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Nigeria : sous le feu croisé des armes et de l’impunité, un peuple au bord de l’asphyxie

Nigeria : sous le feu croisé des armes et de l’impunité, un peuple au bord de l’asphyxie. Article écrit par Éric Ngarlem Toldé. Publié le 1 octobre 2026à 16h25

⏱ Temps de lecture estimé : 9 minutes

Enlèvements de masse, attaques de groupes armés, bavures militaires, répression de voix critiques et insécurité alimentaire : le Nigeria affronte une crise multidimensionnelle qui frappe d’abord les populations civiles. Dans plusieurs régions, ceux qui devraient protéger les citoyens sont eux-mêmes accusés de violations des droits humains.. Le Nigeria est souvent présenté comme le géant démographique et économique de l’Afrique. Mais derrière les chiffres de croissance, les gratte-ciel de Lagos et le poids diplomatique d’Abuja se dessine une autre réalité : celle d’un pays où des millions de citoyens vivent sous la menace des groupes armés, de la pauvreté, de la faim et, parfois, d’abus commis au nom de la sécurité. En 2025, Human Rights Watch relevait la persistance des violences dans le Nord-Ouest et le Nord-Centre, la résurgence des attaques de Boko Haram dans le Nord-Est, les violences liées aux séparatistes dans le Sud-Est ainsi que des abus imputés aux forces de sécurité. Quand l’insécurité devient le quotidien Dans le Nord-Est, Boko Haram et l’État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP) continuent de représenter une menace majeure. Des populations civiles sont prises entre attaques, enlèvements, déplacements forcés et destruction de leurs moyens de subsistance. Dans le Nord-Ouest, les « bandits » ont transformé l’enlèvement contre rançon en véritable économie criminelle. Selon une étude citée par Human Rights Watch, 2 938 personnes ont été enlevées entre juillet 2024 et juin 2025 dans cette partie du pays. L’État de Zamfara, épicentre du phénomène, comptait à lui seul 1 203 enlèvements, devant Kaduna, Katsina et Sokoto. L’école elle-même n’est plus toujours un sanctuaire. Les enlèvements d’élèves et d’enseignants rappellent brutalement que l’insécurité s’attaque aussi à l’avenir du pays. En novembre 2025, 25 écolières ont notamment été enlevées dans l’État de Kebbi, avant qu’une autre attaque ne vise une école de l’État du Niger, où plus de 300 élèves et 12 enseignants ont été kidnappés, selon l’UNICEF. Dans le Nord-Centre, les conflits entre agriculteurs et éleveurs continuent également d’alimenter les violences communautaires. Les rivalités foncières, l’accès aux pâturages, la prolifération des armes et la faiblesse des mécanismes de protection ont contribué à transformer certaines communautés rurales en zones de guerre. Quand la réponse sécuritaire devient une autre source de danger Face aux groupes armés, l’État nigérian mobilise son armée, sa police et ses forces auxiliaires. Mais la réponse sécuritaire est régulièrement mise en cause par les organisations de défense des droits humains. Le cas des frappes aériennes est particulièrement préoccupant. En janvier 2025, une frappe de l’armée de l’air nigériane à Tungar Kara, dans l’État de Zamfara, a tué au moins 20 personnes, parmi lesquelles des habitants et des membres d’un groupe local de protection communautaire. Les autorités avaient annoncé l’ouverture d’une enquête, mais Human Rights Watch indiquait encore en 2026 qu’aucune information publique n’avait été communiquée sur ses conclusions. Le problème n’est pas nouveau. Une frappe menée en décembre 2023 à Tundun Biri, dans l’État de Kaduna, avait tué au moins 85 personnes, selon Human Rights Watch. L’armée avait par la suite annoncé que deux officiers devaient faire face à une procédure disciplinaire. Ces épisodes posent une question élémentaire : comment gagner la confiance d’une population que l’on prétend protéger lorsque des opérations destinées à combattre les groupes armés provoquent elles-mêmes la mort de civils ? La lutte contre le terrorisme et le banditisme ne saurait constituer un permis général de tuer. La sécurité nationale ne dispense pas les autorités de respecter le droit à la vie, les règles de distinction entre civils et combattants et les principes de responsabilité. La liberté d’expression dans la ligne de mire À la violence physique s’ajoute une autre pression : celle qui s’exerce sur la liberté d’expression. Journalistes, militants, internautes et commentateurs critiques ont été arrêtés ou poursuivis en vertu notamment de dispositions de la législation sur la cybercriminalité. Amnesty International rapporte plusieurs cas survenus en 2025, dont celui du journaliste Daniel Ojukwu, retrouvé après avoir été placé en détention policière à la suite d’une enquête publiée en ligne. En mars 2025, des journalistes couvrant une manifestation pacifique à Port Harcourt ont également été agressés par des policiers. Selon Amnesty International, des agents ont utilisé des gaz lacrymogènes, confisqué du matériel et ordonné à certains journalistes, sous la menace d’armes, de supprimer des images de leurs interventions. Le phénomène s’inscrit dans un contexte plus large. Les manifestations de