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Arrestation à Pretoria, accusations de séjour irrégulier et poursuites pour incitation à la rébellion à Cotonou : la situation judiciaire de l’activiste panafricaniste Kemi Seba s’est considérablement complexifiée ces derniers mois. Retour sur les faits et les enjeux politiques de ce dossier.. Kemi Seba se trouve aujourd’hui au croisement de deux procédures distinctes en Afrique du Sud. La première concerne son statut au regard du droit de l’immigration sud-africain : les autorités lui reprochent notamment d’être resté dans le pays après l’expiration de son visa et d’avoir envisagé une sortie irrégulière du territoire. La seconde est liée à la demande d’extradition formulée par le Bénin. Cotonou le recherche notamment pour incitation à la rébellion et apologie de crimes contre la sûreté de l’État, après les prises de position publiques de l’activiste en faveur des militaires impliqués dans la tentative de coup d’État de décembre 2025. D’autres chefs, dont le blanchiment d’argent et l’incitation à la haine et à la violence, sont également rapportés dans le cadre de la procédure béninoise. Kemi Seba conteste l’ensemble des accusations portées contre lui. Interpellation à Pretoria et volet migratoire sud-africain Le 13 avril 2026, Kemi Seba a été arrêté à Pretoria par la police sud-africaine, en compagnie de son fils et d’un ressortissant sud-africain, François van der Merwe. Les forces de l’ordre ont évoqué des infractions liées à la législation sur l’immigration, ainsi qu’une accusation de conspiration en vue de commettre une infraction. Sur le plan administratif, le parquet soutient que l’activiste d’origine béninoise aurait dépassé la durée de validité de son visa. Entré sur le territoire sud-africain muni d’un passeport diplomatique nigérien, document obtenu dans le cadre de ses fonctions auprès du chef de la junte au Niger, le général Abdourahamane Tiani, son visa de 90 jours aurait expiré en février 2026. Ce volet migratoire est juridiquement distinct de la procédure d’extradition. La justice sud-africaine examine le dépassement présumé de la durée du séjour ainsi que les conditions dans lesquelles Seba aurait tenté de quitter le pays. Selon le parquet, un projet de sortie clandestine vers le Zimbabwe aurait été organisé. Kemi Seba et sa défense contestent fermement cette version des faits et rappellent que l’activiste avait introduit une demande d’asile en Afrique du Sud. Une accointance présumée avec l’extrême droite afrikaner ? L’arrestation à Pretoria a mis en lumière un volet particulièrement commenté par les médias : le profil du troisième individu interpellé aux côtés de Kemi Seba. François van der Merwe est présenté par les autorités et certains observateurs comme un membre actif d’un mouvement d’extrême droite afrikaner en Afrique du Sud. Selon les affirmations du parquet, François van der Merwe aurait perçu une somme d’environ 250 000 rands pour faciliter le déplacement clandestin de l’activiste et de son fils vers la frontière zimbabwéenne. Kemi Seba rejette cette présentation des faits par l’accusation, dénonçant un traitement sensationnaliste du dossier de la part des autorités judiciaires et des médias. À ce stade, ces éléments restent des accusations portées par le ministère public et ne constituent pas des faits définitivement établis par un tribunal. La procédure d’extradition vers le Bénin et les accusations de Cotonou Parallèlement aux accusations migratoires sud-africaines, Kemi Seba fait l’objet d’une procédure d’extradition à la demande des autorités béninoises. En décembre 2025, un mandat d’arrêt international avait été émis à son encontre par Cotonou à la suite de la tentative de coup d’État du 7 décembre 2025, qui visait le président Patrice Talon. Les autorités béninoises lui reprochent d’avoir publiquement apporté son soutien aux militaires mutins pendant cette tentative de renversement du pouvoir. Les qualifications retenues par la justice béninoise font état d’incitation à la rébellion et d’apologie de crimes contre la sûreté de l’État. À la suite de ce mandat, une demande d’arrestation provisoire transmise par le Bénin a été validée par les autorités judiciaires sud-africaines, déclenchant formellement l’examen de la demande d’extradition. Selon les informations rapportées par Le Monde, le parquet béninois poursuit également l’activiste pour d’autres chefs d’accusation dans le cadre de ce dossier, notamment pour : blanchiment d’argent ; apologie de crime ; incitation à la haine et à la violence. L’ensemble de ces griefs est vivement contesté par les avocats de Kemi Seba, qui dénoncent des poursuites à caractère politique et rappellent la présomption d’innocence dont bénéficie leur client. Le soutien aux juntes : au cœur de la controverse politique Le cœur de la controverse n’est donc pas seulement judiciaire. Il est aussi politique. Kémi Séba revendique un panafricanisme fondé sur la souveraineté des peuples et le rejet de l’ingérence étrangère. Mais il a parallèlement affiché son soutien à plusieurs régimes militaires issus de coups d’État, notamment au Niger, où il a été nommé conseiller spécial du général Abdourahamane Tiani. Selon des informations rapportées par l’Associated Press (AP) et le quotidien Le Monde, Kemi Seba avait diffusé une vidéo au moment de la tentative de putsch de décembre 2025 au Bénin, dans laquelle il qualifiait les militaires mutins de « patriotes » et présentait cette journée comme celle de la « libération ». Ce sont précisément ces prises de position publiques que les autorités béninoises ont estimées suffisamment graves pour motiver l’émission d’un mandat d’arrêt international. Le dossier béninois pose alors une question embarrassante : jusqu’où peut aller la défense de la souveraineté lorsqu’elle conduit à soutenir des militaires ayant renversé un pouvoir en place ? En se plaçant aux côtés des régimes militaires de la région du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest, l’activiste cristallise les débats autour de la définition du panafricanisme contemporain et des moyens d’action considérés comme légitimes en Afrique subsaharienne..⏱ Temps de lecture estimé : 6 minutes
Kemi Seba se trouve aujourd’hui au croisement de deux procédures distinctes en Afrique du Sud. La première concerne son statut au regard du droit de l’immigration sud-africain : les autorités lui reprochent notamment d’être resté dans le pays après l’expiration de son visa et d’avoir envisagé une sortie irrégulière du territoire. La seconde est liée à la demande d’extradition formulée par le Bénin. Cotonou le recherche notamment pour incitation à la rébellion et apologie de crimes contre la sûreté de l’État, après les prises de position publiques de l’activiste en faveur des militaires impliqués dans la tentative de coup d’État de décembre 2025. D’autres chefs, dont le blanchiment d’argent et l’incitation à la haine et à la violence, sont également rapportés dans le cadre de la procédure béninoise.
