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L’ONU dénonce la « répression » croissante de la dissidence en Ouganda

Genève, 30 juil 2026 (AFP) – Le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme Volker Türk a dénoncé jeudi la « répression » croissante de la dissidence en Ouganda, affirmant qu’il règne « un climat de peur » dans tout le pays. Il se dit « consterné de voir que les autorités s’en prennent de plus en plus à toute forme de dissidence et renforcent les restrictions pesant sur les libertés fondamentales de tous ceux qui vivent en Ouganda ». « Ceux qui osent s’exprimer sont réduits au silence », a-t-il affirmé dans un communiqué. Selon le Haut-Commissaire, « la répression de la dissidence en Ouganda, ainsi que l’érosion progressive de l’Etat de droit, l’implication croissante de l’armée dans les institutions civiles et le rétrécissement de l’espace civique » sont « autant de facteurs qui créent un climat de peur dans tout le pays ». L’Ouganda connaît ces derniers mois une répression politique croissante, l’armée, dirigée par le propre fils de M. Museveni, le général Muhoozi Kainerugaba, ayant arrêté des figures de l’opposition et des avocats et fait fermer en juin le principal groupe de médias indépendant du pays, finalement autorisé à rouvrir mardi. Actuellement jugé pour trahison, le chef de l’opposition ougandaise Kizza Besigye a été hospitalisé jeudi en soins intensifs après s’être évanoui au tribunal. Cet ancien médecin personnel du président Yoweri Museveni, qui gouverne l’Ouganda depuis plus de 40 ans, est dans le collimateur du gouvernement de Kampala depuis son ralliement à l’opposition il y a plus de 25 ans. Depuis les élections législatives du 15 janvier, « la répression s’est intensifiée à l’encontre de tous ceux qui sont perçus comme s’opposant au gouvernement », a relevé le Haut-Commissariat. Selon les informations dont il dispose, au moins 50 dirigeants et partisans de l’opposition, cinq défenseurs des droits humains et cinq journalistes ont été victimes, depuis les élections, de violations des droits humains, notamment de disparitions forcées, d’actes de torture, de mauvais traitements et de détentions arbitraires. Dix grandes organisations de la société civile ont en outre été suspendues, tandis que d’autres font l’objet d’une surveillance étroite et, dans certains cas, de harcèlement. L’ONU dénonce également la fermeture temporaire de certains médias et l’adoption, en mai, d’une loi sur la protection de la souveraineté qui impose d’importantes restrictions au financement international et aux activités des organisations de la société civile avec des partenaires étrangers. « Les actions des autorités créent un climat de peur qui renforce l’autocensure, étouffe davantage le débat public et aggrave la polarisation », a assuré M. Türk. Le Haut-Commissaire appelle le gouvernement ougandais à respecter ses obligations en matière de droits humains, l’État de droit et la séparation des pouvoirs, notamment en empêchant toute ingérence de l’armée dans les institutions civiles.
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