EndBadGovernance, organisées en août 2024 pour dénoncer la crise économique et la mauvaise gouvernance, avaient été durement réprimées. Amnesty International a documenté des morts, des arrestations massives et des violations du droit de manifester pacifiquement. Lorsque dénoncer la faim, la corruption présumée ou les difficultés économiques devient susceptible de conduire devant les tribunaux, la démocratie se retrouve avec un sérieux problème de plomberie institutionnelle : la soupape de sécurité que constitue la liberté d’expression commence à être bouchée. Femmes et enfants en première ligne Dans cette crise, les femmes et les enfants figurent parmi les populations les plus vulnérables. Les déplacements provoqués par les conflits exposent les femmes et les filles aux violences sexuelles, à l’exploitation, aux mariages forcés et à d’autres formes de violences. L’Organisation internationale pour les migrations souligne notamment l’ampleur des besoins de protection dans le Nord-Est, où femmes et filles représentent une part importante des populations déplacées. Les enfants, eux, paient un double tribut : ils sont victimes des attaques et voient leur scolarité profondément perturbée. Selon l’UNICEF, plus de 10,2 millions d’enfants en âge scolaire étaient hors de l’école en 2025, avec une concentration particulièrement forte dans le Nord-Ouest et le Nord-Est. À la violence physique s’ajoute donc une violence silencieuse : celle qui prive une génération entière d’éducation, de sécurité et de perspectives. Deux millions de déplacés, des millions confrontés à la faim La crise sécuritaire se transforme rapidement en crise humanitaire. Dans le Nord-Est, plus de 2,3 millions de personnes étaient encore déplacées à l’intérieur du pays en 2025, selon les données de l’OIM. Beaucoup ont perdu leur maison, leurs terres, leurs troupeaux ou leurs activités économiques. La faim complète ce tableau déjà sombre. Le cadre harmonisé établi avec le gouvernement nigérian et les partenaires humanitaires estimait que 30,6 millions de personnes pourraient être confrontées à une insécurité alimentaire aiguë pendant la période de soudure de juin à août 2025. Les enfants sont particulièrement exposés. Les projections établies avant cette période faisaient état de 1,8 million d’enfants susceptibles de souffrir de malnutrition aiguë sévère dans les zones les plus touchées. Ce ne sont pas seulement des statistiques. Derrière chaque chiffre se trouvent une famille déplacée, un enfant privé d’école, un agriculteur incapable de retourner dans son champ ou une mère contrainte de choisir entre nourrir ses enfants et payer les soins. Le pétrole, les expulsions et les autres fractures La crise nigériane ne se limite pas aux violences armées. Dans le delta du Niger, les populations continuent de dénoncer les conséquences de la pollution pétrolière sur leurs terres, leurs cours d’eau et leurs moyens de subsistance. Sur le plan judiciaire, des décisions britanniques ont par ailleurs ouvert la voie à des procédures permettant à des communautés de demander des comptes à Shell pour des dommages environnementaux. Dans plusieurs grandes villes, les expulsions forcées constituent également une source de vulnérabilité supplémentaire pour les populations pauvres. À ces difficultés économiques et environnementales s’ajoutent les discriminations visant certaines minorités. Dans le Nord, l’application de certaines dispositions de la charia continue notamment de susciter des préoccupations en matière de droits fondamentaux. Les personnes LGBT+ restent, quant à elles, confrontées à un cadre juridique et social fortement discriminatoire. Le Nigeria peut-il sortir du piège ? Le Nigeria n’est pas dépourvu d’institutions, de médias indépendants, d’organisations de défense des droits humains ou de citoyens prêts à documenter les abus. Le problème est moins l’absence de voix que la capacité des institutions à les entendre et à agir. L’urgence est double : protéger les populations contre les groupes armés et garantir que les forces chargées de cette protection respectent elles-mêmes la loi. Combattre Boko Haram, ISWAP ou les réseaux de bandits est une nécessité sécuritaire ; enquêter sur les abus commis pendant ces opérations et indemniser les victimes relève, lui aussi, d’une obligation de l’État. La même logique vaut pour les libertés publiques. Un pays ne renforce pas sa sécurité en réduisant au silence les journalistes, les lanceurs d’alerte et les citoyens. Il ne combat pas la mauvaise gouvernance en empêchant ceux qui la dénoncent de parler. Le Nigeria se trouve ainsi face à un choix institutionnel majeur : continuer à traiter séparément l’insécurité, la faim, les déplacements, les abus sécuritaires et la répression des voix critiques, ou reconnaître qu’ils constituent les différentes faces d’une même crise de protection des citoyens. Car lorsque le citoyen doit craindre à la fois le bandit qui enlève, le groupe armé qui attaque, la faim qui s’installe et l’autorité qui réprime, ce n’est plus seulement une crise sécuritaire. C’est une crise de confiance entre l’État et ceux qu’il a précisément pour mission de protéger..