Kemi Seba conteste l’ensemble des accusations portées contre lui.
Le 13 avril 2026, Kemi Seba a été arrêté à Pretoria par la police sud-africaine, en compagnie de son fils et d’un ressortissant sud-africain, François van der Merwe. Les forces de l’ordre ont évoqué des infractions liées à la législation sur l’immigration, ainsi qu’une accusation de conspiration en vue de commettre une infraction.
Sur le plan administratif, le parquet soutient que l’activiste d’origine béninoise aurait dépassé la durée de validité de son visa. Entré sur le territoire sud-africain muni d’un passeport diplomatique nigérien, document obtenu dans le cadre de ses fonctions auprès du chef de la junte au Niger, le général Abdourahamane Tiani, son visa de 90 jours aurait expiré en février 2026.
Ce volet migratoire est juridiquement distinct de la procédure d’extradition. La justice sud-africaine examine le dépassement présumé de la durée du séjour ainsi que les conditions dans lesquelles Seba aurait tenté de quitter le pays. Selon le parquet, un projet de sortie clandestine vers le Zimbabwe aurait été organisé. Kemi Seba et sa défense contestent fermement cette version des faits et rappellent que l’activiste avait introduit une demande d’asile en Afrique du Sud.
L’arrestation à Pretoria a mis en lumière un volet particulièrement commenté par les médias : le profil du troisième individu interpellé aux côtés de Kemi Seba. François van der Merwe est présenté par les autorités et certains observateurs comme un membre actif d’un mouvement d’extrême droite afrikaner en Afrique du Sud.
Selon les affirmations du parquet, François van der Merwe aurait perçu une somme d’environ 250 000 rands pour faciliter le déplacement clandestin de l’activiste et de son fils vers la frontière zimbabwéenne.
Kemi Seba rejette cette présentation des faits par l’accusation, dénonçant un traitement sensationnaliste du dossier de la part des autorités judiciaires et des médias. À ce stade, ces éléments restent des accusations portées par le ministère public et ne constituent pas des faits définitivement établis par un tribunal.
Parallèlement aux accusations migratoires sud-africaines, Kemi Seba fait l’objet d’une procédure d’extradition à la demande des autorités béninoises. En décembre 2025, un mandat d’arrêt international avait été émis à son encontre par Cotonou à la suite de la tentative de coup d’État du 7 décembre 2025, qui visait le président Patrice Talon.
Les autorités béninoises lui reprochent d’avoir publiquement apporté son soutien aux militaires mutins pendant cette tentative de renversement du pouvoir. Les qualifications retenues par la justice béninoise font état d’incitation à la rébellion et d’apologie de crimes contre la sûreté de l’État.
À la suite de ce mandat, une demande d’arrestation provisoire transmise par le Bénin a été validée par les autorités judiciaires sud-africaines, déclenchant formellement l’examen de la demande d’extradition.
Selon les informations rapportées par Le Monde, le parquet béninois poursuit également l’activiste pour d’autres chefs d’accusation dans le cadre de ce dossier, notamment pour :
L’ensemble de ces griefs est vivement contesté par les avocats de Kemi Seba, qui dénoncent des poursuites à caractère politique et rappellent la présomption d’innocence dont bénéficie leur client.
Le cœur de la controverse n’est donc pas seulement judiciaire. Il est aussi politique.
Kémi Séba revendique un panafricanisme fondé sur la souveraineté des peuples et le rejet de l’ingérence étrangère. Mais il a parallèlement affiché son soutien à plusieurs régimes militaires issus de coups d’État, notamment au Niger, où il a été nommé conseiller spécial du général Abdourahamane Tiani.
Selon des informations rapportées par l’Associated Press (AP) et le quotidien Le Monde, Kemi Seba avait diffusé une vidéo au moment de la tentative de putsch de décembre 2025 au Bénin, dans laquelle il qualifiait les militaires mutins de « patriotes » et présentait cette journée comme celle de la « libération ». Ce sont précisément ces prises de position publiques que les autorités béninoises ont estimées suffisamment graves pour motiver l’émission d’un mandat d’arrêt international.
Le dossier béninois pose alors une question embarrassante : jusqu’où peut aller la défense de la souveraineté lorsqu’elle conduit à soutenir des militaires ayant renversé un pouvoir en place ?
En se plaçant aux côtés des régimes militaires de la région du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest, l’activiste cristallise les débats autour de la définition du panafricanisme contemporain et des moyens d’action considérés comme légitimes en Afrique subsaharienne.