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Tchad : affaire Dr. Succès Masra, après la grâce présidentielle, ses avocats réclament l’amnistie

Tchad : affaire Dr. Succès Masra, après la grâce présidentielle, ses avocats réclament l’amnistie. Article écrit par Éric Ngarlem Toldé. Publié le 21 août 2026à 17h15

⏱ Temps de lecture estimé : 6 minutes

Le collectif des avocats de Dr Assyongar Masra Succès veut faire de la grâce présidentielle non pas le point final de son dossier, mais le début d’un processus plus large de réconciliation. Dans un point de presse consacré au parcours judiciaire de leur client, les défenseurs saluent la décision du chef de l’État, tout en maintenant leur contestation de la condamnation prononcée contre l’ancien détenu. Leur nouvelle revendication est claire : obtenir une amnistie.. Pour le collectif, la grâce constitue « une première étape » vers l’apaisement, le dialogue et la réconciliation nationale. Les avocats disent accueillir avec « soulagement et gratitude » la décision présidentielle, tout en estimant que celle-ci ne suffit pas à effacer les conséquences juridiques et humaines de la condamnation. Un dossier judiciaire lourd Selon les avocats, le Dr Assyongar Masra Succès a été interpellé le 16 mai 2025, vers 5 heures du matin, à son domicile, par les forces de l’ordre. Ils affirment qu’aucune infraction ne lui avait alors été notifiée. Six téléphones et un ordinateur avaient été saisis. Selon la défense, son client avait ensuite été conduit à la coordination générale de la police judiciaire et contraint de communiquer les mots de passe de ses appareils. La défense dit avoir appris, à la suite d’une communication publique du procureur de la République, la nature des charges retenues contre son client, présentées comme liées aux événements tragiques de Mandakao du 14 mai 2025. Une information judiciaire avait alors été ouverte. Le 15 juillet 2025, le juge d’instruction du 3ᵉ Cabinet avait, selon les avocats, rendu une ordonnance d’extinction de l’action publique à l’égard des détenus décédés en prison, de disqualification et de transmission des pièces au procureur général, avec demande de renvoi de leur client devant la juridiction criminelle. Le 9 août 2025, cette juridiction avait déclaré Dr Assyongar Masra Succès coupable de « diffusion de messages à caractère raciste et xénophobe par le biais d’un système informatique » et de « complicité de meurtre ». Elle l’avait condamné à vingt ans d’emprisonnement ferme et, solidairement avec les autres accusés, au paiement d’un milliard de francs CFA de dommages-intérêts à l’État tchadien. La défense avait immédiatement formé un pourvoi en cassation. Elle avait notamment dénoncé une mauvaise application de la loi pénale, une insuffisance de motifs, l’absence de preuves recevables régulièrement débattues à l’audience et l’irrégularité de la constitution de partie civile de l’État. Mais, selon le collectif, la Cour suprême a rejeté ce pourvoi, confirmant l’arrêt du 9 août 2025. Sur le plan judiciaire, la condamnation est donc désormais définitive, affirment les avocats. C’est dans ce contexte qu’est intervenue la grâce présidentielle. La grâce ne suffit pas, selon les avocats Le collectif présente la grâce comme un acte de clémence intervenu après l’épuisement des voies de recours ordinaires. Elle a mis fin, selon eux, à l’épreuve carcérale de leur client. Les avocats y voient un geste d’humanité et d’apaisement. Mais ils refusent d’en faire une clôture définitive du dossier. « La grâce présidentielle ne constitue, à nos yeux, qu’une première étape », soutiennent-ils. Le rejet du pourvoi laisse, selon la défense, subsister une condamnation qu’elle continue de considérer comme injustement fondée au regard des arguments développés devant la Cour suprême. C’est ici que le collectif établit une distinction entre grâce et amnistie. La première met fin à la détention, mais ne ferait pas disparaître toutes les conséquences juridiques de la condamnation. L’amnistie, estiment les avocats, permettrait d’aller plus loin en effaçant, dans les conditions prévues par la loi, les conséquences pénales attachées aux faits concernés. D’où leur appel à une mesure d’amnistie en faveur de Dr Assyongar Masra Succès. Ils souhaitent que cette démarche respecte la Constitution et les lois de la République, et la présentent comme une étape vers le pardon et le rassemblement national. Une demande qui dépasse le seul cas Masra Le collectif tente également d’élargir la portée de son plaidoyer. Pour lui, la grâce doit être considérée comme un signal d’apaisement et une occasion de réfléchir à la décrispation du climat social et politique tchadien. Les avocats disent toutefois ne pas oublier les victimes de Mandakao. Leur pensée va, écrivent-ils, aux nombreuses personnes touchées par ces événements, mais également à celles et ceux qui ont perdu la vie dans les geôles de l’État sans avoir, selon eux, eu l’occasion de livrer leur version des faits. Ils évoquent enfin toutes les victimes en quête d’une justice « véritable », capable de punir les vrais coupables et de dissuader ceux qui nourriraient de nouveaux desseins criminels. Vers une nouvelle bataille institutionnelle Avec le rejet du pourvoi en cassation, le dossier quitte désormais le terrain des recours judiciaires ordinaires, selon les avocats. Leur regard se tourne vers la représentation nationale. Ils appellent « avec responsabilité et sérénité » à ce qu’une amnistie soit votée « dès que possible » au profit de leur client. Le collectif veut ainsi transformer la grâce présidentielle en point de départ d’un processus plus large, dont l’amnistie constituerait, selon lui, l’aboutissement juridique et politique. La demande n’est donc plus seulement celle d’une libération : il s’agit désormais d’obtenir l’effacement des conséquences pénales de la condamnation. Au nom de la défense, les avocats remercient le président de la République pour le geste accompli et réaffirment leur attachement à un Tchad où justice, paix, dignité humaine, dialogue et réconciliation seraient les fondements de la coexistence nationale. La grâce a donc fermé la porte de la prison. Pour les avocats de Dr. Assyongar Masra Succès, elle n’a pas encore fermé celle du dossier. Ils demandent désormais que l’amnistie prenne le relais. La prochaine bataille se jouera moins devant les juges que dans l’arène institutionnelle, avec une question centrale : la clémence présidentielle peut-elle devenir le premier acte d’un véritable processus de réconciliation nationale ?.

