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RDC : lithium de Manono, une richesse qui attire les grandes puissances, mais qui en profitera réellement ? 

RDC : lithium de Manono, une richesse qui attire les grandes puissances, mais qui en profitera réellement ? . Article écrit par Sandra Topona. Publié le 26 septembre 2026à 11h53

⏱ Temps de lecture estimé : 4 minutes

Après le cobalt et le cuivre, la République démocratique du Congo pourrait bientôt voir une autre de ses richesses minières se positionner sur le marché mondial : le lithium. Présent à Manono, dans la province du Tanganyika, il est essentiel à la fabrication des batteries des voitures électriques, téléphones, ordinateurs et systèmes de stockage d'électricité. Le lithium attire à la fois Chinois et Américains. Mais face à cet intérêt de ces grandes puissances, la grande interrogation se pose : que gagnera réellement la RDC de cette richesse stratégique ? Par Sandra Topona.. Le gisement de lithium de Manono est présenté par les autorités congolaises comme l’un des grands atouts miniers du pays. Selon le ministre congolais du Commerce extérieur, le site est estimé à plus de 400 millions de tonnes de minerais et le projet vise, à terme, une production d’environ 1 million de tonnes de concentrés de lithium par an. La première phase prévoit 500 000 tonnes annuelles, avec une partie destinée à être transformée localement en sulfate de lithium. Zijin, le groupe chinois, a commencé à exporter du concentré vers la Chine en juin 2026. Cette exploitation est codétenue à 54,9 % après Zijin, 35,1 % après la société publique congolaise Cominiere et 10 % par l’État congolais. Washington entre dans la course En plus de la présence chinoise, un acteur américain se positionne à son tour. KoBold Metals mène actuellement des travaux d’exploration à Manono sur 14 permis couvrant plus de 3 000 km². Depuis avril, ses équipes prélèvent en moyenne 2 000 échantillons de sol par semaine, en utilisant l’intelligence artificielle pour analyser les données géologiques. Pour l’instant, KoBold reste toutefois au stade de l’exploration. L’entreprise prévoit d’investir plus de 500 millions de dollars en RDC d’ici début 2027, mais elle doit encore confirmer le potentiel économique des zones étudiées. Mais que gagne réellement la RDC ? L’implication de l’État dans le capital d’un projet minier signifie-t-elle que le pays récupère une part équivalente de la valeur créée ? C’est la question qui se pose. La RDC dispose certes de ressources considérables, mais la véritable valeur se trouve aussi dans la transformation du minerai, les emplois, les taxes, les royalties, les dividendes, les infrastructures et le développement d’entreprises locales. Kinshasa semble vouloir tirer les leçons des expériences minières précédentes. En juillet dernier, le ministre du Commerce extérieur a insisté sur la nécessité de transformer une partie du lithium sur le territoire national afin de créer davantage de valeur ajoutée et d’emplois. Cette volonté rejoint une autre initiative stratégique : le gouvernement cherche désormais à mieux contrôler les données géologiques du pays. Un contrat de 180 millions de dollars avec l’Espagnol Xcalibur doit notamment contribuer à établir une banque nationale de données géologiques d’ici fin 2026. Selon Reuters, l’exploration systématique ne couvre actuellement qu’environ 20 % du territoire congolais. Connaitre la valeur de son sous-sol pour mieux négocier La RDC possède des ressources. Mais connaît-elle suffisamment leur valeur pour négocier au meilleur niveau avec ceux qui disposent des capitaux, de la technologie et des marchés ? Cette question est d’autant plus importante que le lithium est devenu un minerai stratégique pour les batteries et la transition énergétique mondiale. Kinshasa mesure-t-elle la dimension de cette ressource ? L’enjeu pour la RDC L’enjeu dans ce cas de figure va au-delà de l’extraction et de l’exportation de cette ressource. Il est de savoir quelle part de la richesse créée à Manono restera réellement en RDC et si cette nouvelle exploitation permettra aux populations locales de bénéficier durablement de leur sous-sol. Le lithium de Manono pourrait créer de belles perspectives pour le pays. Mais sa véritable réussite se mesurera moins au nombre de tonnes exportées qu’à la valeur que la RDC sera capable de transformer sur son propre territoire..