⏱ Temps de lecture estimé : 9 minutes

Enlèvements de masse, attaques de groupes armés, bavures militaires, répression de voix critiques et insécurité alimentaire : le Nigeria affronte une crise multidimensionnelle qui frappe d’abord les populations civiles. Dans plusieurs régions, ceux qui devraient protéger les citoyens sont eux-mêmes accusés de violations des droits humains.

Le Nigeria est souvent présenté comme le géant démographique et économique de l’Afrique. Mais derrière les chiffres de croissance, les gratte-ciel de Lagos et le poids diplomatique d’Abuja se dessine une autre réalité : celle d’un pays où des millions de citoyens vivent sous la menace des groupes armés, de la pauvreté, de la faim et, parfois, d’abus commis au nom de la sécurité.

En 2025, Human Rights Watch relevait la persistance des violences dans le Nord-Ouest et le Nord-Centre, la résurgence des attaques de Boko Haram dans le Nord-Est, les violences liées aux séparatistes dans le Sud-Est ainsi que des abus imputés aux forces de sécurité.

Quand l’insécurité devient le quotidien

Dans le Nord-Est, Boko Haram et l’État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP) continuent de représenter une menace majeure. Des populations civiles sont prises entre attaques, enlèvements, déplacements forcés et destruction de leurs moyens de subsistance.

Dans le Nord-Ouest, les « bandits » ont transformé l’enlèvement contre rançon en véritable économie criminelle. Selon une étude citée par Human Rights Watch, 2 938 personnes ont été enlevées entre juillet 2024 et juin 2025 dans cette partie du pays. L’État de Zamfara, épicentre du phénomène, comptait à lui seul 1 203 enlèvements, devant Kaduna, Katsina et Sokoto.