⏱ Temps de lecture estimé : 6 minutes

Le collectif des avocats de Dr Assyongar Masra Succès veut faire de la grâce présidentielle non pas le point final de son dossier, mais le début d’un processus plus large de réconciliation. Dans un point de presse consacré au parcours judiciaire de leur client, les défenseurs saluent la décision du chef de l’État, tout en maintenant leur contestation de la condamnation prononcée contre l’ancien détenu. Leur nouvelle revendication est claire : obtenir une amnistie.

Pour le collectif, la grâce constitue « une première étape » vers l’apaisement, le dialogue et la réconciliation nationale. Les avocats disent accueillir avec « soulagement et gratitude » la décision présidentielle, tout en estimant que celle-ci ne suffit pas à effacer les conséquences juridiques et humaines de la condamnation.

Un dossier judiciaire lourd

Selon les avocats, le Dr Assyongar Masra Succès a été interpellé le 16 mai 2025, vers 5 heures du matin, à son domicile, par les forces de l’ordre. Ils affirment qu’aucune infraction ne lui avait alors été notifiée. Six téléphones et un ordinateur avaient été saisis. Selon la défense, son client avait ensuite été conduit à la coordination générale de la police judiciaire et contraint de communiquer les mots de passe de ses appareils.

La défense dit avoir appris, à la suite d’une communication publique du procureur de la République, la nature des charges retenues contre son client, présentées comme liées aux événements tragiques de Mandakao du 14 mai 2025.

Une information judiciaire avait alors été ouverte. Le 15 juillet 2025, le juge d’instruction du 3ᵉ Cabinet avait, selon les avocats, rendu une ordonnance d’extinction de l’action publique à l’égard des détenus décédés en prison, de disqualification et de transmission des pièces au procureur général, avec demande de renvoi de leur client devant la juridiction criminelle.