⏱ Temps de lecture estimé : 4 minutes

Après le cobalt et le cuivre, la République démocratique du Congo pourrait bientôt voir une autre de ses richesses minières se positionner sur le marché mondial : le lithium. Présent à Manono, dans la province du Tanganyika, il est essentiel à la fabrication des batteries des voitures électriques, téléphones, ordinateurs et systèmes de stockage d’électricité. Le lithium attire à la fois Chinois et Américains. Mais face à cet intérêt de ces grandes puissances, la grande interrogation se pose : que gagnera réellement la RDC de cette richesse stratégique ? Par Sandra Topona.

Le gisement de lithium de Manono est présenté par les autorités congolaises comme l’un des grands atouts miniers du pays. Selon le ministre congolais du Commerce extérieur, le site est estimé à plus de 400 millions de tonnes de minerais et le projet vise, à terme, une production d’environ 1 million de tonnes de concentrés de lithium par an. La première phase prévoit 500 000 tonnes annuelles, avec une partie destinée à être transformée localement en sulfate de lithium.

Zijin, le groupe chinois, a commencé à exporter du concentré vers la Chine en juin 2026. Cette exploitation est codétenue à 54,9 % après Zijin, 35,1 % après la société publique congolaise Cominiere et 10 % par l’État congolais.

Washington entre dans la course

En plus de la présence chinoise, un acteur américain se positionne à son tour. KoBold Metals mène actuellement des travaux d’exploration à Manono sur 14 permis couvrant plus de 3 000 km². Depuis avril, ses équipes prélèvent en moyenne 2 000 échantillons de sol par semaine, en utilisant l’intelligence artificielle pour analyser les données géologiques.

Pour l’instant, KoBold reste toutefois au stade de l’exploration. L’entreprise prévoit d’investir plus de 500 millions de dollars en RDC d’ici début 2027, mais elle doit encore confirmer le potentiel économique des zones étudiées.

Mais que gagne réellement la RDC ?

L’implication de l’État dans le capital d’un projet minier signifie-t-elle que le pays récupère une part équivalente de la valeur créée ? C’est la question qui se pose.

La RDC dispose certes de ressources considérables, mais la véritable valeur se trouve aussi dans la transformation du minerai, les emplois, les taxes, les royalties, les dividendes, les infrastructures et le développement d’entreprises locales.

Kinshasa semble vouloir tirer les leçons des expériences minières précédentes. En juillet dernier, le ministre du Commerce extérieur a insisté sur la nécessité de transformer une partie du lithium sur le territoire national afin de créer davantage de valeur ajoutée et d’emplois.

Cette volonté rejoint une autre initiative stratégique : le gouvernement cherche désormais à mieux contrôler les données géologiques du pays. Un contrat de 180 millions de dollars avec l’Espagnol Xcalibur doit notamment contribuer à établir une banque nationale de données géologiques d’ici fin 2026. Selon Reuters, l’exploration systématique ne couvre actuellement qu’environ 20 % du territoire congolais.

Connaitre la valeur de son sous-sol pour mieux négocier

La RDC possède des ressources. Mais connaît-elle suffisamment leur valeur pour négocier au meilleur niveau avec ceux qui disposent des capitaux, de la technologie et des marchés ? Cette question est d’autant plus importante que le lithium est devenu un minerai stratégique pour les batteries et la transition énergétique mondiale. Kinshasa mesure-t-elle la dimension de cette ressource ?

L’enjeu pour la RDC

L’enjeu dans ce cas de figure va au-delà de l’extraction et de l’exportation de cette ressource. Il est de savoir quelle part de la richesse créée à Manono restera réellement en RDC et si cette nouvelle exploitation permettra aux populations locales de bénéficier durablement de leur sous-sol.

Le lithium de Manono pourrait créer de belles perspectives pour le pays. Mais sa véritable réussite se mesurera moins au nombre de tonnes exportées qu’à la valeur que la RDC sera capable de transformer sur son propre territoire.

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