formation politique l’a qualifiée de « gangrène qui risque d’emporter le pays dans l’abîme », appelant à une justice sévère et indépendante contre les auteurs de détournements de deniers publics.

Au-delà des déclarations, cette exigence renvoie à un enjeu central pour la gouvernance publique : la transparence dans la gestion des ressources de l’État et la responsabilité des personnes chargées de les administrer. Pour l’UNDR, la lutte contre la corruption doit se traduire par des actes concrets et par l’application effective de la loi, sans distinction de statut ou de position.

La crise soudanaise, un défi humanitaire et sécuritaire

La situation au Soudan voisin a constitué un autre volet important de cette rentrée politique. Depuis le déclenchement de la guerre dans ce pays, le Tchad accueille un nombre considérable de réfugiés, exerçant une pression supplémentaire sur les ressources et les infrastructures des régions d’accueil.

L’UNDR a salué les efforts humanitaires du gouvernement tchadien face à cette crise, alors que le pays accueille plus d’un million de réfugiés soudanais. Toutefois, le parti estime que cet engagement nécessite un accompagnement accru de la communauté internationale afin de préserver les capacités d’accueil et d’éviter que les populations tchadiennes vivant dans les zones concernées ne soient davantage fragilisées.

La formation appelle également les acteurs concernés par le conflit soudanais à contribuer aux efforts humanitaires et à prendre en considération les conséquences de la guerre sur les communautés frontalières.

Sur le plan sécuritaire, l’UNDR préconise le renforcement des capacités opérationnelles des forces de défense et de sécurité dans les zones sensibles, notamment autour du lac Tchad, dans le Sud du pays et à la frontière libyenne. Ces espaces nécessitent une vigilance particulière face aux menaces sécuritaires et aux risques de déstabilisation transfrontalière.

Coopération internationale et retour sur le terrain

En matière de diplomatie, l’UNDR plaide pour le renforcement des relations de coopération bilatérale et multilatérale du Tchad. Le parti a notamment évoqué les liens historiques avec la France, dans le contexte de la visite de travail du chef de l’État à Paris, le 12 octobre 2026.

Pour la formation politique, le maintien de relations de coopération avec les partenaires internationaux demeure important, notamment dans les domaines économique, sécuritaire et diplomatique.

Enfin, cette rentrée politique a été l’occasion pour Célestin Topona Mocnga d’annoncer une vaste campagne de mobilisation et de restructuration des comités provinciaux après l’hivernage. Cette opération doit permettre de redynamiser les structures locales, de reprendre contact avec les militants et de renforcer l’implantation du parti sur l’ensemble du territoire national.

À travers cette rentrée, l’UNDR affiche ainsi sa volonté de consolider son organisation et de participer activement à la vie politique tchadienne. Reste à savoir dans quelle mesure ses appels au dialogue, à la lutte contre la corruption et à l’amélioration des conditions de vie pourront se traduire par des initiatives concrètes, alors que les attentes sociales demeurent fortes et que les prochaines échéances politiques se préparent.

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