Bamako, 7 juil 2026 (AFP) – La capitale malienne subit d’importantes coupures d’eau et d’électricité depuis deux jours en raison d’un acte de sabotage sur une ligne alimentant Bamako, selon des habitants et des responsables joints par l’AFP mardi.
Cette coupure intervient alors que les jihadistes du JNIM, affilié à Al Qaïda, imposent depuis plusieurs mois des blocus routiers sur les principaux axes menant à la capitale malienne, brûlant des dizaines de cars, de camions de marchandises et de carburant pour asphyxier l’économie.
L’accès à l’électricité, déjà très perturbé ces derniers mois, semble totalement interrompu dans la majeure partie de la ville depuis 24 heures, selon des constats de journalistes de l’AFP et d’habitants interrogés.
« A la suite d’un incident survenu sur le réseau de transport d’énergie, la continuité de la fourniture d’électricité est fortement perturbée dans plusieurs localités » dont Bamako, a indiqué la société Energie du Mali (EDM) dans un communiqué lundi sans préciser les causes de l’incident.
Faute de courant, l’eau n’est plus accessible dans les robinets et les habitants se tournent vers des forages alimentés par des panneaux solaires.
« Il y a eu un sabotage de la ligne haute tension qui dessert Bamako à partir du barrage de Manantali (ouest) à la frontière Mali-Mauritanie-Sénégal. L’électricité qui vient de là sert à 80% au traitement et à la distribution de l’eau », a expliqué à l’AFP un responsable de la société malienne de gestion de l’eau potable, SOMAGEP, sans pouvoir désigner les auteurs de ce sabotage.
« Nous vivons dans un autre monde », s’indigne Oumar Touré, un enseignant de 42 ans habitant le quartier de Badalabougou: « Pas de ventilo, pas de frigo, et surtout, plus une goutte d’eau au robinet depuis plus de 24H. C’est invivable. »
Autour des rares forages privés équipés de panneaux solaires ou des puits de quartier, des files de femmes et d’enfants se forment, bidons jaunes en plastique à la main ou chargés sur des pousse-pousse.
« On s’est réveillé à 4 heures du matin pour espérer avoir quelques bidons uniquement pour boire et cuisiner, la douche attendra », raconte Fatoumata Diallo, mère de quatre enfants à Sirakoro à la périphérie de la ville.
« Au niveau des forages aussi, l’eau commence à manquer. Les propriétaires nous chassent », poursuit-elle.
Des équipes d’EDM ont été déployées pour résoudre la panne mais « nous ne savons pas combien de temps cela va prendre en raison des conditions météorologiques pendant l’hivernage », affirme un technicien à l’AFP.
Le Mali est en proie depuis 2012 à une profonde crise sécuritaire nourrie notamment par les violences de groupes affiliés aux organisations jihadistes Al-Qaïda et État islamique, ainsi que de groupes criminels communautaires et de mouvements touaregs indépendantistes. Elle s’ajoute à une grave crise économique.