Le 9 août 2025, cette juridiction avait déclaré Dr Assyongar Masra Succès coupable de « diffusion de messages à caractère raciste et xénophobe par le biais d’un système informatique » et de « complicité de meurtre ». Elle l’avait condamné à vingt ans d’emprisonnement ferme et, solidairement avec les autres accusés, au paiement d’un milliard de francs CFA de dommages-intérêts à l’État tchadien.

La défense avait immédiatement formé un pourvoi en cassation. Elle avait notamment dénoncé une mauvaise application de la loi pénale, une insuffisance de motifs, l’absence de preuves recevables régulièrement débattues à l’audience et l’irrégularité de la constitution de partie civile de l’État.

Mais, selon le collectif, la Cour suprême a rejeté ce pourvoi, confirmant l’arrêt du 9 août 2025. Sur le plan judiciaire, la condamnation est donc désormais définitive, affirment les avocats. C’est dans ce contexte qu’est intervenue la grâce présidentielle.

La grâce ne suffit pas, selon les avocats

Le collectif présente la grâce comme un acte de clémence intervenu après l’épuisement des voies de recours ordinaires. Elle a mis fin, selon eux, à l’épreuve carcérale de leur client. Les avocats y voient un geste d’humanité et d’apaisement.

Mais ils refusent d’en faire une clôture définitive du dossier. « La grâce présidentielle ne constitue, à nos yeux, qu’une première étape », soutiennent-ils. Le rejet du pourvoi laisse, selon la défense, subsister une condamnation qu’elle continue de considérer comme injustement fondée au regard des arguments développés devant la Cour suprême.

C’est ici que le collectif établit une distinction entre grâce et amnistie. La première met fin à la détention, mais ne ferait pas disparaître toutes les conséquences juridiques de la condamnation. L’amnistie, estiment les avocats, permettrait d’aller plus loin en effaçant, dans les conditions prévues par la loi, les conséquences pénales attachées aux faits concernés.

D’où leur appel à une mesure d’amnistie en faveur de Dr Assyongar Masra Succès. Ils souhaitent que cette démarche respecte la Constitution et les lois de la République, et la présentent comme une étape vers le pardon et le rassemblement national.

Une demande qui dépasse le seul cas Masra

Le collectif tente également d’élargir la portée de son plaidoyer. Pour lui, la grâce doit être considérée comme un signal d’apaisement et une occasion de réfléchir à la décrispation du climat social et politique tchadien.

Les avocats disent toutefois ne pas oublier les victimes de Mandakao. Leur pensée va, écrivent-ils, aux nombreuses personnes touchées par ces événements, mais également à celles et ceux qui ont perdu la vie dans les geôles de l’État sans avoir, selon eux, eu l’occasion de livrer leur version des faits. Ils évoquent enfin toutes les victimes en quête d’une justice « véritable », capable de punir les vrais coupables et de dissuader ceux qui nourriraient de nouveaux desseins criminels.

Vers une nouvelle bataille institutionnelle

Avec le rejet du pourvoi en cassation, le dossier quitte désormais le terrain des recours judiciaires ordinaires, selon les avocats. Leur regard se tourne vers la représentation nationale. Ils appellent « avec responsabilité et sérénité » à ce qu’une amnistie soit votée « dès que possible » au profit de leur client.

Le collectif veut ainsi transformer la grâce présidentielle en point de départ d’un processus plus large, dont l’amnistie constituerait, selon lui, l’aboutissement juridique et politique. La demande n’est donc plus seulement celle d’une libération : il s’agit désormais d’obtenir l’effacement des conséquences pénales de la condamnation.

Au nom de la défense, les avocats remercient le président de la République pour le geste accompli et réaffirment leur attachement à un Tchad où justice, paix, dignité humaine, dialogue et réconciliation seraient les fondements de la coexistence nationale.

La grâce a donc fermé la porte de la prison. Pour les avocats de Dr. Assyongar Masra Succès, elle n’a pas encore fermé celle du dossier. Ils demandent désormais que l’amnistie prenne le relais. La prochaine bataille se jouera moins devant les juges que dans l’arène institutionnelle, avec une question centrale : la clémence présidentielle peut-elle devenir le premier acte d’un véritable processus de réconciliation nationale ?

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