L’école elle-même n’est plus toujours un sanctuaire. Les enlèvements d’élèves et d’enseignants rappellent brutalement que l’insécurité s’attaque aussi à l’avenir du pays. En novembre 2025, 25 écolières ont notamment été enlevées dans l’État de Kebbi, avant qu’une autre attaque ne vise une école de l’État du Niger, où plus de 300 élèves et 12 enseignants ont été kidnappés, selon l’UNICEF.

Dans le Nord-Centre, les conflits entre agriculteurs et éleveurs continuent également d’alimenter les violences communautaires. Les rivalités foncières, l’accès aux pâturages, la prolifération des armes et la faiblesse des mécanismes de protection ont contribué à transformer certaines communautés rurales en zones de guerre.

Quand la réponse sécuritaire devient une autre source de danger

Face aux groupes armés, l’État nigérian mobilise son armée, sa police et ses forces auxiliaires. Mais la réponse sécuritaire est régulièrement mise en cause par les organisations de défense des droits humains.

Le cas des frappes aériennes est particulièrement préoccupant. En janvier 2025, une frappe de l’armée de l’air nigériane à Tungar Kara, dans l’État de Zamfara, a tué au moins 20 personnes, parmi lesquelles des habitants et des membres d’un groupe local de protection communautaire. Les autorités avaient annoncé l’ouverture d’une enquête, mais Human Rights Watch indiquait encore en 2026 qu’aucune information publique n’avait été communiquée sur ses conclusions.

Le problème n’est pas nouveau. Une frappe menée en décembre 2023 à Tundun Biri, dans l’État de Kaduna, avait tué au moins 85 personnes, selon Human Rights Watch. L’armée avait par la suite annoncé que deux officiers devaient faire face à une procédure disciplinaire.

Ces épisodes posent une question élémentaire : comment gagner la confiance d’une population que l’on prétend protéger lorsque des opérations destinées à combattre les groupes armés provoquent elles-mêmes la mort de civils ?

La lutte contre le terrorisme et le banditisme ne saurait constituer un permis général de tuer. La sécurité nationale ne dispense pas les autorités de respecter le droit à la vie, les règles de distinction entre civils et combattants et les principes de responsabilité.

La liberté d’expression dans la ligne de mire

À la violence physique s’ajoute une autre pression : celle qui s’exerce sur la liberté d’expression.

Journalistes, militants, internautes et commentateurs critiques ont été arrêtés ou poursuivis en vertu notamment de dispositions de la législation sur la cybercriminalité. Amnesty International rapporte plusieurs cas survenus en 2025, dont celui du journaliste Daniel Ojukwu, retrouvé après avoir été placé en détention policière à la suite d’une enquête publiée en ligne.

En mars 2025, des journalistes couvrant une manifestation pacifique à Port Harcourt ont également été agressés par des policiers. Selon Amnesty International, des agents ont utilisé des gaz lacrymogènes, confisqué du matériel et ordonné à certains journalistes, sous la menace d’armes, de supprimer des images de leurs interventions.

Le phénomène s’inscrit dans un contexte plus large. Les manifestations de EndBadGovernance, organisées en août 2024 pour dénoncer la crise économique et la mauvaise gouvernance, avaient été durement réprimées. Amnesty International a documenté des morts, des arrestations massives et des violations du droit de manifester pacifiquement.

Lorsque dénoncer la faim, la corruption présumée ou les difficultés économiques devient susceptible de conduire devant les tribunaux, la démocratie se retrouve avec un sérieux problème de plomberie institutionnelle : la soupape de sécurité que constitue la liberté d’expression commence à être bouchée.

Femmes et enfants en première ligne

Dans cette crise, les femmes et les enfants figurent parmi les populations les plus vulnérables.

Les déplacements provoqués par les conflits exposent les femmes et les filles aux violences sexuelles, à l’exploitation, aux mariages forcés et à d’autres formes de violences. L’Organisation internationale pour les migrations souligne notamment l’ampleur des besoins de protection dans le Nord-Est, où femmes et filles représentent une part importante des populations déplacées.

Les enfants, eux, paient un double tribut : ils sont victimes des attaques et voient leur scolarité profondément perturbée. Selon l’UNICEF, plus de 10,2 millions d’enfants en âge scolaire étaient hors de l’école en 2025, avec une concentration particulièrement forte dans le Nord-Ouest et le Nord-Est.

À la violence physique s’ajoute donc une violence silencieuse : celle qui prive une génération entière d’éducation, de sécurité et de perspectives.

Deux millions de déplacés, des millions confrontés à la faim

La crise sécuritaire se transforme rapidement en crise humanitaire.

Dans le Nord-Est, plus de 2,3 millions de personnes étaient encore déplacées à l’intérieur du pays en 2025, selon les données de l’OIM. Beaucoup ont perdu leur maison, leurs terres, leurs troupeaux ou leurs activités économiques.

La faim complète ce tableau déjà sombre. Le cadre harmonisé établi avec le gouvernement nigérian et les partenaires humanitaires estimait que 30,6 millions de personnes pourraient être confrontées à une insécurité alimentaire aiguë pendant la période de soudure de juin à août 2025.

Les enfants sont particulièrement exposés. Les projections établies avant cette période faisaient état de 1,8 million d’enfants susceptibles de souffrir de malnutrition aiguë sévère dans les zones les plus touchées.

Ce ne sont pas seulement des statistiques. Derrière chaque chiffre se trouvent une famille déplacée, un enfant privé d’école, un agriculteur incapable de retourner dans son champ ou une mère contrainte de choisir entre nourrir ses enfants et payer les soins.

Le pétrole, les expulsions et les autres fractures

La crise nigériane ne se limite pas aux violences armées.

Dans le delta du Niger, les populations continuent de dénoncer les conséquences de la pollution pétrolière sur leurs terres, leurs cours d’eau et leurs moyens de subsistance. Sur le plan judiciaire, des décisions britanniques ont par ailleurs ouvert la voie à des procédures permettant à des communautés de demander des comptes à Shell pour des dommages environnementaux.

Dans plusieurs grandes villes, les expulsions forcées constituent également une source de vulnérabilité supplémentaire pour les populations pauvres.

À ces difficultés économiques et environnementales s’ajoutent les discriminations visant certaines minorités. Dans le Nord, l’application de certaines dispositions de la charia continue notamment de susciter des préoccupations en matière de droits fondamentaux. Les personnes LGBT+ restent, quant à elles, confrontées à un cadre juridique et social fortement discriminatoire.

Le Nigeria peut-il sortir du piège ?

Le Nigeria n’est pas dépourvu d’institutions, de médias indépendants, d’organisations de défense des droits humains ou de citoyens prêts à documenter les abus. Le problème est moins l’absence de voix que la capacité des institutions à les entendre et à agir.

L’urgence est double : protéger les populations contre les groupes armés et garantir que les forces chargées de cette protection respectent elles-mêmes la loi. Combattre Boko Haram, ISWAP ou les réseaux de bandits est une nécessité sécuritaire ; enquêter sur les abus commis pendant ces opérations et indemniser les victimes relève, lui aussi, d’une obligation de l’État.

La même logique vaut pour les libertés publiques. Un pays ne renforce pas sa sécurité en réduisant au silence les journalistes, les lanceurs d’alerte et les citoyens. Il ne combat pas la mauvaise gouvernance en empêchant ceux qui la dénoncent de parler.

Le Nigeria se trouve ainsi face à un choix institutionnel majeur : continuer à traiter séparément l’insécurité, la faim, les déplacements, les abus sécuritaires et la répression des voix critiques, ou reconnaître qu’ils constituent les différentes faces d’une même crise de protection des citoyens.

Car lorsque le citoyen doit craindre à la fois le bandit qui enlève, le groupe armé qui attaque, la faim qui s’installe et l’autorité qui réprime, ce n’est plus seulement une crise sécuritaire. C’est une crise de confiance entre l’État et ceux qu’il a précisément pour mission de protéger.

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